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Pesticides : faut-il avoir peur des fruits et légumes ?

Sommaire de cet article :

  1. Pesticides : certains fruits et légumes en contiennent plus que d'autres
  2. Lavage ou épluchage : comment réduire les risques pour la santé ?
Encore trop utilisés en France, les pesticides présentent non seulement des risques pour notre santé, mais aussi un impact irréversible sur la terre et la biodiversité. Fraises, poivrons ou encore laitues en contiennent de fortes doses. Leur consommation est-elle dangereuse pour la santé ? Lavage, épluchage, ou choix des produits bio, quelle est la meilleure alternative ?

Selon l'épaisseur de la peau, la texture de la chair, et les interractions des molécules entre-elles, les fruits et légumes sont différemment impactés par les pesticides. Généralement, les études révèlent que le céleri, le poivron ou encore les pêches figurent parmi les aliments les plus pollués.

Voici 2 listes issus de l'étude sur la contenance en résidus de pesticides de 47 fruits et légumes de l'Environmental Working Group (EWG), une ONG environnementale basée à Washington.

Les 12 fruits et légumes les PLUS POLLUES  :

- les pêches
- les pommes
- les poivrons
- le céleri 
- les nectarines 
- les fraises
- les cerises
- le chou frisé
- la laitue
- les raisins
- les carottes
- les poires

Les 15 fruits et légumes les MOINS CONTAMINES :

- les oignons
-les avocats
- le maïs doux
- l'ananas
- les mangues
- les asperges
- les petits pois
- les kiwis
- les choux
- les aubergines
- les papayes
- la pastèque
- les brocolis
- les tomates
- les patates douces


Cette étude basée sur 87 000 tests a été réalisée entre 2000 et 2007. Les conclusions montrent qu' une personne qui consomme quotidiennement les 12 fruits et légumes parmi les plus contaminés ingurgiteraient en moyenne 10 pesticides par jour ! Au contraire, manger les 15 fruits et légumes les moins contaminés expose une personne à moins de 2 pesticides par jour en moyenne. Ce qui est déjà difficilement acceptable.

Les pesticides pénètrent dans l'organisme

En mars 2011, l'Institut National de Veille Sanitaire (INVS) a publié une étude inquiétante sur la contamination chimique des Français, dont le sang, les urines et les cheveux regorgent. Concrètement, 90% de la population est contaminée par les pesticides de type organophosphorés. Les niveaux des pesticides organochlorés (comprenant par exemple le DDT ou le lindane) sont " globalement faibles ", la principale raison étant que leur utilisation est aujourd'hui très limitée.

Or, une grande variété de pesticides a été reconnue par la communauté scientifique comme ayant des effets toxiques sur l'homme, entraînant des perturbations du système nerveux, des effets cancérigènes, des effets sur le système hormonal ou encore des irritations de la peau, des yeux et des poumons. Toutefois, selon l'Observatoire des résidus de pesticides, mission gouvernementale dirigée par l'Afsset (agence nationale de sécurité sanitaire), le grand nombre de produits et les divers facteurs des pathologies suspectées d'être liées aux résidus de pesticides, comme certains cancers, compliquent l'établissement d'un lien entre les maladies évoquées et les pesticides.

Une étude de l'agence européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) publiée en 2010 a identifié des résidus de 365 pesticides différents dans les fruits et légumes consommés en Europe, et 76 dans les céréales.
Selon le rapport de l'EFSA, 3,5% des échantillons présentaient des traces de pesticides dépassant les limites maximales en résidus (LMR) autorisées. Il révèle également que la présence de pesticides est supérieure dans les produits importés de pays situés en dehors de l'Union européenne (7,6%) que dans les échantillons cultivés en UE (2,4%).

