Bioaddict



Pollution dans le métro à Paris : "il faut dire la vérité aux gens"

Publié Le 23 Mars 2021 à 17h07
 
La pollution aux particules fines dans le métro parisien atteint des seuils qui dépasseraient presque dix fois le seuil d'alerte dans certaines stations. L'association Respire porte plainte contre la RATP.
Pollution dans le métro parisien : l'association RESPIRE porte plainte contre la RATP pour "tromperie aggravée"

 

"Nous alertons depuis des années sur la pollution de l'air à l'intérieur des enceintes du métro parisien. La RATP connait la situation - elle fait ses propres mesures. Pourtant, la RATP s'abstient délibérément d'alerter les usagers de son réseau sur les risques qu'ils encourent" explique l'association Respire (Association nationale pour l'amélioration de la qualité de l'air)  qui vient de déposer plainte contre la RATP "pour tromperie aggravée et blessures involontaires".

L'association a réalisé de nombreuses mesures de pollution dans le métro qui ont montré que la pollution de l'air dans les enceintes ferroviaires souterraines (EFS) de la RATP est bien plus élevée que celle de l'air extérieur.

"La pollution de l'air à l'intérieur du métro atteint des niveaux énormes, jusqu'à 10 fois plus élevés qu'en surface. Si l'on utilisait les référentiels de l'air extérieur, de nombreuses stations seraient en pic de pollution permanent. De plus, la pollution dans les stations est essentiellement composée de particules ultrafines, qui pénètrent plus profondément à l'intérieur du corps humain. L'enjeu est majeur" explique ainsi Respire dans son communiqué "Pollution : les chiffres trompeurs de la RATP" publié en janvier dernier.

Ces pics de pollution sont d'ailleurs constatés par la RATP elle-même qui a son propre outil de mesure. A titre d'exemple, dans la station Châtelet (une des stations les plus fréquentées), les données de la RATP dépassent ainsi presque tous les jours 50 µg/m3 pour les particules PM10, soit la valeur d'un pic de pollution en extérieur. Elles ont pu atteindre 109 µg/m3 le 25 novembre 2020, et 480 µg/m3 le 7 janvier 2016, soit presque dix fois la valeur d'un pic de pollution en extérieur ! (voir les données publiées sur le site dédié de la RATP)

"L'ensemble des usagers des transports en commun parisiens sont exposés à des risques sanitaires considérables. Cependant, la RATP s'abstient délibérément d'alerter les usagers de son réseau sur les risques qu'ils encourent. La RATP entretien une forme d'omerta sur la pollution de l'air dans le métro. Elle prétend qu'il n'y a pas de problème. Mais il faut dire la vérité aux gens. Le déni de la RATP est une composante essentielle du problème", explique Olivier Blond, directeur de Respire. "Tous les usagers des transports en commun parisiens sont liés à la RATP par un contrat de prestation de service de transport. A ce titre, cette dernière est tenue, à leur égard, d'une obligation générale d'information, mais également d'une obligation de sécurité de résultat, laquelle incombe à tout transporteur de voyageurs. Or, la RATP se veut extrêmement rassurante à l'égard de ses usagers ; elle donne ainsi à ses usagers une présentation erronée du service qu'elle leur fournit.

"Le manque d'information mais aussi la faiblesse et la lenteur des actions pour améliorer la situation sont scandaleuses par rapport aux enjeux de santé pour les millions d'utilisateurs quotidiens. Nous espérons que cette action fera réagir la RATP, afin qu'elle informe enfin véritablement les usagers et qu'elle mette en oeuvre rapidement les moyens nécessaires pour les protéger ", conclut Olivier Blond.

ME