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Santé : une alimentation bio régulière réduit les risques de cancers

Publié Le 23 Octobre 2018 à 10h29
 
Les consommateurs réguliers d'aliments bio ont un risque réduit de 25% de développer un cancer et de 76% pour les lymphomes, selon une étude de chercheurs Inra/Inserm publiée le 22 octobre. Ces effets protecteurs des produits bio sont importants alors que la France enregistre 400 000 nouveaux cas de cancers par an. L'étude conclut que promouvoir la consommation bio pourrait être une stratégie préventive prometteuse.
Une diminution de 25% du risque de cancer a été observée chez les consommateurs " réguliers " d'aliments bio, par rapport aux personnes qui en consomment moins souvent. C'est ce que révèle une étude épidémiologique menée par une équipe de l'Inra/Inserm.

 

Les résultats sont étonnants : un risque réduit de cancer de 25% en moyenne, et qui peut atteindre 76% pour les lymphomes, chez les consommateurs réguliers de produits bio par rapport à ceux n'en consommant que de temps en temps ou pas du tout ! C'est ce qu'il ressort de l'étude* d'une cohorte de près de 70 000 personnes (78% de femmes, âge moyen 44 ans) menée de mai 2009 à novembre 2016 par l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) et l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), publiée le 22 octobre 2018 dans la revue scientifique JAMA Internal Medecine.

" Au cours des 7 années de suivi (2009-2016), 1 340 nouveaux cas de cancers ont été enregistrés et validés sur la base des dossiers médicaux. Une diminution de 25% du risque de cancer (tous types confondus) a été observée chez les consommateurs " réguliers " d'aliments bio comparés aux consommateurs plus occasionnels. Cette association était particulièrement marquée pour les cancers du sein chez les femmes ménopausées (-34 % de risque) et les lymphomes (-76 % de risque). La prise en compte de divers facteurs de risque pouvant impacter cette relation (facteurs sociodémographiques, alimentation, modes de vie, antécédents familiaux) n'a pas modifié les résultats ", précise l'Inra dans un communiqué.

Les aliments bio sont moins contaminés et plus protecteurs

Comment expliquer une différence aussi importante ? Les auteurs émettent deux hypothèses. D'une part, les résidus de pesticides sont incomparablement plus fréquents et à des teneurs beaucoup plus élevées dans les aliments non bio. Et les effets cancérigènes de certains pesticides sont connus. Quant aux mélanges de pesticides, leurs effets sur la santé ne sont pas vraiment étudiés et ils pourraient être plus dangereux encore.
D'autre part, les aliments de l'agriculture biologique sont plus riches en certains nutriments protecteurs comme les antioxydants caroténoïdes, les polyphénols, la vitamine C ou certains acides gras bénéfiques.

Les auteurs se sont intéressés aux effets de l'alimentation sur le cancer car " une étude récente a conclu que le rôle des pesticides dans le risque de cancer ne pouvait être mis en doute, étant donné le nombre croissant de preuves reliant développement du cancer à l'exposition aux pesticides ". Ils précisent encore que " à l'échelle mondiale, le nombre de nouveaux cas de cancer a été estimé à plus de 14 millions en 2012, et le cancer reste l'une des principales causes de mortalité en France ". Dans l'Hexagone, l'Institut national du cancer estime le nombre de nouveau cas de cancers en 2017 à 400 000 (près de 11 000 par jour), en croissance régulière année après année.

" Bien que nos conclusions doivent être confirmées, promouvoir la consommation d'aliments biologiques auprès de la population en général pourrait être une stratégie préventive prometteuse contre le cancer ", conclut l'étude.

Anne-Françoise Roger

Lire le communiqué de l'INRA : "Moins de cancers chez les consommateurs d'aliments bio ?"