Bioaddict



événement

Nouvelle Marche mondiale contre Bayer-Monsanto le samedi 18 mai 2019

Publié Le 18 Mai 2019 à 13h39
 
Le samedi 18 mai 2019, pour la 7ème année consécutive, des citoyens du monde entier sont appelés à se rassembler dans des dizaines de villes pour des Marches et des actions non-violentes contre les pratiques du groupe Bayer-Monsanto, fabricant du glyphosate.
Ce samedi 18 mai, pour la septième année consécutive, des milliers de militants vont arpenter les rues pour protester contre le géant de l'agrochimie et du glyphosate Bayer-Monsanto.

 

Ces citoyens "manifesteront contre le système agro-industriel incarné par les multinationales de l'agrochimie (Monsanto/Bayer mais aussi Syngenta, BASF, Dow Chemical, DuPont, ChemChina, Limagrain...), responsables de l'empoisonnement de la planète et de ses habitants actuels et futurs" souligne le site www.combat-monsanto.org qui donne la liste de tous les rassemblements en France. 38 villes sont concernées. Des événements sont aussi organisés en Allemagne (Hambourg), en Suisse (Bâle), en Serbie, au Portugal, en Australie, en Argentine, au Chili et dans plusieurs villes des Etats-Unis.

Ce que demandent les militants :

1/ l'interdiction des pesticides de synthèse comme le glyphosate, dont la toxicité pour l'homme et l'environnement a été prouvé par de nombreuses études scientifiques. En France, la situation est d'autant plus alarmante que notre pays est le deuxième consommateur européen de pesticides, et le troisième au niveau mondial.

Plus de 13 400 procédures judiciaires contre Monsanto sont en cours à ce jour aux États-Unis et la multinationale a récemment été condamnée par deux décisions de justice à verser environ 80 millions de dollars de dommages et intérêts aux victimes Dewayne Johnson et Edwin Hardeman, puis le 13 mai 2019 à plus de 2 milliards de dollars de dommages pour deux autres victimes malades du Roundup, Alva et Alberta Pilliod. En France, l'agriculteur Paul François, gravement intoxiqué par un pesticide en 2004, vient de gagner en appel contre Monsanto dans un combat judiciaire commencé il y a 12 ans.

Certains États, comme le Vietnam le mois dernier, ont pris des mesures d'interdiction du glyphosate (herbicide le plus utilisé dans le monde), grâce à une pression populaire croissante. La preuve que la mobilisation citoyenne paye ! "Le fait est qu'en Europe, des décisions négatives, telles que la prolongation d'autorisation du glyphosate jusqu'en 2022, ou le report à 2025 de la fin de la fabrication de pesticides interdits en France (mais exportés), continuent d'être adoptées au mépris de la santé humaine et de la préservation de l'environnement" souligne le site combat-monsanto.org. "L'augmentation constante de la quantité de pesticides utilisés en France ces dernières années montre que l'État ne fait rien pour respecter ses engagements (plans Ecophyto), et protéger la biodiversité et la santé des personnes. Nous demandons l'interdiction immédiate du glyphosate en France, le non-renouvellement de l'autorisation de cette molécule en 2022 dans l'UE et un programme précis de sortie rapide de tous les pesticides de synthèse en France."

2/ une réglementation stricte du lobbying scientifique

Des investigations des médias ont récemment révélé les pratiques révoltantes des multinationales de l'agrochimie qui publient des études scientifiques falsifiées et exercent une énorme pression sur les institutions internationales et européennes*. Ces multinationales obtiennent ainsi la prolongation d'autorisation de leurs produits en payant certains scientifiques pour s'acheter une crédibilité.

"Nous demandons que les agences sanitaires nationales et européennes aient l'obligation de se baser sur des études scientifiques publiées n'émanant pas des multinationales de l'agrochimie et excluent leurs membres concernés par des conflits d'intérêts. Nous voulons des laboratoires indépendants pour vérifier la non-dangerosité des produits fabriqués et/ou vendus en France ! Et une justice qui applique une législation beaucoup plus sévère contre les entreprises reconnues coupables d'avoir fabriqué des pesticides toxiques" expliquent les organiseurs de la Marche mondiale contre Bayer-Monsanto.

3/ une agriculture respectueuse de la santé et de la biodiversité

L'urgence climatique et environnementale exige un changement radical du monde agricole, qui ne peut continuer à favoriser uniquement les grandes exploitations les plus polluantes au détriment de la majorité des petites fermes. La 3ème revendication des militants de la Marche mondiale contre Bayer-Monsanto est ainsi "que les négociations pour la prochaine PAC 2021-2027 (Politique Agricole Commune), dont le budget devrait s'élever à plus de 300 milliards d'euros, remettent complètement à plat le système de subventions pour réserver celles-ci aux agriculteurs écologiques, respectueux de la santé des personnes et de la biodiversité".

"Les alternatives à l'agriculture intensive et chimique existent déjà et nous souhaitons leur mise en place concrète dès maintenant et à grande échelle. Ces mesures doivent être accompagnées de la reconversion des outils de production, d'un soutien financier et matériel de l'État et d'une protection pour les salariés des multinationales afin de ne laisser personne sur la touche.
Il faut aussi souligner qu'une agriculture écologique de proximité est créatrice d'emplois. Elle est capable d'assurer aux agriculteurs un revenu juste et aux consommateurs des produits sains et accessibles à tous les budgets" précise le site combat-monsanto.org.

Pour voir la liste des rassemblements de la Marche contre Monsanto en France, rendez-vous sur le site www.combat-monsanto.org.

ME

* lire l'étude de Greenpeace "Monsanto : faux groupes de fermiers, vrais lobbyistes"