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Marasme à Copenhague : quand les intérêts de certains passent avant ceux de l'Humanité

Publié Le 18 Décembre 2009 à 17h00
 
Les tensions sont de plus en plus fortes pour ce dernier jour du Sommet de Copenhague. "Je n'ai jamais vu de telles discussions entre chefs d'états, qui m'ont rappelé ma période de responsable syndical", a déclaré le Président brésilien. Et dire que le sort de l'Humanité est en train de se jouer...
La campagne Greenpeace pour Copenhague 2009
DOSSIER SPECIAL

Le Président Barack Obama, très attendu à Copenhague, a prononcé son discours cet après-midi. "Nous n'avons plus beaucoup de temps", a-t-il déclaré. "A ce stade, la question est de savoir si nous avançons ensemble ou si nous nous déchirons, si nous préférons les postures à l'action". Une déclaration  liée au volontarisme "coup de poing" de Sarkozy hier à Copenhague ?

Le président américain a ainsi déclaré souhaiter conclure un accord, même "imparfait", pour lutter contre le réchauffement climatique. "En tant que première économie mondiale et deuxième émetteur (de GES), l'Amérique a la responsabilité de s'attaquer aux changements climatiques, et nous comptons bien assumer cette responsabilité", a t'il ajouté.

Mais Obama veut des actes sans pour autant revoir ses engagements. Il n'a en effet pas revu à la hausse les objectifs américains en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et maintient son objectif de -17% d'ici à 2020 par rapport à 2005, bien loin des 30% prévus par l'Union Européenne en cas d'accord. Beaucoup regrettent ainsi que le nouveau prix Nobel de la paix ne s'engage pas plus pour la planète et le sort de l'humanité... Mais en a t'il vraiment la possibilité face aux surpuissants lobbies américains ?

Pas beaucoup d'avancée donc du côté américain tandis que la Chine, quant à elle, continue à refuser le principe de transparence, réclamé par les pays développés, pour contrôler ces objectifs.

On note cet après-midi un pessimisme général et un grand nombre de réactions de colère face à ce Sommet de Copenhague qui s'enlise.

"On est pas en train de négocier un accord commercial entre les Etats, on est en train de négocier l'avenir de l'humanité" a déclaré Nicolas Hulot lors d'une interview pour Le Monde aujourd'hui à 13h. "Les Etats-Unis sont plutôt dans une position d'attentisme mais franchement je ne comprends pas que l'on soit obligé d'avoir des négociateurs qui soient dans un état de fatigue absolue. (...) On a l'impression d'une immense improvisation! Quand on voit qu'en pleine nuit on a condamné les Chefs d'Etats à se retrouver dans une salle de classe sans micros, sans interprètes, est-ce qu'il n'y pas une volonté de saboter ce type d'initiative?", a t'il encore déclaré lors de cette interview. "En tant qu'observateur et citoyen de la planète, je suis affligé!", a t'il conclu.

Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France, a parlé de "jeu de dupes" et "d'open-bar" à Copenhague, évoquant même "une régression par rapport à Kyoto", lors d'une autre interview pour Le Monde cet après-midi.

Le Président brésilien, Lula da Silva, a également déclaré à la tribune du Sommet cet après-midi: " Franchement, je suis frustré. Nous parlons depuis des années, et pendant ces discussions le problème ne fait que s'aggraver. J'ai eu le "plaisir" de participer à une réunion jusqu'à 2 heures du matin, que je croyais ne jamais voir. Je n'ai jamais vu de telles discussions entre chefs d'états, qui m'ont rappelé ma période de responsable syndical. C'est parce que nous n'avons pas bien travaillé plus tôt dans la conférence. L'argent est une question, mais il ne s'agit pas d'un cadeau des pays riches, mais d'une rétribution des pays développés pour deux siècles d'émissions...".

Que de tensions et de désaccords pour un sujet aussi crucial que l'avenir de l'Humanité... qui semble passer après les intérêts personnels de certains...

Stella Giani