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Perturbateurs endocriniens : le temps de la précaution... et de l'action?!

Publié Le 18 Juillet 2011 à 10h08
 
L'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a approuvé mardi 12 juillet le rapport parlementaire du sénateur Gilbert Barbier intitulé "Les perturbateurs endocriniens, Le temps de la précaution". Un rapport qui démontre les liens de causalité entre les perturbateurs endocriniens et l'augmentation importante de maladies liées au système hormonal comme les troubles de la reproduction ou certains cancers.

L'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a approuvé mardi 12 juillet le rapport parlementaire du sénateur Gilbert Barbier intitulé " Les perturbateurs endocriniens, Le temps de la précaution ".

Le sénateur souligne dans ce rapport que les inquiétudes relatives aux perturbateurs endocriniens proviennent de l'augmentation importante de maladies liées au système hormonal comme les troubles de la reproduction ou certains cancers.

Gilbert Barbier estime notamment que les données disponibles sont suffisantes pour agir dès maintenant afin de protéger les populations les plus vulnérables, tout particulièrement les bébés et les femmes enceintes.

La multiplication des maladies environnementales

Les perturbateurs endocriniens sont aujourd'hui accusés aussi bien d'être à l'origine d'une épidémie de cancer que d'être la cause d'une baisse importante de la fécondité humaine. En effet, de plus en plus d'études alertent aujourd'hui sur les risques pour l'homme, plus particulièrement sur les foetus et les jeunes enfants, de certaines substances chimiques présentes dans l'environnement ou dans les produits de la vie utilisés couramment. D'ores et déjà, plusieurs substances ont notamment été interdites totalement ou pour certains usages comme le Bisphénol A dans les biberons.

Gilbert Barbier précise dans son rapport : "La question d'une recrudescence voire d'une " épidémie " de maladies environnementales est clairement posée aujourd'hui.(...) Les perturbateurs endocriniens sont suspectés d'être à l'origine d'un fort accroissement de maladies,(...) tout particulièrement les cancers hormono-dépendants (les cancers du sein, de la prostate, du testicule, de l'ovaire et de la thyroïde)." Le sénateur évoque également le rôle des perturbateurs endocriniens sur l'augmentation de l'obésité et des maladies neuro-dégénératives, citant par exemple des études qui lient le déclenchement de la maladie de Parkinson et d'Alzheimer avec l'usage des pesticides.

Le fait est que les perturbateurs endocriniens "seraient susceptibles d'agir à de très faibles doses voire même qu'ils pourraient agir par simple présence." Gille Barbier précise ainsi que "le perturbateur agit comme une clef dans une serrure : sa seule présence suffirait pour l'actionner et déclencher la perturbation." Il explique également qu'un "autre point crucial est celui des effets des mélanges ou des effets cocktail. Il n'y a pas dans l'environnement de dose pure. Nos concitoyens ne sont pas exposés à un seul produit mais à une multitude, à des doses plus ou moins fortes, de manière chronique." Et c'est bien cet effet cocktail qui est dangereux pour l'environnement et pour l'Homme.

Le temps de la précaution...et de l'action !

Si "en matière de perturbateurs endocriniens, on peut affirmer qu'il ne sera pas possible ni rapidement ni à moyen terme de disposer de certitudes scientifiques absolues", Gilbert Barbier propose cependant :

- de renforcer l'effort de recherche et d'améliorer sa coordination pour relever les défis scientifiques posés par ce problème émergent de santé publique. Il demande plus particulièrement à ce que des efforts soient faits au niveau européen pour aboutir d'ici à 2013 à la validation de tests internationaux permettant de détecter les perturbateurs endocriniens ;

- d'informer les consommateurs et d'apposer un pictogramme similaire à celui présent sur les bouteilles d'alcool pour indiquer sans ambiguïté aux femmes enceintes ou allaitantes qu'elles devraient éviter de s'exposer, elles et leurs jeunes enfants, à des produits contenant des perturbateurs endocriniens. L'apposition de ce logo serait soumise à un avis de l'ANSES dans le cadre des évaluations en cours des perturbateurs endocriniens potentiels ;

- enfin, d'affirmer, au niveau européen, l'objectif d'interdire la présence de perturbateurs endocriniens dans les produits spécifiquement destinés aux femmes enceintes et allaitantes et aux jeunes enfants car le moment d'exposition peut être plus important que la dose, et d'accélérer la substitution des produits problématiques tels que les phtalates à chaîne courte (DEHP) dans les applications médicales à destination des publics sensibles.

Pour consultez le rapport parlementaire de Gilbert Barbier, cliquez ici.

Mathilde Emery

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