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Marcoule : le collectif anti-nucléaire de Vaucluse conteste les relevés de radioactivité

Publié Le 13 Septembre 2011 à 11h55
 
Manifestation anti-nucléaire à Marcoule le samedi 26 mars 2011

L'accident nucléaire survenu hier sur le site nucléaire situé dans la commune de Codolet, près de Marcoule (Gard), suite à l'explosion d'un four servant à fondre des déchets radioactifs, a été selon l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) très vite maitrisé et n'aurait pas entrainé de contamination radioactive au niveau du personnel, ni dans l'environnement.

Le collectif anti-nucléaire de Vaucluse conteste cependant cette affirmation et précise dans un communiqué que " des rejets radioactifs ont eu lieu malgré les démentis des autorités ". Les mesures indépendantes réalisées par le Collectif ont relevé le 12 septembre à 15h30 " un taux de radioactivité 10 fois supérieur à la mesure quotidienne sur Avignon et 4 fois supérieure au pied du Ventoux ".

Qu'en est-il exactement ?

Dès l'annonce de l'accident qui a provoqué un mort et 4 blessés dont un grièvement brûlé, le service " balises " du laboratoire CRIIRAD ( Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité), s'est mis en vigilance accrue et " à 14h45 puis à 16h00, aucune contamination n'a été détectée par les balises gérées par la CRIIRAD, dont le laboratoire assure une astreinte 24h sur 24 ".

Ces 6 balises sont installées dans la vallée du Rhône et toutes sont actuellement opérationnelles. Les balises de ce réseau les plus proches de Codolet sont la balise atmosphérique d'Avignon (21 km au sud-sud-est), la balise aquatique d'Avignon (17 km au sud-sud-est), et la balise atmosphérique de Montélimar (50 km au nord).

Les limites de détection de ces balises en mesure directe sont de 1 Bq/m3 pour les aérosols (poussières) émettant des particules alpha et bêta ainsi que pour l'iode gazeux.

L'ASN et la CRIIRAD sont donc en accord sur les relevés de la radioactivité et ne confirment pas ceux du Collectif de Vaucluse. Comment expliquer ces divergences ?

Une contamination plus faible, et très localisée, s'est peut être produite. Pour la détecter la CRIIRAD devrait procéder au prélèvement des filtres et cartouches et les analyser ensuite en laboratoire.

Hervé de Malières