Cependant, l'EFSA juge bon de préciser que la présence de pesticides dans les aliments, voire le dépassement des limites autorisées, ne doit pas inquiéter outre mesure, évoquant un "risque potentiel" et de "rares cas" de contamination dangereuse pour la santé. Pour l'EFSA, seule une consommation en grande quantité des produits présentant les niveaux de pesticides les plus élevés peut présenter un danger.

Ces conseils restent très vagues et de nombreuses inconnues demeurent. Si une dose admissible journalière (DJA) est établie pour chaque pesticide, qu'en est-il de " l'effet cocktail " dénoncé par de nombreux scientifiques ? A ce jour on igore ce que produisent ensemble ces combinaisons sur nos tissus. Voici ce que le professeur De Jonc-kheere de l'université de Gand écrit dans une étude : " Les valeurs de DJA ne sont pas des données exactes, mais des estimations basées sur les données toxicologiques expérimentales d'un pesticide. Cette approche ne prend pas en compte la possibilité d'effets synergiques lorsque l'exposition se fait simultanément à deux ou davantage de pesticides."


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Les différents types de pesticides :

1) Les insecticides

a) Les organochlorés

Ces pesticides (comme le DDT - Insecticide organochloré interdit en Europe depuis 1972) sont issus de l'industrie du chlore, ceux sont pour la plupart des POPs (Polluants Organiques Persistants) et certains font partie de la " sale douzaine " de substances introduites par l'ONU (Organisation des Nations Unies) dans la Convention de Stockholm

Ces pesticides sont normalement interdits d'utilisation en France à cause de leurs caractères persistants et bioaccumables ayant des conséquences irrémédiables sur la santé et l'environnement.

b) Les insecticides organophosphorés, les pyréthrinoïdes et autres insecticides chimiques

Les organophosphorés sont des pesticides qui ont en commun leur mode d'action sur le système nerveux des ravageurs. Ces insecticides ont en général une toxicité aiguë plus élevée que les organochlorés, mais ils se dégradent beaucoup plus rapidement. Dans cette catégorie de pesticides citons : le bromophos, le dianizon, le malathion, le phosmet, le dichlorvos...etc.

Plus récemment sont apparues les pyréthrinoïdes de synthèse. C'est aujourd'hui la famille d'insecticides la plus utilisée.

2) Les fongicides

Jusqu'à la seconde guerre mondiale, on luttait contre les maladies des plantes principalement avec comme seuls produits de la bouillie bordelaise (un mélange de sulfate de cuivre et de chaux) et du soufre.

Ces produits sont encore utilisés de nos jours, mais ils ont été largement supplantés par les fongicides de synthèse. Il en existe de nombreuses familles : carbamates, dérivés du benzène, dérivés du phénol, quinones, amines, amides, triazoles, etc. Leurs dangers pour la santé sont très divers. Certains, comme le captane ou le manèbe, sont considérés comme des pesticides cancérogènes probables.

3) Les désherbants

Il en existe de très nombreuses familles : les phénols nitrés, les benzonitriles, les carbamates, les urées substituées, les amides, les triazines (dont fait partie la trop célèbre atrazine), etc. Le plus célèbre d'entre eux, et le plus vendu dans le monde, est le glyphosate, plus connu sous le nom de "Round Up". Ils sont nombreux à être classés comme pesticides cancérigènes probables ou possibles (ex : alachlor, atrazine, simazine,.....). Ils sont également nombreux à être classés pesticides perturbateurs endocriniens.

4) Les autres pesticides

A côté de ces trois grandes catégories de pesticides, bien d'autres produits existent, pour lutter contre les limaces (les molluscicides), contre les rongeurs (les rodenticides), contre les nématodes (les nématicides), contre les corbeaux (les corvicides), pour désinfecter le sol (les fumigants).

En somme, toute nuisance ou maladie auxquelles l'agriculture intensive est exposée a son pesticide !

Sources:

Sites du Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures (MDRGF) : www.mdrgf.org

L'Etude "Menus toxiques" :

www.menustoxiques.fr/infos-menus-toxiques-generations-futures.html