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Un séisme sur la côte Est des Etats-Unis provoque l'arrêt d'une centrale nucléaire

Publié Le 24 Août 2011 à 18h30
 
Un séisme d'intensité 5,8 survenu mardi après-midi sur la côte Est des Etats-Unis a entraîné l'arrêt des deux réacteurs d'une centrale située à quelques kilomètres de l'épicentre. Un incident qui relance le débat sur le nucléaire dans le pays de l'Oncle Sam.

Après une série de catastrophes naturelles, une sécheresse sans commune mesure et le défaut de paiement lié à une dette faramineuse, la secousse ressentie hier après-midi sur la côte Est des Etats-Unis donne de nouvelles sueurs froides aux autorités américaines.

" Il s'agit d'un des plus puissants séismes sur la côte Est depuis plusieurs décennies au moins ", a déclaré Lucy Jones, sismologue à l'USGS à l'AFP.

S'il n'a duré que 5 secondes, ce séisme dont l'épicentre se situait à Mineral (Virginie), a été ressenti de l'Etat de Virginie à la ville de Boston et même jusqu'à Toronto, au Canada. A New York, plusieurs bâtiments comme le Palais de justice et l'Hôtel de ville ont été évacués. Le chantier de construction du World Trade Center a dû être interrompu.

Selon un communiqué de la Maison blanche, le séisme "(...) n'a causé pour le moment aucun dégât majeur aux infrastructures". Aucune victime n'a été recensée mais le séisme a cependant provoqué des coupures de courant dans une douzaine de centrales de l'Est du pays. Celles-ci auraient signalé à l'autorité nucléaire américaine (NRC) des "disfonctionnements inhabituels".

12 centrales signalent des disfonctionnements inhabituels

Dans la centrale nucléaire de North Anna, proche de l'épicentre, "Les réacteurs se sont arrêtés automatiquement en raison d'une coupure d'électricité liée au séisme, et ce malgré la mise en route automatique des générateurs diesel de secours", a expliqué à CNN, David Heacock président de la société exploitante.

Heureusement, le responsable a indiqué qu'aucun dégât apparent n'a été constaté, ajoutant que les 250.000 foyers alimentés par la centrale n'avaient pas été affectés par l'arrêt des réacteurs.

Mais en dépit du discours forcément rassurant des exploitants, le récent rapport de la NRC selon lequel les États-Unis ne seraient aujourd'hui pas davantage préparés à une catastrophe nucléaire d'origine sismique que le pays du soleil levant, laisse songeur. Avant de relancer leur programme nucléaire, les Etats-Unis ne devraient-ils pas s'assurer des capacités de résistance des centrales existantes face à un séisme légèrement plus intense que celui du 23 Août ?

Scénario catastrophe

En mai dernier, l'administration  américaine avait effectué une simulation de scénario catastrophe baptisé "National Exercise 11" - qui s'inspirait en fait d'un séisme survenu en 1811. D'une magnitude de 7,7 sur l'échelle de Richter, ce séisme fictif était ressenti dans tous les Etats de la côte des Grands Lacs (Midwest), entraînant la mort de 100 000 Américains et l'évacuation de 7 millions de réfugiés.

Suite à la catastrophe de Fukushima, la chaîne d'information MSNBC News a mené une enquête sur les risques sismiques encourus par les centrales américaines. Se basant sur des données de la NRC, elle a identifié les 10 centrales présentant le plus fort risque d'endommagement du coeur (on remarque la présence de North Anna en 7eme position):

1. Indian Point 3, Buchanan, N.Y. (1/10,000 chance par an)

2. Pilgrim 1, Plymouth, Mass. (1/14,493)

3. Limerick 1 and 2, Limerick, Pa. (1/18,868)

4. Sequoyah 1 and 2, Soddy-Daisy, Tenn. (1/19,608)

5. Beaver Valley 1, Shippingport, Pa. (1/20,833)

6. Saint Lucie 1 and 2, Jensen Beach, Fla. (1/21,739)

7. North Anna 1 and 2, Louisa, Va. (1/22,727)

8. Oconee 1 and 2, Seneca, S.C. (1/23,256)

9. Diablo Canyon 1 and 2, Avila Beach, Calif. (1/23,810)

10. Three Mile Island, Middletown, Pa. (1/25,000)

 

Alicia Muñoz