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Santé : un rapport de l'ONU démontre comment les produits chimiques empoisonnent le monde

 

Le rapport du PNUE explique qu'une transition vers une production, une utilisation et une élimination durable des produits chimiques peut apporter d'importants avantages économiques en matière de développement, de réduction de la pauvreté, et de réduction des risques pour la santé humaine et pour l'environnement.

La mauvaise gestion des produits chimiques, quant à elle, pourrait entraîner des coûts de plusieurs milliards de dollars (USD) au niveau mondial. Ces coûts, la plupart du temps, ne sont pas pris en charge par les fabricants, ni par les autres acteurs de la chaîne d'approvisionnement. Ils sont souvent pris en compte par des systèmes de protection sociale ou des assurances individuelles.

  • La mauvaise gestion des composés organiques volatils est responsable de pertes économiques globales estimées à 236,3 milliards de dollars (USD).
  • L'exposition au mercure a entraîné des dommages sur la santé et sur l'environnement qui sont estimés à 22 milliards de dollars (USD).
  • En Chine, les dommages sur le secteur de la pêche commerciale causés par la pollution aiguë de l'eau ont été estimés à 634 milliards de dollars (USD), sur une période d'un an.
  • Au Royaume-Uni, l'accident survenu dans l'entrepôt de stockage d'huile de Buncefield a donné lieu à l'un des plus grands incendies jamais connu en temps de paix en Europe. Cet accident a causé des pertes financières de plus d'un milliard de dollars (USD), rien que pour régler les litiges et les frais médicaux.

Dans les pays développés et en développement, les chaînes d'approvisionnement deviennent de plus en plus complexes et de plus en plus longues. En outre, l'introduction de nouveaux composés chimiques signifie que les produits sont maintenant plus susceptibles de ne pas respecter les normes de sécurité, selon le rapport du PNUE.

Ce phénomène entraîne également une augmentation du risque d'accident de travail, avec les lourdes charges financières en matière de soin de santé qui en découle. Par exemple, les frais occasionnés par l'amiante, et les cloisons sèches contaminées, s'élèvent à plus de 125 milliards de dollars (USD) à travers le monde entier. Par ailleurs, ce chiffre ne cesse d'augmenter.

Dans les pays émergents et les pays en voie de développement, des bénéfices économiques importants peuvent être réalisés grâce à des pratiques agricoles durables telles que la gestion intégrée des ravageurs (GIR).

La GIR consiste à utiliser moins de produits chimiques, et à introduire des méthodes alternatives telles que la rotation des cultures, en vue de favoriser la survie des ennemis naturels des ravageurs. Cela permet également une meilleure surveillance phytosanitaire.

Dans les exploitations de pommes de terre d'Équateur, la GIR a été introduite pour lutter contre les taux élevés d'empoisonnement par pesticide. Les plantations de pommes de terre qui ont été gérées grâce à cette méthode ont été bien plus productives et ont connu une baisse des coûts de production de 20% par rapport aux parcelles traitées avec des pesticides chimiques. Le nombre de personnes souffrant de problèmes neurologiques liés aux pesticides a également diminué.

Dès les années 1990, l'Indonésie a introduit un programme intégré de lutte antiparasitaire. Ce programme a aidé les agriculteurs à réduire l'utilisation des pesticides de moitié et à augmenter les rendements d'environ 10%.

Les gains économiques provenant de la mise en ouvre du programme national de GIR 2001-2020 sont équivalents à 3,65% du PIB de l'Indonésie (en 2000).

Grâce à ce programme, on prévoit que dans les 19 prochaines années plus de 20.000 cas d'intoxications aiguës aux pesticides seront évités chez les cultivateurs de riz. Des bénéfices équivalents à un total cumulé de 22% du PIB de l'Indonésie en 2000 devraient être dégagés. Enfin on prévoit également une augmentation du revenu des ménages de près de 5%.

Les bénéfices globaux liés au retrait de l'essence au plomb s'élèvent à 2,45 milliards de dollars (USD), soit 4% du PIB mondial annuel.

Améliorer la gestion des produits chimiques en fin de cycle de vie peut aussi servir à soutenir les activités de récupération des matières précieuses. Cet argument est particulièrement pertinent en ce qui concerne les déchets électroniques (e-déchets). En effet, dans les pays en développement, ces derniers sont de plus en plus souvent soit recyclés soit démantelés, et ce afin d'en retirer les métaux précieux comme l'or ou le cuivre.

Dans les pays en développement, le recyclage des déchets électroniques est un secteur en grande partie non réglementé. Les travailleurs y sont régulièrement exposés à de nombreux produits chimiques nocifs, comme les dioxines émises lors des opérations de récupération à chaud des métaux contenus dans les câbles.

Au Ghana, l'introduction de technologies de recyclage plus sûres et plus efficaces, comme alternative à la récupération à chaud des métaux contenus dans les câbles, a entraîné une augmentation de 45% des recettes par ordinateur de bureau recyclé.

En outre, en utilisant des techniques de recyclage améliorées, il est prouvé que l'on peut récupérer jusqu'à 90% des substances appauvrissant l'ozone contenues dans les déchets électroniques.