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Total va enfouir du CO2 sous Terre : un projet qui se dit "écolo" mais qui suscite la panique en France


Sommaire
1 - Une technique encouragée par l'Etat français
2 - Une technique qui permettrait de lutter contre le réchauffement climatique
3 - Une "fausse bonne idée" dangereuse pour de nombreuses associations
Publié Le 15 Janvier 2010 à 09h30
 
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Schéma du captage en "oxy-combustion".
Schéma du captage en "oxy-combustion".
Avec un investissement de 60 millions d'euros, l'opération pilote du site Total prévoit de capter et piéger environ 120 000 tonnes de dioxyde de carbone sur les 2 prochaines années. "C'est une quantité de CO2 équivalente à celle rejetée par 40 000 voitures pendant la même période", souligne Total. Une période de trois ans de suivi est prévue à l'issue des deux années d'injection de CO2. La phase industrielle étant l'objectif de Total par la suite.

C'est la technologie du captage du CO2 par oxycombustion, mise au point dans les laboratoires d'Air Liquide, qui a été retenue pour ce pilote.

L'oxycombustion consiste à remplacer l'air dans une chaudière industrielle par de l'oxygène pur. On obtient en sortie de chaudière des fumées moins abondantes mais très concentrées en CO2 (90%). Le CO2 est ensuite acheminé jusqu'au site de stockage géologique de Rousse, à 27 km de l'usine de Lacq, par pipeline, puis injecté à 4 500 mètres de profondeur dans cet ancien gisement de gaz.

Pour le Groupement international des experts sur le climat (GIEC) et l'Agence internationale de l'énergie (AIE), cette technologie pourrait contribuer, à hauteur de 20 %, à la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2050.

"Ainsi, sans cette technique de captage et de stockage du CO2 (CSC), diviser par deux nos émissions de GES d'ici 2050 coûterait environ 70 % de plus, ce qui aurait sans doute pour effet de décourager ou de ralentir les initiatives", a déclaré Valérie Létard lors de l'inauguration du site.

Valérie Létard, qui a souligné l'intérêt écologique du CSC, a également tenu à rappeler que ce nouveau procédé "représente un marché potentiel considérable pour notre pays, avec à la clef, des emplois, de l'activité, de la valeur ajoutée et de la croissance. Un marché qui pourrait s'élever à environ 600 milliards d'euros à l'horizon 2030, essentiellement en raison de la forte demande issue des grands pays émergents".

Mais l'intérêt de cette nouvelle technologie ne serait-il donc pas plus économique qu'écologique ?