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Livre : Le PNUE sort un Atlas de l'eau en Afrique

Publié Le 26 Août 2011 à 13h01
 
En cette semaine mondiale de l'eau, le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) lance la version française de l'Atlas de l'Eau en Afrique. Une précieuse manne d'informations !

" Seuls 26 des 53 pays sont sur la bonne voie pour atteindre le niveau établi par les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) de réduire de moitié la proportion de la population n'ayant pas durablement un accès à l'eau potable d'ici 2015.

Sur 53 pays africains, seuls 9 devraient atteindre l'objectif de réduire de moitié la proportion de la population qui ne dispose pas durablement d'assainissement de base d'ici 2015 ".

Le 21 Août dernier, le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), a annoncé le lancement de son Atlas de l'Eau en Afrique, qui présente la vulnérabilité des ressources en eau de l'Afrique - l'un des continents les plus vulnérables aux changements climatiques - en données remarquables, et cartographie les défis et l'accès à l'eau dans 54 pays.

Au total, l'Atlas de de 312 pages rassemble plus de 224 cartes et 104 images satellites ainsi que quelques 500 graphiques et des centaines de photos fascinantes. Les photographies " avant " et " après ", dont certaines couvrent une période de 35 ans, donnent une image frappante de la transformation des écosystèmes locaux dans plusieurs bassins hydrographiques convertis à l'agriculture à travers le continent

Cet ouvrage complet et accessible donne de précieuses informations sur le rôle de l'eau dans les économies africaines et dans le développement, la santé, la sécurité alimentaire, la coopération transfrontalière, le renforcement des compétences et les changements environnementaux.

Quelques enseignements à retenir de cet Atlas de l'Eau :

· L'érosion et l'enfoncement du Delta du Nil: le promontoire de Rosette a perdu plus de 3 km en raison de l'érosion entre 1968 et 2009 et le promontoire de Damiette a été érodé de 1,5 km entre 1965 et 2008. Par ailleurs, le delta s'enfonce actuellement sous son propre poids, puisque de nouveaux dépôts de terre ne compensent plus l'effet naturel de la compaction du sol.

· Dans le bassin du fleuve Niger, des milliers de déversements d'hydrocarbures, totalisant plus de trois millions de barils de pétrole et d'eaux usées provenant de la production pétrolière, sont parmi les principales causes d'un important déclin de la qualité de l'eau.

· L'Atlas de l'Eau en Afrique attire également l'attention sur les "châteaux d'eau" de l'Afrique, qui constituent les sources de nombreux fleuves transfrontaliers et contribuent énormément à l'écoulement fluvial global des grands fleuves d'Afrique. On apprend dans cet Atlas que la plupart de ces châteaux d'eau, du Moyen Atlas au Maroc aux hautes terres du Lesotho en Afrique australe, font face à une grande pression en raison de la déforestation et de l'empiètement de l'homme.

 

L'Atlas met aussi en évidence des exemples positifs de la gestion de l'eau :

· La construction d'un barrage sur le fleuve Logone dans le bassin du lac Tchad dans les années 1970 a coïncidé avec une période de sécheresse qui a réduit les inondations et a perturbé les moyens de subsistance locaux dans la plaine inondable de Waza Logone. La gestion des libérations d'eau du barrage, depuis le début des années 1990 a restauré quelques inondations naturelles, améliorant les pâturages et restaurant d'autres précieuses fonctions de l'écosystème.

· L'important projet d'irrigation soudanais Gezira, construit au début du 20ème siècle, et d'autres projets tels que Rahad, New Halfa et la plantation de sucre de Kenana, qui ont été construits dans les années 1960 et 1970, aident le Soudan à tenir son rang dedeuxième pays d'Afrique après l'Egypte en termes de terres irriguées.

· Le long du fleuve Sénégal, des systèmes d'irrigation établis dès 1940 et d'autres investissements importants mis en place dans les années 1980, dont la construction du barrage de Manantali au Mali et du barrage de Diama au Sénégal, ont accru le potentiel d'irrigation dans le bassin du Sénégal.

Des conclusions préoccupantes : l'Afrique est déjà soumise à une variabilité importante des précipitations, à la fois spatiale et temporelle. Certaines régions sont de plus en plus frappées par la sécheresse et des inondations se produisent plus régulièrement avec de graves répercussions sur les moyens de subsistance des populations.

A savoir : tous les matériaux dans l'Atlas sont non protégés et disponibles pour une utilisation gratuite, tant que l'Atlas est reconnu comme en étant la source.

Télécharger les images satellites et autres graphiques