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Lutte contre les émissions de CO2 : le passager aérien peut être mis à contribution...

Publié Le 28 Septembre 2011 à 13h00
 
La Commission européenne a annoncé que le prix des billets d'avion au sein de l'Union européenne pourrait être majoré à partir de 2012 dans l'optique d'aider les compagnies aériennes à financer leur contribution à la lutte contre le réchauffement climatique.

Alors que l'aviation est aujourd'hui responsable de 3% des émissions de gaz à effet de serre, l'Union européenne a décidé de faire payer les compagnies aériennes... et les consommateurs !

En effet, après les surtaxes carburants, elle met à nouveau à contribution les compagnies aériennes par le biais d'une nouvelle réglementation qui imposera à celles qui transitent par l'Union européenne de payer un " dédommagement " sur 15% de leurs émissions de CO2 par trajet. Cette nouvelle taxe, qui devrait être effective à partir de janvier 2012, a bien évidemment pour objectif d'inciter les compagnies à réduire leurs émissions en adoptant des biocarburants ou en améliorant leur efficacité énergétique, par exemple.

Au prix actuel du marché du CO2, ces 15% d'émissions rapporteraient pas moins de 380 millions d'euros à l'Union européenne. Des coûts qui sont à mettre en perspective avec les profits estimés du secteur aérien qui s'élèvent à environ 4,9 milliards de dollars, soit 3,6 milliards d'euros, en 2012, selon l'Association du transport aérien international (IATA)...

Pour compenser ce "perte", la Commission européenne a toutefois indiqué aux compagnies aériennes qu'elles pouvaient répercuter ce coût en majorant le prix des billets. Le consommateur risque ainsi de voir son billet augmenter de 24 euros sur un aller-retour transatlantique, selon les estimations de Bruxelles. De plus, les compagnies peuvent décider de répercuter le coût fictif des permis de polluer accordés gratuitement sur les 85% d'émissions restantes. La pillule aura du mal à passer pour les consommateurs qui n'ont pas d'autres alternatives que celle de l'aviation civile. Dans le meilleur des cas, cette augmentation se limiterait à 4 euros, mais, heureusement, les compagnies aériennes peuvent également faire le choix de ne pas faire payer les consommateurs, craignant que des passagers ne préfèrerent transiter par d'autres hubs, moyen-orientaux par exemple, pour éviter ces taxes européennes.

"Les compagnies aériennes connaissent avec certitude le nombre de quotas (droits à polluer) qu'elles recevront à titre gratuit chaque année jusqu'en 2020. Au prix courant du marché, ces quotas gratuits (...) représentent plus de 20 milliards d'euros sur la prochaine décennie", a souligné la commissaire en charge du Climat, Connie Hedegaard, afin de rappeler que le but de cette taxe est avant tout de permettre la modernisation durable des flottes aériennes.

Célia Garcin