Bioaddict



Shell déverse son pétrole au large des côtes de l'Ecosse

Publié Le 18 Août 2011 à 10h35
 
Au large d'Aberdeen, un oléoduc fuit depuis plus d'une semaine et a déjà déversé 218 tonnes de pétrole dans la mer du Nord. Le groupe Shell tente avec difficulté de colmater les brèches.
Une plateforme pétrolière offshore.

Shell, le pétrolier le plus détesté au monde devant Total et British Petroleum ? On peut se poser la question, car la firme néérlandaise commence à traîner beaucoup de casseroles dans son sillage. On pense d'abord à la catastrophe sanitaire du Nigéria, dont elle a été tenue pour entière responsable par des experts onusiens. La contamination dans le delta du Niger serait telle qu'elle exigerait la plus vaste opération de nettoyage jamais entreprise dans le monde.

En fin de semaine dernière, c'est sa plateforme Gannet Alpha, installée en Mer du Nord, qui a déclenché une nouvelle marée noire. Shell a reconnu lors d'une conférence de presse que la plateforme fuit par deux endroits.

La faune marine déjà touchée

Ce mardi, alors que 218 tonnes d'or noir -soit 1300 barils- s'étaient déjà déversés à 180 km au large de l'Ecosse, Glen Cayley, directeur technique des activités d'exploration-production du groupe Shell Europe, s'est dit optimiste. En effet, la firme considère que l'or noir devrait se disperser sans atteindre les côtes écossaises.

D'après les écologistes, il est possible que les vagues et le vent dispersent l'hydrocarbure en mer mais les oiseaux, les mammifères marins et autres animaux qui vivent  en pleine mer seront inévitablement touchés. Selon le journal Herald Scotland, les premiers oiseaux mazoutés ont d'ailleurs été repérés par les gardes côtiers.

Des chiffres très approximatifs

Mardi, Glen Cayley soutenait encore que seuls 320 litres de pétrole s'écoulent par jour, soit l'équivalent de 2 barils. Hier, un communiqué de Shell revoyait ces estimations à la hausse, estimant que la fuite était de 800 litres, soit 5 barils par jour. L'optimisme de Shell semble avoir viré à l'inquiétude avec la découverte d'une seconde fuite, plus difficile à colmater.

Greenpeace dénonce un "manque inquiétant de transparence de la part de Shell", lui reprochant d'avoir mis deux jours à faire état de la première fuite de pétrole. Il serait temps pour le pétrolier de reconnaître la gravité de cet incident, le pire déversement d'hydrocarbures au large des côtes britanniques depuis plus de dix ans !

Cette nouvelle catastrophe pose une fois encore la question de la fiabilité des installations offshore en Mer du Nord. Après le terrible incident survenu l'année dernière au large de la Louisiane, on ne constate aucune amélioration en termes de normes de sûreté et d'impératifs sécuritaires sur ces plateformes.

Alicia Muñoz