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Sables bitumineux : l'Europe préfère prévenir que guérir !

Publié Le 6 Octobre 2011 à 19h00
 
La commissaire au Climat, Connie Hedegaard, a fait parvenir mardi aux États membres de l'Union européenne une proposition de directive visant à limiter l'utilisation du pétrole issu des sables bitumineux. En effet, comme pour le gaz de schiste, le mode d'exploitation de cette source d'énergie est largement décrié.
Bande-annonce d'H2Oil, un film de Shannon Walsh

L'Union européenne (UE) propose d'adopter une directive qui pourrait bien ennuyer le Canada et le Venezuela. Si elle importe pour l'instant très peu de pétrole tiré des sables bitumineux, elle souhaite dissuader les pays qui y ont déjà recours, considérant que l'extraction de cette nouvelle source de pétrole occasionne davantage d'émissions de CO2 que le pétrole brut.

Catastrophes écologique et sanitaire en vue

Par sables bitumineux sont désignées les sources de pétrole non conventionnelles, c'est-à-dire non liquide. Ces résidus de pétrole contenus dans les roches superficielles prennent la forme d'un bitume très visqueux et lourd, aggloméré avec du sable ou du schiste.

Le plus grand fournisseur de sable bitumineux est actuellement le Canada, et notamment dans le nord de l'Alberta. Or, cette nouvelle source de pétrole est décriée par les organisations écologistes qui pointent du doigt un impact environnemental et sanitaire désastreux. En effet, le processus d'extraction de ces sables est très complexe et couteux pour l'environnement : quatre barils d'eau douce sont en moyenne requis pour produire seulement un baril de pétrole brut. Sans compter la destruction d'hectares de forêts, la pollution des sols et nappes phréatiques par des solvants et produits chimiques cancérigènes ainsi qu'un bilan carbone désastreux, comme pour l'extraction des gaz de schiste. Un rapport officiel du gouvernement canadien publié mardi confirme que la pollution atmosphérique issue des sables bitumineux a plus que doublé au cours des dix dernières années, conduisant à de fréquentes pluies acides.

L'Union européenne veut montrer l'exemple

Or, l'Union européenne s'est engagée en 2008 à réduire de 6 % les émissions de CO2 provenant des carburants, ce qui explique en partie cette prise de position préventive. " Avec cette mesure, nous adressons un signal aux producteurs de carburants fossiles, car il est important pour l'avenir de quantifier leur impact " sur l'environnement, affirme Connie Hedegaard.

Greenpeace a bien entendu accueilli la nouvelle à bras ouverts, la considérant comme " une interdiction de facto des importations de carburants extraits des sables bitumineux ".
Ces nouvelles restrictions doivent encore être adoptées par les Etats membres européen lors d'une réunion qui se tiendra d'ici un mois. Si le Parlement confirme la directive, alors les futures exportations du Canada et du Venezuela qui devaient tripler d'ici 2020, seront entravées. Elle pourrait également avoir des répercussions sur le marché américain, qui étudie actuellement la possibilité de recourir à cette nouvelle source d'énergie.

Alicia Muñoz