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Réhabiliter les écosystèmes pour favoriser l'emploi et lutter contre la pauvreté

Publié Le 5 Juin 2010 à 18h12
 
Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) a publié le 3 juin 2010 un rapport qui montre que la restauration d'écosystèmes disparus ou endommagés - forêts, plans d'eau douce, mangroves, zones humides - permet de générer des revenus de plusieurs millions de dollars, de créer des emplois et de combattre la pauvreté.
Rendu public jeudi dernier, à l'occasion d'une Conférence sur la biodiversité internationale et la conservation organisé à Kigali, au Rwanda, ce rapport a été rédigé à partir de données collectées dans des milliers de projets de restauration d'écosystèmes à travers le monde. Il aussi présenté plus de 30 initiatives qui transforment la vie de communautés et de pays du monde entier.

Intitulé "Planète morte, planète vivante : restauration de la biodiversité et des écosystèmes pour un développement durable ", le rapport montre que, loin d'être une entrave à la croissance et au développement, bon nombre d'investissements environnementaux dans des actifs naturels dégradés peuvent générer des revenus substantiels et multiples.

" L'infrastructure écologique de la planète procure à l'humanité des services d'une valeur de plus de 70 000 milliards de dollars par an et peut-être même beaucoup plus. Dans le passé, ces services n'étaient jamais ou pratiquement jamais comptabilisés au niveau national ou international. Cela devrait et doit changer ", a souligné le Secrétaire général adjoint de l'ONU et Directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner.

" Ce rapport est destiné à faire passer deux messages fondamentaux aux gouvernements, communautés et citoyens à l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement et en 2010. Le premier est que la mauvaise gestion des actifs naturels représente un obstacle au développement tellement énorme qu'à côté de lui la récente crise économique semble presque insignifiante. Le second est que des investissements correctement planifiés et des réinvestissements dans la restauration de ces infrastructures naturelles importantes ne font pas que procurer un rendement élevé, ils seront aussi très importants, sinon essentiels, pour le développement durable, dans un monde caractérisé par une croissance permanente des aspirations, de la démographie, des revenus et des demandes en ressources naturelles ", a-t-il ajouté.

Le rapport du PNUE souligne aussi que la préservation des écosystèmes restés intacts coûte bien moins cher que la restauration d'écosystèmes dégradés. Le coût d'une préservation efficace telle qu'elle est pratiquée dans de nombreux parcs nationaux et sites protégés peut varier de quelques dizaines à quelques centaines de dollars par hectare. Les sites protégés ne représentent, toutefois, que 13 % des terres de la planète, 6 % de ses côtes et 1 % de ses zones maritimes. Un nombre important d'écosystèmes essentiels se trouve en dehors de ces sites. La restauration coûte peut-être dix fois plus cher que la simple gestion d'écosystèmes existants mais elle n'en reste pas moins une bonne affaire au vu du rendement en termes de récupération de services naturels.

Le PNUE fournit également une série d'exemples de réussite.

Celui de la ville turque d'Istanbul qui en 20 ans a fait passer le nombre de personnes bénéficiant d'un traitement des eaux usées de quelque centaines de milliers à plus de neuf millions - soit 95 % de la population -en réhabilitant et en nettoyant les berges, relocalisant les industries polluantes, en mettant en place des installations de traitement des eaux et en restaurant la végétation le long du fleuve.

Celui du Viet Nam, où la plantation et la protection de près de 12 000 hectares de mangroves a coûté 1 million de dollars mais permis d'économiser des frais annuels de maintenance des digues allant jusqu'à 7 millions de dollars.

Celui du Rwanda, de la République Démocratique du Congo et de l'Ouganda, où le strict renforcement de la législation a contribué à l'augmentation de la population de gorilles de montagne et généré indirectement une augmentation des revenus du tourisme.

Celui de l'Inde où la restauration de plus de 500 hectares de mangroves dans la région de l'Andhra Pradesh a coûté 3 millions de dollars sur sept ans mais augmenté la population de crabes comestibles et la quantité de fourrage pour le bétail, stimulant ainsi les revenus locaux tout en favorisant la biodiversité, notamment au niveau des loutres et des oiseaux.

Ainsi, le PNUE, en soulignant les retombées économiques de la réhabilitation des écosystèmes, cherche à encourager l'action politique dans ce sens.

Stella Giani

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