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Quand le "Fish & Chips" servi en Grande-Bretagne participe au massacre des baleines

Publié Le 3 Août 2011 à 16h00
 
Une enquête menée par l'Agence d'Investigation Environnementale britannique et le Dolphin Conservation Society (WDCS) soupçonne les traditionnels "Fish&Chips" servis dans les fast-food britanniques de soutenir la chasse à la baleine en Islande.

Les arrière-cuisines des célèbres " Fish&Chips " du Royaume-Uni semblent bien sombres... Depuis quelques semaines, la provenance du poisson utilisé pour ce plat populaire pose question. En effet, Warners Fish Merchants Ltd, qui fournit pas moins de 10 000 établissements britanniques, s'approvisionne chez HB Grandi, l'une des entreprises de pêche les plus importantes d'Islande. Jusqu'ici, tout semble normal.

Mais voilà, HB Grandi est directement liée à Hvalur, la première société de chasse à la baleine d'Islande. Cette dernière est ainsi accusée par l'Agence d'Investigation Environnementale britannique d'avoir pêché 273 rorquals communs, une espèce de cétacés menacée, et d'avoir exporté plus de 1200 tonnes de viande de baleine au Japon depuis 2008.

Or, une seule et même personne est à la tête des deux sociétés. Et le vice-président d'HB Grandi n'est autre que le directeur général de Hvalur... Des intérêts communs se cachent-ils derrière ces deux sociétés ?

Contactée par le journal britannique The Ecologist , l'entreprise HB Grandi a affirmé ne pas avoir chassé de baleines mais a toutefois admis avoir loué un de ses bâtiments à la société Hvalur pour le traitement de viande de baleine. Elle a aussi avoué que son principal actionnaire est la compagnie Vogun, détenue par Hvalur. Ces liens étroits entre le fournisseur des restaurants britanniques et Hvalur laissent pour le moins perplexes...

Alors que la chasse commerciale à la baleine fait l'objet d'un moratoire depuis 1986, l'Islande et le Japon ont toujours violé la législation sous couvert de " recherche scientifique ". Face à l'effondrement de la pratique de chasse à la baleine du Japon -dû aux assauts répétés de l'ONG Sea Shepherd, et au séisme de mars dernier- l'Islande est devenue depuis quelques mois un exportateur de choix. Une aubaine pour la société Hvalur, qui rafle un nouveau marché de plusieurs millions d'euros et qui ne semble pas prête à se plier aux exigences de la communauté internationale.

Mercredi 19 juillet, le secrétaire au Commerce américain, Gary Locke, a pressé l'Islande de mettre fin immédiatement à la chasse à la baleine, faute de quoi des sanctions commerciales pourraient être prises contre ses exportations. "Le mépris de l'Islande pour le moratoire mondial de la Commission baleinière internationale (CBI) sur la chasse à la baleine à des fins commerciales est inacceptable", a-t-il souligné dans un communiqué.

Les menaces seront-elles suffisantes pour stopper Hvalur et lever le voile sur les sérieux soupçons qui pèsent sur l'industrie du " Fish&Chips " ? Aux vues du manque de volonté de la CBI à mettre un terme au massacre d'espèces menacées, cela semble peu probable.

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Laetitia Marcilhacy