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Risque nucléaire : la spectaculaire démonstration de Greenpeace

Publié Le 6 Décembre 2011 à 11h25
 
Hier matin, des militants de Greenpeace se sont introduits dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), à 95 kilomètres au sud-est de Paris. Leur message : "le nucléaire sûr n'existe pas".

7h30 : les militants parviennent à monter sur le dôme d'un des deux réacteurs de Nogent-sur-Seine. 10h30 : la gendarmerie annonce l'interpallation de sept militants sur le site.

Selon un communiqué de l'ONG écologiste, "cette action avait pour but de montrer à quel point les centrales nucléaires françaises sont vulnérables et les dispositifs de sécurité existants sont insuffisants !" Sur ce point, l'ONG a mis le doigt sur une plaie béante. En effet, l'audit des installations nucléaires commandité par le gouvernement à la suite de la catastrophe de Fukushima ne prend pas en compte le risque d'intrusion humaine ou d'une attaque informatique.

EDF, absolument pas stressée par les stress tests ? C'est ce qu'a démontré l'intrusion des militants de l'ONG dans la centrale de Nogent (vous pouvez consulter les vidéos de l'intrusion sur le site de Greenpeace). Selon Europe 1, ces derniers n'ont mis qu'un quart d'heure à pénétrer dans un réacteur de la centrale nucléaire EDF de Nogent-sur-Seine, alors que les gendarmes à leurs trousses ont de leur côté mis quatre longues heures pour les interpeller. Heureusement, les militants étaient armés de bonnes intentions. Qui sait ce qui aurait pu se produire dans le cas contraire...

Quand les politiques doutent...

A la suite de cet incident le Président Nicolas Sarkozy a qualifié l'action de Greenpeace d'irresponsable : " c'est assez irresponsable de prendre des risques avec sa vie et avec la vie des autres", avant d'ajouter toutefois "s'agissant de la sûreté nucléaire, nous publierons absolument la totalité des audits", "la transparence nous la devons aux Français". Cette action coup de poing de l'ONG a bien semé le doute parmi les responsables politiques. De son côté, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a ainsi reconnu des "défaillances" dans le dispositif de sécurité. Quant au ministre de l'Energie, Eric Besson, il a réclamé une "enquête approfondie". Interrogé sur France Info, il a évoqué de possibles "dysfonctionnements" et a avoué sa surprise.

Enfin, un porte-parole de Greenpeace a annoncé après 22h : "L'opération est terminée. Le but est atteint. On a prouvé en quatorze heures que les installations nucléaires françaises étaient vulnérables à une intrusion humaine."

Si les neuf activistes sont actuellement en garde à vue, poursuivis pour " violation de locaux professionnels " et " dégradation, destruction de biens d'utilité publique en réunion ", ils sont déjà considérés comme des héros de l'écologie par une majorité de Français, inquiets de la vulnérabilité des centrales nucléaires.

Olivia Montero