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Pour le Sénat, la transition écologique passe par le nucléaire

Publié Le 13 Février 2015 à 14h48
 
Mercredi 11 février, le Sénat a rejeté l'objectif de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d'électricité en France d'ici 2025. Cet objectif, qui apparait dans le projet de loi de transition énergétique, est pourtant l'une des promesses de campagne de François Hollande.
Le 12 février 2015, le Sénat a rejeté l'objectif de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d'électricité en France d'ici 2025.

Le "projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte" adopté au mois d'octobre en première lecture par les députés de l'Assemblée nationale est aujourd'hui mis à mal par le Sénat, qui l'examine du 10 au 19 février, et qui a largement amendé le texte, et notamment pour défendre l'énergie nucléaire.

François Hollande s'est engagé à réduire de 75% à 50% la part de l'électricité d'origine nucléaire d'ici à 2025. Il semblerait que le Sénat, majoritairement de droite, en ai décidé autrement. Les sénateurs jugent impossible sur le plan industriel d'honorer cet objectif. La commission des affaires économiques s'est ainsi prononcée pour la limite de 50% d'énergie nucléaire en France,... mais a retiré l'échéance de 2025. La ministre de l'écologie Ségolène Royal a alors tenté de la rétablir par un amendement,... mais celui-ci a été rejeté en séance (214 voix contre et 122 pour). UMP, centristes, communistes et RDSE (à majorité PRG) ont voté contre tandis que les socialistes et les écologistes l'ont soutenu.

De plus, par rapport au texte du projet de loi initial, la commission des affaires économiques du Sénat a relevé le plafonnement de la capacité de production du parc nucléaire français à 64,85 gigawatts (GW). "Le chiffre n'a pas été choisi au hasard, il permettrait en effet, au watt près, d'ouvrir Flamanville sans arrêter aucun des 58 réacteurs actuels. Et donc, au final, d'accroître la production nucléaire au lieu de la diminuer" explique le journal Le Monde.

Une autre tentative de Mme Royal de replacer l'objectif de baisse annuelle de l'intensité énergétique pour réduire la consommation de 20% en 2030 a également échoué. " Efficacité énergétique ne signifie pas décroissance. Les économies d'énergie rendront nos entreprises plus compétitives et en réduisant les factures des particuliers, leur rendront du pouvoir d'achat pour consommer " a-t-elle déclaré.

"Ces modifications sont  des reculs majeurs pour la transition énergétique et la lutte contre les changements climatiques. Nous appelons les sénateurs à redonner l'ambition nécessaire à ce projet de loi qui, en l'état, est loin de montrer une quelconque exemplarité de la France en vue de la conférence Paris Climat 2015 " a déclaré Anne Bringault, en charge de la transition énergétique au CLER (Réseau pour la transition énergétique) et au RAC (Réseau Action Climat) dans un communiqué.

Ce retour en force du nucléaire souhaité par le Sénat tombe à pic pour Jean-Bernard Lévy, nouveau PDG d'EDF, qui a déclaré vouloir construire de nouvelles centrales nucléaires et qui demande au gouvernement des augmentations des tarifs acquittés par les consommateurs. Il faut savoir que l'année 2014 a été positive pour EDF : le bénéfice net du groupe a augmenté de 5,2% à 3,7 milliards d'euros. "Il faut que le gouvernement nous donne les moyens d'investir" a cependant déclaré dans une interview sur RTL ce jeudi 12 février Mr Levy qui est mécontent des tarifs bas de l'électricité en France.

Plus de nucléaire, et une hausse des factures d'électricité... voici des perspectives rejouissantes pour les Français dans les prochains mois...

Le Sénat va poursuivre l'examen en séance publique du projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte jusqu'au 19 février. Vous pouvez suivre les discussions en direct sur le site www.senat.fr.

Stella Giani


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