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Santé : 250 000 décès de plus par an à partir de 2030 à cause du changement climatique

Publié Le 3 Septembre 2014 à 15h45
 
Le changement climatique pourrait être à l'origine de 250 000 décès de plus chaque année à partir de 2030, a averti l'Organisation mondiale de la santé (OMS) : 38 000 provoqués chez les personnes âgées par les vagues de chaleur, 48 000 dus à la diarrhée, 60 000 à la malaria et 95 000 à la malnutrition chez les enfants.
Selon l'OMS (Organisation mondiale de la santé), le changement climatique pourrait provoquer 250 000 décès de plus chaque année à partir de 2030, causés par la malnutrition, le malaria, la diarrhée et les vagues de chaleur notamment.

"Les preuves sont accablantes: le changement climatique met en danger la santé humaine", a déclaré le Dr Margaret Chan, Directeur général de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) lors de la première conférence mondiale sur la santé et le climat qui a eu lieu à Genève le 27 août dernier et durant laquelle l'OMS a appelé à prendre des mesures plus fortes contre les risques pour la santé liés au climat.

"Une action rapide pour lutter contre le changement climatique et ses conséquences pourrait apporter des bénéfices pour la santé dont on était auparavant peu conscient. Par exemple des changements dans les politiques énergétiques et des transports pourraient éviter chaque année des millions de décès dus aux maladies provoquées par les niveaux élevés de pollution de l'air. De bonnes politiques énergétiques et des transports pourraient également permettre de réduire la charge de morbidité associée à la sédentarité et aux accidents de la circulation. Les mesures d'adaptation au changement climatique pourraient par ailleurs sauver des vies partout dans le monde en préparant mieux les communautés à faire face aux effets de la chaleur, de conditions climatiques extrêmes, des maladies infectieuses et de l'insécurité alimentaire."

Tels sont les deux messages clés dont il a été débattu à la première Conférence mondiale sur la santé et le climat, qui a eu lieu au Siège de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Genève le 27 août 2014. La Conférence a rassemblé plus de 300 participants, dont des ministres, des chefs de secrétariat d'organismes des Nations Unies, des responsables de grandes villes, des membres de la société civile et d'éminents experts de la santé, du climat et du développement durable.

Le choléra, le paludisme et la dengue très sensibles au climat

L'OMS a ainsi insisté sur l'importance qu'il y a à agir rapidement pour aider à protéger la santé des générations présentes comme des générations futures. "La communauté de la santé s'emploie activement à améliorer ses capacités de surveillance et de lutte en ce qui concerne les maladies infectieuses comme le choléra, le paludisme et la dengue, extrêmement sensibles au climat et aux variations météorologiques."

D'après les données les plus récentes de l'OMS, le changement climatique entraîne d'ores et déjà des dizaines de milliers de décès chaque année en raison de la modification des tableaux de morbidité, de phénomènes climatiques extrêmes, tels que les canicules et les inondations, et de la dégradation des approvisionnements en eau et de l'assainissement, ainsi que des effets sur l'agriculture.

"Les populations vulnérables, les plus pauvres, les populations défavorisées et les enfants sont parmi ceux qui subissent le plus lourd fardeau des impacts liés au climat et des maladies qui leur sont associées, telles que le paludisme, la diarrhée et la malnutrition, qui tuent déjà des millions de personnes chaque année", a souligné le Dr Flavia Bustreo, Sous-Directeur général de l'OMS chargée de la Santé de la famille, de la femme et de l'enfant. "Faute d'une action efficace pour atténuer les effets défavorables du changement climatique sur la santé et s'y adapter, la société sera confrontée à l'un des plus grands défis sanitaires qu'elle ait eu à relever".

"La bonne nouvelle est cependant que l'atténuation du changement climatique peut apporter des bénéfices immédiats et importants pour la santé", a précisé a le Dr Maria Neira, Directeur du Département OMS Santé publique, déterminants sociaux et environnementaux de la santé. "L'exemple le plus parlant est la pollution de l'air, qui en 2012 était responsable de sept millions de décès - soit un décès sur huit dans le monde. On dispose désormais d'éléments probants montrant que l'atténuation des effets du changement climatique permettrait de réduire cette mortalité".

La Conférence doit ouvrir la voie à un examen approfondi des questions liées à la santé et au climat lors du prochain Sommet des Nations Unies sur le climat qu'organise le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, en septembre 2014.

Mathilde Emery