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Santé : alerte aux hydrocarbures cancérogènes dans les barres Kinder

L'organisation de défense des consommateurs Foodwatch lance une alerte sur la présence d'hydrocarbures d'huiles minérales - qui sont des substances cancérogènes - dans les barres chocolatées Kinder.

 

Après avoir testé 20 produits alimentaires "snacks" en laboratoire, l'antenne allemande de l'ONG Foodwatch vient de révèler que les barres chocolatées Kinder sont contaminées par des huiles minérales aromatiques (MOH). Les produits incriminés sont les barres Kinder Chocolat et Kinder Maxi. Les experts ont identifié deux types principaux de MOH: les hydrocarbures saturés et les hydrocarbures aromatiques. Ces substances sont dangereuses pour la santé puisqu'elles sont potentiellement cancérogènes, peuvent altérer notre patrimoine génétique et agir comme des perturbateurs endocriniens, selon l'EFSA, l'agence européenne de sécurité des aliments.

Kinder n'est pas la seule marque pointée du doigt. Les Fioretto Nougats Minis de chez Lindt et les Sun Rice d'Aldi sont également mis en cause par l'association. Ces produits ne sont cependant pas commercialisés en France.

La présence de ces huiles dans les barres chocolatées Kinder peuvent s'expliquer de deux manières : les huiles peuvent se trouver directement dans le chocolat, tout comme provenir de l'emballage ou des machines de fabrication. Les MOH épinglés par Foodwatch sont utilisés par l'industrie agroalimentaire "pour confectionner et lubrifier les machines des chaînes de production".

Le fabricant de Kinder, le groupe italien Ferrero, n'a pour le moment pas répondu à Foodwatch. Mais dans un communiqué diffusé à la presse au compte-gouttes, Ferrero affirme respecter la loi. "Une réponse cynique, selon Ingrid Kragl, directrice de l'information chez Foodwatch France, puisqu'il n'existe aucune réglementation protégeant les consommateurs des risques auxquels ils sont exposés avec ces huiles minérales."

"Les industriels agissent de façon négligente", explique également Johannes Heeg de Foodwatch Allemagne. "Mais au lieu d'avertir les consommateurs et de retirer les produits dangereux, ils se rassurent en se disant que tout est légal. C'est absurde parce que ce sont eux qui empêchent qu'une limite maximum soit fixée depuis des années."

Dans son communiqué, Ferrero ne nie pas le problème et reconnaît que la contamination peut avoir différentes sources. "L'industrie agroalimentaire est au courant depuis des années. D'ailleurs, aucune des grandes marques ciblées par foodwatch en France ne remet en question l'épineuse question posée par les huiles minérales. Mais en l'absence de législation - tant au niveau européen que français - et parce que ces huiles minérales ne sont de toute façon pas visibles à l'oeil nu par les consommateurs, les fabricants ne semblent pas prêts à rendre leurs produits plus sûrs tant qu'ils n'y seront pas contraints" explique Ingrid Kragl.

Contacté par Le Parisien, Ferrero demande une concertation européenne sur la question des MOH. "Chez Ferrero, ensemble avec tous nos partenaires de chaîne d'approvisionnement, nous travaillons sur des solutions techniques pour minimiser ces substances omniprésentes autant que possible et éviter leur transfert et leur migration à la nourriture."

Une contamination qui ne concerne pas que Kinder

Foodwatch a testé plus de 40 produits de grande consommation - lentilles, couscous, riz, pâtes, céréales, chocolat en poudre, etc. - en octobre dernier et a déjà montré toute l'ampleur du problème : 60% des aliments achetés dans des supermarchés français et évalués en laboratoire présentaient des quantités inquiétantes d'huiles minérales, des dérivés de pétrole.

"Ces huiles, des dérivés du pétrole, proviennent en grande partie des encres d'impression présentes dans les emballages à base de papier recyclé" explique Foodwatch. Pour protéger les consommateurs, "l'Union européenne doit fixer des limites strictes à la quantité d'huiles minérales présentes dans les aliments, et également imposer l'utilisation de barrières adéquates pour tous les emballages en papier et carton."

"Parce qu'il s'agit d'un risque majeur pour la santé publique", l'association a ainsi lancé la pétition "Pas d'huiles minérales dangereuses dans nos aliments !" qui a déjà rassemblé plus de 90.000 signatures.

ME

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Les MOH sont dérivés principalement du pétrole brut. Ils peuvent être aussi produits par synthèse à partir du charbon, du gaz naturel et de la biomasse, explique l'Autorité européenne pour la sécurité alimentaire. La composition des MOH est complexe et très diverse. Les principales sources de MOH dans l'alimentation proviennent des emballages, des additifs mais aussi "des auxiliaires technologiques et des contaminants environnementaux, tels que les lubrifiants."