Bioaddict



bad news

Pollution : peut-on encore boire l'eau du robinet à Bordeaux ?

Publié Le 21 Juillet 2011 à 18h23
 
Une pollution au perchlorate d'ammonium a entraîné l'arrêt du quart des sites de captage d'eau alimentant l'agglomération bordelaise. La dépollution pourrait prendre des années...

Alors que des taux importants de perchlorate d'ammonium ont été décelés fin juin dans l'eau, l'information n'a été révélée que mardi 19 juillet par le groupe écologiste EELV de la communauté urbaine de Bordeaux (Cub). Des relevés effectués au nord d'un site industriel indiquent un taux allant jusqu'à 30 microgrammes par litre. La pollution proviendrait de l'usine SME, filliale de Safran, un groupe spécialisé dans l'équipement aéronautique et spatial.

Les élus d'EELV ont pointé du doigt "un impact direct sur la santé" et espèrent que la Cub engagera des poursuites judiciaires à l'encontre de cette usine.

Selon l'Agence régionale de santé (ARS) Aquitaine, qui ne s'appuie que sur des études expérimentales, le perchlorate d'ammonium empêcherait le bon fonctionnement de la thyroïde au-delà d'un certain seuil. L'agence, qui se veut rassurante, a déclaré que ce seuil de 4 microgrammes n'aurait pas été dépassé. " On est en dessous de ces taux. L'eau peut donc être consommée sans risque ", a ainsi assuré Nicole Klein, directrice de l'ARS d'Aquitaine. C'est également l'avis de la Lyonnaise des eaux, délégataire du service de l'eau pour la Cub. En l'absence de consignes particulières des autorités sanitaires locales, l'eau du robinet pourrait donc être consommée sans danger.

Par précaution, les cinq sites de captage concernés ont fait l'objet de mesures de confinement dès le 1er juillet, entrainant l'arrêt de l'exploitation de près de 25 % des ressources en eau potable de la Cub qui alimentaient près de 740 000 habitants.

Antoine Boisseau, le directeur régional de la Lyonnaise des eaux, estime que cela pourrait prendre " des années " pour que cette pollution se résorbe naturellement, car seule la dilution est aujourd'hui connue comme efficace. Des traitements seront néanmoins mis en place pour tenter de filtrer l'eau contaminée et ramener ce délai "à quelques mois".

Une conférence de presse est prévue aujourd'hui par le préfet de la région Aquitaine, Patrick Stefanini et les représentants de l'ARS Aquitaine pour faire le point sur la situation.

Laetitia Marcilhacy