Bioaddict



Réchauffement climatique : venir en aide aux pays les plus pauvres


Sommaire
1 - Réchauffement climatique : venir en aide aux pays les plus pauvres
2 - Ces fonds sont-ils " nouveaux et additionnels " ?
3 - Dons ou prêts, gare aux confusions !
Publié Le 9 Décembre 2010 à 08h48
 
Tsunamis en Indonésie, séismes à Haïti, au Chili ou encore en Chine, inondations au Pakistan, incendies en Russie... la liste des catastrophes naturelles semble de plus en plus longue et toucher toujours plus durement les pays pauvres. Pour parvenir à un accord historique à Cancun, il est nécessaire d'écouter ceux qui paieront le prix fort du réchauffement climatique.
DOSSIER SPECIAL

Alors que les engagements pris à Copenhague ont négligé en grande partie l'avis des pays en développement, une étude de la Banque mondiale publiée l'année dernière, montre que ces mêmes pays vont supporter 80% des dégâts occasionnés par le changement climatique alors qu'ils ne sont à l'origine que de 30% des émissions de gaz à effet de serre.

Un classement réalisé par le cabinet d'analyse des risques Mapplecroft révèle que l'Asie du Sud et l'Afrique de l'Est sont en tête des régions les plus menacées. Les habitants du Bangladesh, de l'Inde et de Madagascar seront les plus durement frappés par le changement climatique dans les trente ans qui viennent, suivis par ceux du Népal, du Mozambique, des Philippines, d'Haïti, de l'Afghanistan, du Zimbabwe et de la Birmanie. À l'extrémité opposée, les pays qui s'en sortiraient le mieux sont la Norvège, la Finlande et l'Islande, talonnés par l'Irlande, la Suède et le Danemark. Cette étude, publiée le 20 octobre, a utilisé 42 indicateurs de sensibilité aux changements climatiques parmi lesquels figuraient la démographie du pays, l'état de son agriculture, de son système de santé, de ses infrastructures ainsi que la capacité de ses institutions, de son économie et de sa société à s'adapter au changement climatique.

L'étude montre ainsi que l'injuste corrélation pays pauvre/pays durement touchés s'explique souvent par les conditions de vies précaires : forte pression démographique, économie très dépendante de l'agriculture, fragilité des édifices... La catastrophe qui survient dans des régions d'extrême pauvreté, peu préparées à des situations d'urgence, causera bien plus de mal.

La bataille des chiffres

Face à l'injustice climatique, les pays développés s'étaient engagés dans l'accord de Copenhague à verser une aide financière aux pays les plus pauvres. Le Fonds vert pour le climat devrait permettre de mobiliser 100 milliards de dollars d'ici 2020 afin d'aider les pays en développement à préparer de leurs politiques d'atténuation et d'adaptation au réchauffement climatique. 30 milliards de dollars de fonds précoces à verser avant 2012 ont été créés comme gage de bonne volonté. La France a ainsi promis de fournir une aide de 1,24 milliard d'euros sous trois ans, soit 420 millions d'euros par an. Mais au-delà des belles promesses et des beaux discours, il semble que la France et d'autres pays de l'Union Européenne aient encore bien des progrès à faire.