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Santé : la pollution chimique est un facteur d'obésité

Publié Le 16 Mars 2012 à 10h48
 
Un rapport publié mercredi 14 mars par le Réseau environnement santé (RES) met en évidence le lien entre la pollution chimique subie quotidiennement par notre organisme et l'obésité.

Alors que les médecins imputent habituellement l'obésité à une alimentation trop riche et au manque d'exercice physique, le Réseau environnement santé, estime que la pollution chimique est un "facteur explicatif complémentaire" de cette maladie. Dans son rapport intitulé " Évaluation du lien entre environnement chimique, obésité et diabète (ECOD) ", le réseau d'associations dresse un panorama des nombreuses études scientifiques qui mettent en évidence l'action perturbatrice de polluants chimiques diabétogènes et obésogènes sur le métabolisme. Parmi ces substances, plusieurs polluants organiques agissent par un mécanisme de perturbation endocrine. " Le tissu adipeux ne peut plus être considéré comme un simple lieu de stockage de réserve calorique, mais doit être également considéré comme un organe sous contrôle hormonal. A ce titre, il est donc susceptible d'être aussi la cible des perturbateurs endocriniens " affirme ainsi Gilles Nalbone, directeur de recherche émérite à l'INSERM et membre du RES.

Le RES déplore que les pouvoirs publics ne prennent pas en compte ce facteur dans leur politique de prévention. " Les données sont aujourd'hui suffisantes pour prendre en considération la pollution chimique comme un axe complémentaire de lutte contre l'épidémie d'obésité et de diabète " affirme ainsi André Cicolella, porte-parole du RES, dans un communiqué de presse. Il appelle la haute autorité de santé à faire des recommandations "complémentaires aux mesures hygieno-diététiques classiques". De plus, pour le RES il s'agit d'un argument supplémentaire contre les perturbateurs endocriniens, présents par exemple dans le bisphénol A.

L'Organisation mondiale de la Santé estime que d'ici 2015, ce sont quelques 700 millions de personnes qui souffriront de cette pathologie et du diabète qui en découle souvent. En France, 32% des plus de 18 ans, soit 14 millions de personnes, sont en surpoids et 14,5%, soit 6,5 millions, sont considérées comme obèses. Un chiffre qui a doublé entre 1997 et 2009, selon l'étude ObEpi réalisée en 2009.

Olivia Montero