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Pollution aux particules fines : quels dangers pour la santé ?

Publié Le 22 Mars 2015 à 13h00
 
Depuis plusieurs jours, les Parisiens connaissent un pic de pollution aux particules fines. Un phénomène qui n'est pas sans inquiéter les médecins de l'Association Santé Environnement France (ASEF). Quels sont les effets sur la santé ? comment peut-on se protéger ? Qui sont les plus fragiles ? Voici les recommandations des médecins.
Pollution aux particules fines : quels dangers pour la santé ? les recommandations des médecins.

La santé des Français en jeu

En mars 2011, l'Institut de veille sanitaire (InVS) a rendu public le résultat d'une étude sur les impacts sanitaires de la pollution atmosphérique en Europe. L'étude montre notamment que la perte d'espérance de vie associée à un niveau de concentrations de particules fines supérieur au seuil de l'OMS (fixé à 10μg/m3) pour les personnes âgées de plus de 30 ans et plus est estimée à 5,8 mois à Paris, 7,5 mois à Marseille, 5 mois à Bordeaux.

Il faut savoir que la France compte aujourd'hui :

- environ 3,5 millions d'asthmatiques,
- 50 000 personnes atteintes d'une insuffisance respiratoire grave
- 10 à 14%des jeunes de 20 à 24ans ayant déjà fait au moins une crise d'asthme dans leur vie.
- L'allergie respiratoire touche quant à elle près de 30 % de la population.

Les dépassements de particules seraient, selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la cause de 400 000 morts prématurées par an en Europe, dont environ 42 000 en France soit 5% des décès chaque année en France.

Les microparticules - aussi appelées PM10 et PM2,5 - présentes naturellement dans l'environnement sont surtout produites par les activités humaines. Principaux secteurs mis en cause : la combustion de bois pour chauffer les habitations (30 %), la transformation d'énergie par l'industrie (30 %), l'agriculture avec l'utilisation d'engrais (20 %) et les transports du fait notamment de la combustion de diesel (15 %).

L'avis des médecins

Pourquoi les particules fines sont-elles si nocives ? Parce qu'elles sont suffisamment petites pour s'infiltrer en profondeur dans les poumons, traversant même les masques en papier.

Les médecins de l'ASEF expliquent : "Le problème c'est que ces particules fines que nous respirons au quotidien sont nocives pour l'organisme. Elles progressent jusqu'au bout des voies respiratoires, atteignent les alvéoles et entraînent des maladies pulmonaires. Elles pénètrent ensuite dans la circulation sanguine et provoquent aussi des problèmes cardiovasculaires en bouchant les petits vaisseaux. Au cours de leur voyage au centre de nos corps, elles peuvent déclencher: bronchites chroniques, asthme, cancers du poumon, accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou encore infarctus du myocarde"

"En moyenne sur une année, on observe que les jours où les concentrations de particules fines sont élevées, les hospitalisations augmentent, de même que les taux d'infarctus ou d'AVC. Ainsi, une hausse de 10 microgrammes par m3 de la dose journalière entraîne en moyenne deux fois plus d'hospitalisations d'enfants et de personnes âgées " explique le Dr Pierre Souvet, Président de l'ASEF.

Qui sont les plus fragiles ?

Les personnes souffrant d'asthme, d'une maladie cardiovasculaire, d'une maladie respiratoire comme une broncho pneumopathie chronique, ainsi que les enfants et les personnes âgées sont les plus sensibles aux effets néfastes sur la santé des particules fines.

Les personnes les plus à risques sont les enfants, parce qu'ils respirent plus vite, se trouvent plus près du sol et ont des alvéoles pulmonaires encore en développement, et les personnes âgées, qui ont une capacité ventilatoire diminuée. Certaines professions (chauffeurs routiers, employés de péage, mineurs de charbon) sont également surexposées.

Comment se protéger ?

En cas de pic de pollution, les symptômes que vous pouvez ressentir sont : fatigue inhabituelle, mal de gorge, maux de tête, toux, essoufflement, palpitations.

- Evitez les activités physiques et sportives à l'extérieur (jogging, vélos, marche active...) afin d'éviter d'ouvrir vos bronches et de trop vous exposer à la pollution.
- Evitez de prendre votre voiture : l'habitacle d'un véhicule est l'endroit où l'on respire le plus de particules, deux fois plus qu'un piéton en moyenne. Si on est contraint de le faire, il vaut mieux éviter d'ouvrir sa fenêtre.
- Lavez vos yeux et votre nez avec du sérum physiologique.
- Evitez les travaux domestiques car la peinture et les solvants vont aggraver les réactions du corps face à la pollution.
- Evitez les sorties à l'extérieur avec vos enfants. Evitez de promener les bébés dans les poussettes et d'emmener vos enfants au parc. Les particules fines s'accumulent en effet au sol.
- Aérez votre habitat plutôt le matin tôt et le soir tard.
- Evitez de fumer pour ne pas cumuler les polluants et aggraver les réactions.

"Mais, tout cela, ne résout pas le problème... C'est un peu comme écoper l'eau dans un bateau qui coule" s'indigne le Dr Patrice Halimi, Secrétaire Général de l'ASEF qui vient de publier "La Grande Détox: comment éviter les polluants du quotidien" aux éditions Calman-Levy.

Il faut savoir c'est avant tout une exposition chronique aux pollutions par les particules qui cause les effets les plus néfastes sur la santé, car il existe un effet d' " accumulation " des particules dans l'organisme : les expositions fréquentes à des niveaux modérés de pollution par les particules ont plus d'impact sanitaire que les pics de pollution.

On attend maintenant que le gouvernement mette (enfin!) en place des mesures radicales pour lutter contre la pollution et protéger la santé des Français.

ME


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