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Mort des abeilles : une catastrophe écologique est déclenchée

 
Témoignage

Apicultrice dans l'Ariège depuis cinq ans avec son mari, Camille Jaudin, a vu ses ruches diminuer de moitié en deux semaines. " Nous élevons des reines en zone d'élevage et non en zone de culture. Tout allait bien jusqu'en janvier dernier où nous avons perdu 200 ruches sur 400. Nous avons retrouvé les cadavres de tas d'abeilles mortes devant les ruches et à l'intérieur de celles-ci. Il restait énormément de miel, elles ne sont donc pas mortes de faim " explique la jeune femme.

Or ce n'est pas le seul cas dans l'Ariège, où sont constatées des mortalités importantes de colonies d'abeilles situées en zone d'élevage depuis décembre 2008. Les membres de la Confédération Paysanne ont suspecté une intoxication des abeilles par les traitements de désinsectisation rendus obligatoires contre le vecteur de la Fièvre Catharrale Ovine.

" Nous avons envoyé des abeilles au CNRS de Solaize pour les faire analyser. Le Centre national de la recherche scientifique a conclu à une intoxication à la perméthrine ". Or la perméthrine est un insecticide chimique qui attaque le système nerveux des insectes, utilisé en autre pour la désinsectisation des bâtiments d'élevage et les véhicules de transport d'animaux domestiques.

" Nous nous sommes rendus à la DSV, la direction des services vétérinaires qui nous ont dit de contacter l'Afssa. Mais l'Afssa prend six mois pour donner un avis. Quand vous voyez vos ruches décimées vous ne pouvez pas attendre six mois pour les sauver ! ", s'exclame Camille Jaudin. Le couple attend aujourd'hui les résultats de la DSV qui a enquêté au mois de mars. En Ariège, 2 000 ruches sont mortes cet hiver. Et pour l'apicultrice, il n'y a pas de doute, "les pesticides (insecticides , herbicides et fongicides) sont responsables de la mort de nos pollinisatrices. Depuis des millénaires les abeilles vivent avec des champignons et des virus et elles ont toujours survécu ! "

 

Emilie Villeneuve

 

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