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Réchauffement climatique : vers un fond vert à Cancún fin 2010

A trois mois de la prochaine grande conférence de l'ONU sur le climat à Cancún au Mexique, les ministres de l'Environnement de 46 États ont dégagé la voie sur les modalités de création d'un fonds vert pour lutter contre le réchauffement climatique.

Comment rassembler à compter de 2020 les 100 milliards de dollars annuels nécessaires pour aider les pays pauvres à lutter contre le réchauffement climatique ?

C'est une des questions qui a été débattu les 2 et 3 septembre dernier à Genève par les ministres de l'environnement de 46 pays, représentant notamment les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Brésil, l'Inde, l'Union européenne, la France, le Japon et l'Arabie saoudite.

"Il y a peu de changements sur les réductions d'émission à court terme à attendre cette année. Le seul dossier qui peut avancer, c'est la question du financement, a relevé Romain Bennichio, l'expert de l'ONG Oxfam. Même si la réunion, dont le Mexique (qui dirige la prochaine conférence de l'ONU de décembre) a pris l'initiative, reste informelle et qu'aucune décision officielle ne doit en ressortir, elle offre la possibilité de montrer aux pays en développement qu' "il y a une véritable volonté d'avancer et de respecter les promesses qui ont été faites".

L'urgence de faire le point sur les sources de financements possibles et la gestion de ce fond vert

Durant cette réunion de 2 jours, les participants ont fait avancer les discussions sur les 30 milliards de dollars (23,34 milliards d'euros) promis par les pays riches pour la période 2010-2012 lors du sommet de Copenhague de décembre 2009. Un montant engagé au titre de la "responsabilité historique" des pays industrialisés envers les plus démunis mais qui reste depuis un des points noirs des négociations. Les ONG craignant d'autant plus que l'argent ne soit prélevé sur l'aide au développement contrairement aux promesses d'argent frais.

"Le règlement de la question financière est une condition essentielle du succès des négociations à Cancun", a déclaré au début de la réunion de Genève le conseiller fédéral suisse à l'Environnement, Moritz Leuenberger.

Heureusement, selon les participants représentant pays industrialisés, émergents et en développement, "une grande convergence" est apparue sur le sujet, reconnaissant que la question des finances était "un des points centraux" sur lequel il sera possible d'avancer au Mexique même si le fonds n'est pas totalement finalisé à Cancun.

La ministre mexicaine des Affaires étrangères, Patricia Espinosa s'est même dite optimiste sur la possibilité d'une annonce lors du prochain grand rendez-vous climatique de l'ONU en décembre prochain à Cancún .

"Nous pensons que nous serons à même d'établir le fonds à Cancun, qui constituera le mécanisme financier des négociations", a-t-elle souligné, reconnaissant tout de même qu'il y avait encore du pain sur la planche. "Nous devons encore définir les détails... il est possible que nous ne parviendrons pas à finaliser 100 % de ces détails à Cancun ".

Des financements qui demandent de la transparence

La Ministre néerlandaise de l'environnement a lancé un nouveau site internet, faststartfinance.org, qui vise à rassembler et à présenter en détails les engagements pris par les pays riches sur les financements climat.

" Avec cette initiative, le gouvernement néerlandais va permettre une plus grande transparence des financements climat ", a souligné Romain Benicchio, expert d'Oxfam.

Le Royaume-Uni, le Danemark, les Pays-Bas, la Norvège et la France participent à ce site internet qui détaille les contributions de chacun à la première enveloppe de 30 milliards de dollars. On apprend ainssi que 2,5 milliards d'euros ont été réunis jusqu'à maintenant.

Durant la rencontre de Genève, les participants ont également fait des propositions sur les sources innovantes de financement. "Maintenant, c'est aux négociateurs d'adopter ces idées, de faire le tri et de les intégrer dans la discussion" à Cancun, a déclaré l'ambassadeur de la France sur le climat Brice Lalonde qui reste sur ses gardes concernant les résultats à attendre de la réunion mexicaine qui se déroulera du 29 novembre au 10 décembre 2010, après l'accord a minima de Copenhague.

Lire " Réchauffement climatique : Cancun accueillera la prochaine conférence des Nations Unies fin 2010 "

Emilie Villeneuve

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"Changement climatique : les savoirs et les possibles"

Voici un nouveau livre sur le climat sorti en librairie.

Ultimatum, justice, crise, croissance verte, scepticisme, controverse... le changement climatique fait du bruit en ce début de XXIe siècle et il n'a pas fini d'en faire. Qu'on le veuille ou non, il s'impose à tous, du Nord au Sud, et pour longtemps. Pour agir en connaissance de cause, mieux vaut s'informer à bonne source et faire un point précis sur les connaissances dont on dispose, afin de comprendre comment ces savoirs sont créés, discutés, validés, diffusés - parfois même déformés.

C'est ce que proposent les auteurs de cet ouvrage. Deux climatologues (un modélisateur et un observateur), un économiste et un journaliste, reconnus et légitimes entre tous, nous invitent à s'asseoir à leur table et à suivre le fil de leurs connaissances, de leurs doutes, de leurs espoirs, mais aussi de leurs craintes et de leurs colères. Ils nous donnent des clés pour décrypter les paradoxes et les enjeux de la question climatique, ainsi que des armes intellectuelles pour combattre le scepticisme de mauvaise foi et débattre du scepticisme rationnel.

Les auteurs

Jérôme Chappellaz, directeur de recherche au CNRS, responsable de l'équipe "Climat : passé, présent, projections" au Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement de Grenoble (CNRS et université Joseph Fourier).

Olivier Godard, économiste, directeur de recherche au CNRS, département Humanités et sciences sociales, École Polytechnique.

Sylvestre Huet, journaliste à Libération, spécialisé dans le domaine de l'information scientifique.

Hervé Le Treut, directeur de recherche au CNRS, directeur de l'Institut Pierre Simon Laplace, membre de l'Académie des sciences ; il a contribué aux rapports du GIEC.

(source : Institut Pierre Simon Laplace, Institut de recherche en sciences de l'environnement)