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Pesticides : le risque pour l'homme est gravement sous-évalué

Publié Le 8 Août 2012 à 17h26
 
Une nouvelle étude scientifique vient de démontrer à quel point le mélange de certains pesticides peut être dangereux pour la santé et dénonce la grave sous-estimation du risque pour l'homme.
Comment les produits chimiques qui contaminent notre chaîne alimentaire sont-ils testés, évalués, puis réglementés ? Découvrez "Notre Poison Quotidien", une grande enquête de Marie-Monique Robin qui démontre de manière implacable comment l'industrie chimique empoisonne nos assiettes.

L'évaluation des risques pour la santé de mélanges de substances chimiques a été éludée jusqu'ici faute d'une méthode appropriée. Or chacun d'entre nous, quel que soit son âge, est exposé journellement à des dizaines de substances chimiques de synthèse dont on ignore les toxicités en mélange. Les associations Générations Futures et Antidote Europe se sont donc associés pour s'attaquer à ce problème urgent.

Les deux associations ont ainsi demandé à une équipe universitaire réputée de tester les activités de mélanges de trois fongicides fréquents (pyrimethanil, cyprodinil et fludioxonil) sur des cellules gliales et neuronales représentatives du système nerveux central humain. Les résultats de ces travaux scientifiques viennent d'être publiés sous le titre : "A preliminary investigation into the impact of a pesticide combination on human neuronal and glial cell lines in vitro", M.D. Coleman & al., PLoS ONE* (2012)

Voir l'étude

L'étude menée par ces scientifiques montrent qu'en combinaison, ces fongicides exercent sur les cellules gliales d'énormes stress oxydants les obligeant à stimuler considérablement l'expression de peroxydases (très peu stimulés par les fongicides seuls) et surtout d'enzymes de neutralisation des radicaux oxygène (effet comparable à celui du cyprodinil). Sous l'effet du mélange, mais pas des fongicides seuls (sauf le cyprodinil), ces cellules entrent ainsi en apoptose (suicide cellulaire).

Les cellules neuronales sont également affectées par le mélange des fongicides, principalement en stimulant l'expression de peroxydases (pas ou peu stimulés par les fongicides seuls), des enzymes de neutralisation des radicaux oxygène (pas affectés par les fongicides seuls sauf le cyprodinil) et une très forte mobilisation des gènes signalant l'entrée en apoptose (peu affectés par les fongicides seuls sauf le cyprodinil)

Rappelons que le stress oxydant joue un rôle important dans la maladie d'Alzheimer, qui se caractérise aussi, comme la maladie de Parkinson, par une atrophie corticale, deux des effets observés massivement avec ces mélanges de fongicides.

Une grave sous-estimation du risque pour l'homme et l'environnement

" Les résultats de cette étude sur une combinaison de trois résidus de pesticides que nous avions trouvés sur une même grappe de raisin en 2008, montrent que l'évaluation du risque ne rend pas compte d'éventuels effets de synergie entre pesticides, ce qui peut conduire à une sous-estimation grave du risque pour l'homme et l'environnement. Nous demandons à l'ANSES et à l'EFSA de mener d'urgence les recherches qui s'imposent dans ce domaine et, dans l'attente de résultats exhaustifs, d'abaisser significativement les limites maximales en résidus tolérées dans les aliments, dans un soucis élémentaire de précaution " a déclaré François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.

" Ce travail montre que certains pesticides, isolément ou en combinaisons, peuvent induire du stress et des modifications du devenir des cellules humaines. Ils peuvent aussi interférer avec des processus cellulaires basiques comme celui de la production d'énergie. Ces effets ont été mis en évidence à des concentrations proches de celles trouvées dans nos aliments. Ce travail suggère que nous devrions faire davantage d'efforts pour restreindre l'utilisation des pesticides dans les cultures destinées à l'alimentation,.." a également déclaré le Professeur Michael Coleman, responsable de l'étude.


Ainsi, face à cette nouvelle étude alarmante, rappelons que le meilleure moyen pour éviter les pesticides dans son assiette est de consommer des produits bio.

Stella Giani