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Total va enfouir du CO2 sous Terre : un projet qui se dit "écolo" mais qui suscite la panique en France


Sommaire
1 - Une technique encouragée par l'Etat français
2 - Une technique qui permettrait de lutter contre le réchauffement climatique
3 - Une "fausse bonne idée" dangereuse pour de nombreuses associations
Publié Le 15 Janvier 2010 à 09h30
 

"Cette technique ne constitue pas une solution aux enjeux climatiques mais représente un simple greenwashing de l'image de quelques sociétés pétrolières qui tentent désespérément de faire oublier leur passif environnemental et social ", ont déclaré les associations de défense de l'environnement dans une lettre ouverte à Jean-Louis Borloo, Ministre de l'Ecologie.

Intitulé " False Hope ", un rapport de Greenpeace datant de 2008 démontrait déjà qu'elle constituait " une fausse piste contre les changements climatiques .

De nombreuses associations, dont le CJE (Coteaux de Jurançon Environnement), la FNE (France Nature Environnement), les Amis de la Terre, le RAC (Réseau Action Climat), ou encore le CLER (Comité de Liaison des Energies Renouvelables), s'opposent à cette expérimentation qui présente selon eux de nombreux dangers pour l'environnement.

Elles dénoncent ainsi les risques de fuites pour les riverains et les vignobles "qui risquent, à long terme, d'entrainer une acidification des terrains et des nappes d'eau souterraines dûe à des remontées du CO2 par des micro-fissures dans le sol, notamment dans une zone sismique comme les Pyrénées".

Pour l'association France Nature Environnement, "les tonnes de CO2 enfouies donneront droit à des permis d'émissions supplémentaires, donc à des émissions atmosphériques équivalentes de CO2. Il s'agit donc d'une opération visant plutôt à "verdir" l'image de Total, dont on connaît le passif environnemental. Les sommes phénoménales englouties dans ces recherches seraient plus utiles dans la recherche et le développement des énergies renouvelables ". La FNE propose ainsi sur son site une pétition pour soutenir les associations locales face à ce projet.

La CJE, l'association Coteaux Jurançon Environnement, s'inquiète pour les vignes et les habitants : " A Jurançon, le puits d'injection est situé au milieu des habitations et du vignoble, dans une zone sismique. Le CO2 est transporté par un pipeline enterré à 1.50 mètre seulement, sur 27 km et sans clôture protectrice".

"Ce projet-pilote n'a prévu aucun plan de protection des populations ", s'indigne encore la CJE qui accuse le captage et stockage du CO2 d'être " illégal ". " A Jurançon, le projet s'appuie sur un simple arrêté préfectoral. Les politiques locaux ne veulent pas entendre les inquiétudes des riverains sur le sujet, certains maires ayant préféré signer des partenariats financiers avec Total ", reproche l'association.

Les représentants des vignerons de Jurançon et les riverains ont effectué un recours près du tribunal administratif de Pau contre l'arrêté préfectoral du 13 mai 2009 qui autorise l'expérimentation.

Suite au prochain épisode...

Emilie Villeneuve