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Réchauffement en Arctique : les impacts mondiaux dépassent les prévisions

Publié Le 4 Septembre 2009 à 13h13
 
La fonte des glaces en Arctique risque de provoquer un relargage de gaz à effet de serre et une montée des eaux menaçant 1/4 de la population mondiale. Le niveau de la mer pourrait augmenter de plus d'un mètre d'ici 2100, selon le rapport du WWF publié le 2 septembre dernier.
Le rapport " Les rétroactions du climat en Arctique : implications mondiales "  souligne les conséquences mondiales du réchauffement de l'Arctique qui s'avèrent plus alarmantes que les prévisions précédentes.

" Leurs conclusions dressent un tableau vraiment inquiétant, explique le Dr Martin Sommerkorn, conseiller scientifique sur le changement climatique pour le programme Arctique du WWF. Ce que révèle ce rapport, c'est que le réchauffement de l'Arctique constitue bien plus qu'un problème local, c'est un problème mondial. En clair, si nous ne maintenons pas l'Arctique à des températures assez basses, des populations des quatre coins du monde en subiront les effets. "

Cette étude du WWF intègre le sort des calottes glaciaires du Groenland et de l'Ouest de l'Arctique dans des prévisions de niveau mondial des mers. Elle conclut que le niveau des mers risque fortement de s'élever d'au moins un mètre d'ici à 2100 (plus de deux fois plus que ce que prédisait le rapport du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat en 2007). Ce phénomène provoquera des inondations dans les régions côtières qui toucheront plus d'1/4 de la population mondiale.

" Il est urgent de ralentir les émissions de gaz à effet de serre tant qu'il est encore temps. Si on laisse l'Arctique devenir trop chaud, il n'est pas sûr que nous puissions garder ces rétroactions sous contrôle ", selon le Dr Sommerkorn.

D'après le rapport, la fonte spectaculaire des glaces de mer, qui est deux fois plus rapide que la moyenne mondiale, influencera radicalement la circulation atmosphérique et les conditions météorologiques en Arctique et dans le monde. Cela pourrait changer radicalement le climat (températures et précipitations) en Europe et en Amérique du Nord, affectant ainsi l'agriculture, les forêts et les réserves d'eau.

Les sols et zones humides gelés contiennent deux fois plus de carbone que l'atmosphère. A la suite du réchauffement, ces sols vont fondre et relarguer du dioxyde de carbone et du méthane dans l'atmosphère, à des rythmes bien plus rapides. Les taux de méthane dans l'atmosphère, un gaz à effet de serre particulièrement puissant, ont augmenté ces deux dernières années. Cette augmentation semble liée au réchauffement de la toundra septentrionale.

" En décembre 2009, les gouvernements de 191 pays vont se rencontrer à Copenhague pour le cycle final de négociations pour un nouvel accord mondial sur le climat. Les négociations à Copenhague doivent approuver un nouveau cadre légal pour une action mondiale sur le climat à partir de 2013. Ce cadre devra garantir des réductions d'émissions bien plus fortes et rapides de la part des pays industrialisés, et le financement destiné à permettre aux pays en développement de prendre également des mesures pour le climat. Nous n'avons plus le choix, face à l'ultimatum climatique nous devons agir ", inscrit le WWF dans un communiqué.

" Il faut tenir compte de ces signaux de l'Arctique, et prendre les mesures nécessaires à Copenhague en décembre prochain pour parvenir à un accord qui limite rapidement et efficacement les émissions de gaz à effet de serre ", déclare James Leape, Directeur Général du WWF International.