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Les pollinisateurs, héros du nouveau film des studios Disney

Publié Le 8 Mars 2011 à 11h03
 
Pollen, le nouveau documentaire des studios Disney Nature rend hommage à ces magnifiques maillons des écosystèmes. Pour le réalisateur américain Louie Schwatzberg, la nature est belle pour une raison bien précise : inciter à la préserver.
Bande- annonce du film Pollen - le 16 mars 2011 au cinéma

Pour les férus de nature, c'est l'un des films incontournables de l'année 2011! Après " Océans ", " Un jour sur terre " et " Les ailes pourpres ", les studios DisneyNature vont très bientôt révéler au public leur petit dernier. Il s'agit de " Pollen ", réalisé par Louie Schwartzberg. Ce documentaire sort en France, en avant-première mondiale, le 16 mars 2011.

Grand passionné de fleurs depuis la tendre enfance, le réalisateur américain les filmait en accéléré 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, ce qui lui a donné l'idée de faire un film sur la relation existant entre les hommes, les plantes et les pollinisateurs. Pour le réaliser, il s'est fait aider d'une solide équipe d'experts scientifiques, qui a dû répertorier et étudier les comportements des pollinisateurs des quatre coins de la planète.

Ce documentaire plein de poésie s'insère parfaitement dans l'actualité, alors que le nombre de pollinisateurs dans le monde a considérablement fléchi, pour des raisons qui demeurent incertaines. Le réalisateur ne manque pas d'évoquer ces étranges phénomènes, qui pourraient avoir des répercutions dramatiques sur l'économie et l'alimentation des hommes. " Si les pollinisateurs disparaissent, il n'y aurait plus de végétaux, plus de fruits, plus de légumes, plus de bétail. Il n'y aurait plus rien à manger. Tout ne disparaîtrait pas à 100 % mais à 75 %. C'est un problème capital " explique ainsi Louie Schwartzberg.

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"Avec POLLEN, ajoute-t-il, nous souhaitons sensibiliser le public sur la protection des pollinisateurs. Nous espérons qu'ils tomberont amoureux de cette relation merveilleuse et auront envie de la protéger. Dans la dernière partie du film, nous parlons des dangers qui la menacent et de ce que nous pouvons faire. Grâce à ce film, les enfants vont apprendre beaucoup de choses. A eux de faire l'expérience de planter des fleurs sur leurs balcons et de voir les abeilles et les papillons les butiner..." Et pas seulement, car Pollen n'oublie pas d'évoquer les nombreuses menaces qui pèsent sur les plantes et les pollinisateurs, au travers notamment des pesticides et de l'intensification de l'agriculture.

Pour Louie Schwartzberg, l'histoire des plantes pollinisatrices, leur lien avec l'humanité et l'augmentation des dangers qui les menacent, est étroitement liée à la notion de beauté. Transcendant la définition classique du mot, le réalisateur voit en ce concept un stratagème que développe la nature pour séduire les autres espèces, l'homme y-compris. Ainsi, cette beauté devrait engendrer une prise de conscience allant de paire avec le respect de celle-ci. Une philosophie qui n'est pas sans rappeler les ouvrages de l'ornithologue Jean Dorst et cette citation, plus particulièrement : " La nature ne sera en définitive sauvée que par notre coeur. Elle ne sera préservée que si l'homme lui manifeste un peu d'amour."

Les images du film sont en effet à la hauteur de ces pensées, grâce aux séquences en accéléré qui donnent plus de profondeur à cette beauté. "Quand vous regardez un personnage de dessin animé, votre cerveau sait que c'est un dessin animé, quelque chose qui n'existe pas. Mais quand vous regardez une chose réelle en accéléré ou au ralenti, votre cerveau ne sait pas comment interpréter ce qu'il voit. Vous ne savez pas très bien si c'est réel ou non. Les images s'imprègnent dans votre esprit" explique ainsi le réalisateur.

Les figurants de ce film se comptent par milliers : fleurs, bourdons, papillons, colibris et autres petits animaux butineurs (y-compris des chauves-souris !) qui sont autant d'ombres furtives difficiles à capter au travers d'un objectif. Voilà une raison supplémentaire d'aller voir ce film qui se démarque par ses prouesses macroscopiques. A moins qu'accompagner les mystérieux monarques dans leur grande migration ne soit un argument suffisant...

Alicia Muñoz

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