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Sauver les abeilles et la biodiversité en semant des fleurs le long des routes

Publié Le 21 Janvier 2010 à 11h15
 
Les colonies d'abeilles domestiques s'affaiblissent à l'étranger mais aussi sur notre territoire. Or les abeilles sont les principaux acteurs de la biodiversité et sont essentielles à la reproduction des espèces végétales. Dans la continuité des engagements du Grenelle Environnement, l'Etat veut mettre en place le long des abords routiers de nouvelles plantes pour que ces insectes pollinisateurs puissent butiner.

En France, en 2008, le taux de mortalité des abeilles était de 30 à 50 %. Or si ces insectes pollinisateurs disparaissent, 80 % des espèces végétales de notre planète risquent de disparaître, ainsi que 84 % des espèces cultivées.

" Plus de 35 % de nos ressources alimentaires proviennent aujourd'hui des insectes pollinisateurs comme les abeilles. Les protéger c'est aussi assurer notre survie ", déclare Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie qui, avec Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des Transports, s'engage pour que les abords routiers français soient en mesure d'accueillir des insectes pollinisateurs.

Lire notre article " Mort des abeilles, une catastrophe écologique est déclenchée".

250 km de garde-manger

Au printemps 2010, des espèces végétales mellifères, plantes dont les fleurs assurent aux colonies d'abeilles un apport en nectar (dites plantes nectarifères) ou en pollen (pour les plantes pollinifères), voir des deux à la fois, vont être semées sur plus de 250 kilomètres d'accotements routiers pour que les abeilles se nourrissent de nouvelles ressources florales.

Cette expérimentation associe services de l'État et spécialistes de l'apiculture au travers de l'association " réseau biodiversité pour les abeilles ". Elle sera évaluée pendant trois ans : intensité du butinage, composition des pollens, analyse du miel... Divers indicateurs permettront d'évaluer son efficacité, les éventuels problèmes qui se poseront, et la rechercher de solutions face à l'extinction de l'espèce.

" L'objectif est, aux termes de ces trois années, d'étendre ce dispositif à l'ensemble du réseau routier national non concédé (environ 12 000 km) et de mettre les connaissances acquises à disposition des autres gestionnaires de réseaux routiers (sociétés autoroutières, collectivités territoriales) qui souhaiteraient se lancer dans une démarche similaire ", indique le ministère de l'Ecologie.

L'enjeu : notre biodiversité

Les abeilles en sont les gardiennes et la lutte contre leur régression est vitale pour notre agriculture et notre alimentation.

En butinant les fleurs pour en récolter le nectar et le pollen, elles assurent naturellement la pollinisation de nombreuses espèces végétales et permettent ainsi la fécondation nécessaire à la production de fruits et de graines, eux-mêmes essentiels à la survie de très nombreuses espèces animales.

Cette démarche innovante permet ainsi d'introduire des réserves de pollen et de nectar de bonne qualité tout au long de l'année apicole. Cette réserve est indispensables pour améliorer le bol alimentaire des abeilles et contribue au maintien de leurs défenses immunitaires.

Pour Dominique Bussereau " l'objectif est clairement aujourd'hui de réduire les impacts environnementaux des infrastructures routières et de leur faire jouer un rôle positif en matière de biodiversité. Cette démarche complète les actions déjà engagées sur les abords routiers, comme la réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires ou le développement de pratiques de fauchage écologiques respectueuses des cycles de reproduction de la faune et de la flore ".

Lire notre article "Parrainer une ruche pour sauver les abeilles".

 

Emilie Villeneuve