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Paris entre en guerre contre les panneaux publicitaires... et le gouvernement !

Publié Le 18 Avril 2012 à 18h38
 
La pollution, ce n'est pas que les usines, les cargos transportant des hydrocarbures, les véhicules à essence... C'est aussi la publicité à outrance, qui pollue en incitant à la surconsommation et les panneaux publicitaires, qui gâchent quelque peu le paysage.
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Connaissez-vous le mouvement des "déboulonneurs", qui ont pour passe-temps le sabotage des panneaux publicitaires et autres réclames un peu trop envahissantes ? Ceux qui habitent la capitale ont certainement déjà vus leurs messages griffonnés à la hâte sur les affiches tels que "Faites l'amour, pas les magasins", "stop à la propagande marchande", "violence visuelle", etc. Certains vont plus loin, allant jusqu'à démonter certains panneaux ou éteindre les néons commerciaux, qui en plus d'être un appel à la consommation, représentent un gaspillage important d'énergie.

Selon ce collectif, pas toujours très bien compris et suivi par l'opinion, le principe de leur activisme "est de se lever contre le matraquage publicitaire pour qu'il ne soit pas dit que cette barbarie visuelle est rentrée dans les moeurs avec le consentement de la population".

Alors que le procès de huit déboulonneurs s'est ouvert en début de mois à Paris, pour des dégradation de panneaux publicitaires sur les Champs-Elysées survenues en 2008, la mairie semble donner raison à ce mouvement anti-consommation.

Une loi en contradiction avec le Grenelle

En effet, dans un communiqué de presse paru le 16 avril dernier, la mairie de Paris s'oppose à un nouveau règlement discrètement arrêté par le gouvernement qui vient annuler les limitations des dispositifs publicitaires votés en juillet 2011. Ces limitations consistaient entre autres en la suppression des très grands formats (type 4 par 3) dans certains quartiers, ou encore en la réduction du nombre de publicités de 30%.

Pour la mairie de Paris, il s'agit donc d'un "recul manifeste du gouvernement face aux lobbies des publicitaires", qui vont pouvoir continuer leur activité jusqu'au 11 juillet 2017, selon le nouveau règlement. De plus, cette loi aurait été "adoptée avec la procédure d'urgence et contre l'avis du Sénat", ce que la municipalité juge "inacceptable".

"Cette loi (...) est en contradiction flagrante avec l'esprit du Grenelle 2 voté en juillet 2010, dont les décrets n'ont été promulgués qu'en janvier dernier, et en annule aussitôt la portée." Les résidents des quartiers que la ville de Paris juge "défigurés" par les affiches publicitaires sont certainement les mieux placés pour s'exprimer sur ce soudain retour en arrière.

Quant au jugement de nos 8 déboulonneurs, il est attendu le 26 juin prochain.

Olivia Montero

Retrouvez plus d'infos sur le site www.deboulonneurs.org