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Lutte contre le changement climatique : l'industrie du tourisme doit participer

Les émissions de gaz à effet de serre produites par l'industrie du tourisme mondial pourraient doubler dans les 25 prochaines années si des politiques de réductions des émissions plus efficaces ne sont pas développées. Un nouveau rapport publié par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) met en garde.

Le rapport intitulé "Climate Change and Tourism Policy in OECD Countries", recommande un renforcement des politiques contre le changement climatique et le développement de mesures incitatives dans le secteur du tourisme. Parallèlement, il illustre comment les engagements ambitieux de réduction des émissions de CO2 déjà en place dans l'industrie du tourisme peuvent être une source de solutions novatrices en matière de lutte contre le changement climatique. Enfin, le rapport recommande également que les options politiques d'atténuation du changement climatique envisagées soient proportionnelles à la place du tourisme dans l'économie d'un pays donné.

S'appuyant sur les résultats d'un sondage envoyé aux pays membres de l'OCDE et à certains pays non membres, l'étude constate que l'atténuation du changement climatique a reçu plus d'attention que l'adaptation. Conséquemment, les stratégies nationales de réduction des émissions liées au tourisme ne seront pas suffisantes pour que le secteur puisse réduire ses émissions d'au moins 50% d'ici 2050 (conformément avec les objectif globaux prévus par la communauté internationale).

Un secteur qui émet beaucoup de gaz à effet de serre

Aujourd'hui, une grande partie de l'énergie consommée par l'industrie du tourisme provient de dérivés des combustibles fossiles. Le secteur contribue à environ 5 pour cent des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les voyages en avion comptent actuellement pour 40 pour cent des émissions de CO2 provenant du tourisme; les voyages en voiture pour 32 pour cent; et l'hébergement pour 21 pour cent.

De nombreux gouvernements et organismes touristiques planifient la réduction des émissions provenant du tourisme en fonction des réductions requises dans les autres secteurs. D'autres, en raison de la structure de leurs économies, de l'importance de l'industrie du tourisme pour le pays, ou en raison de leur écart par rapport aux grands marchés mondiaux, chercheront à atteindre des réductions d'émissions nettes en combinant le tourisme avec les autres secteurs.

Le rapport indique comment des pays comme l'Autriche, l'Allemagne, l'Irlande et l'Afrique du Sud ont identifié avec succès les impacts actuels et futurs de leurs secteurs touristiques respectifs, ainsi que leurs besoins d'adaptation au changement climatique. Néanmoins, la définition des objectifs d'adaptation et la mise en oeuvre des politiques en sont encore au stade du développement dans pratiquement tous les pays.

La problématique de la raréfaction de l'eau

Enfin, le rapport cite les principales lacunes dans le secteur de la recherche: de quelle manière les changements climatiques vont-ils affecter le tourisme en méditerranée; ou encore jusqu'à quel point l'utilisation de la neige artificielle peut-elle compenser le manque de neige naturelle?

"Réduire l'impact climatique des voyages touristiques est essentiel si nous voulons construire un développement durable dans cette industrie en pleine expansion. C'est également indispensable pour réaliser les objectifs globaux de notre politique climatique, ainsi que pour protéger les nombreuses attractions que les touristes recherchent et dont ils profitent", a déclaré Alain Dupeyras, chef de l'unité Tourisme à l'OCDE.

Le rapport identifie la qualité et la disponibilité de l'eau comme des questions primordiales, dont l'issue dépendra notamment du niveau de réduction des émissions de gaz à effet de serre au cours des prochaines décennies. Le nombre de personnes confrontées à une pénurie d'eau pourrait augmenter de plus de deux milliards en 2100, selon un scénario où le réchauffement moyen serait compris entre 2 ° C et 3 ° C. De nombreuses destinations touristiques verraient leurs activités affectées par cette détérioration des ressources naturelles, ainsi que leurs stabilité socio-économique largement dépendante du tourisme.

Alors que nous sommes en pleine phase de préparation de la Conférence des Nations Unies pour le développement durable (Rio +20), qui se tiendra en juin 2012, l'étude du PNUE/OCDE montre qu'il est possible d'agir. Les politiques gouvernementales, les initiatives de l'industrie du tourisme et un large éventail de technologies vertes peuvent aider le secteur à poursuivre un développement vert, qui permettrait de réduire la consommation d'énergie, les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d'eau.

CG