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Santé : les bébés enfin protégés contre le bisphénol A

Publié Le 2 Janvier 2013 à 12h18
 
Les biberons, collerettes de tétines et de sucettes, et anneaux de dentition contenant du bisphénol A, ne peuvent plus être commercialisés depuis le 1er janvier 2013. Mais c'est tous les plastiques alimentaires contenant ce perturbateur endocrinien dangereux pour la santé qu'il faut rejeter.

La nouvelle loi votée par le Parlement et le Sénat le 18 décembre 2012 va enfin protéger les consommateurs, les enfants et les femmes enceintes notamment, contre les plastiques alimentaires contenant du bisphénol A. Cette substance est en effet un perturbateur endocrinien dont les risques pour la santé, dénoncés depuis de nombreuses années, sont de mieux en mieux connus. Elle est potentiellement responsable de multiples maladies comme le diabète, l'obésité, les troubles de la fertilité, les maladies cardio-vasculaires, les cancers...

La loi stipule ainsi que "La fabrication, l'importation, l'exportation et la mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux de tout conditionnement, contenant ou ustensile, comportant du bisphénol A et destiné à entrer en contact direct avec des denrées alimentaires pour les nourrissons et enfants en bas âge, concernant les préparations pour nourrissons et les préparations de suite sont suspendues à compter du premier janvier 2013".

Il ne s'agit donc pour l'instant que d'une suspension jusqu'à ce que le Gouvernement, après avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, autorise, ou non, la reprise de ces opérations.

Et ce n'est qu'à partir du 1er janvier 2015 que cette suspension sera étendue à tous les autres conditionnements en plastique, contenants ou ustensiles, comportant du bisphénol A et destinés à entrer en contact direct avec des denrées alimentaires.

Les tubulures comportant du di (2-éthylhexyl) phtalate utilisées dans les services de pédiatrie, de néonatologie et de maternité ne seront quant à elles interdites qu'à compter du 1er juillet 2015.

En attendant, le Gouvernement va exiger, dans des conditions à définir par décret, que "tout conditionnement intégrant du bisphénol A et destiné à entrer en contact direct avec des denrées alimentaires, comporte un avertissement sanitaire déconseillant son usage, du fait de la présence de bisphénol A, aux femmes enceintes, aux femmes allaitantes et aux nourrissons et enfants en bas âge". Et il présentera au Parlement, dans un délai d'un an à compter de la promulgation de la loi, un rapport relatif aux perturbateurs endocriniens, afin de préciser les conséquences sanitaires et environnementales de la présence croissante de perturbateurs endocriniens dans l'alimentation, dans l'environnement direct, dans les dispositifs médicaux et dans l'organisme humain.

Il étudiera, en particulier, l'opportunité d'interdire l'usage du di (2-éthylhexyl) phtalate, du dibutyl phtalate et du butyl benzyl phtalate dans l'ensemble des dispositifs médicaux au regard des matériaux de substitution disponibles et de leur innocuité.

Stella Giani