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Une banque de sperme pour protéger les coraux

Publié Le 30 Janvier 2012 à 16h38
 
Les espèces de coraux souffrent tout particulièrement du réchauffement climatique et de l'acidification des océans. Pour protéger la Grande barrière de corail australienne, des scientifiques ont pris les précautions nécessaires...

Il y a des trésors de la nature qui sont réellement inestimables tant ils rapportent de bénéfices -écologiques, économiques et sociaux - à l'Homme. C'est le cas des coraux, dont le plus somptueux et vaste des récifs se situe au large des côtes Est Australiennes.

Malheureusement, la Grande barrière de corail, classée au Patrimoine mondial de l'Unesco, est grandement menacée par le changement climatique, la pollution aux hydrocarbures, les dragages ou encore les intempéries, notamment les cyclones qui charrient des substances nocives comme les pesticides.

Pour protéger ce haut-lieu de biodiversité, les scientifiques australiens rivalisent d'idées. En effet, tandis que certains essaient de favoriser la croissance de coraux par stimulation électrique (voir vidéo ci-dessus) ou par bouturage, d'autres ont décidé de constituer une précieuse banque de sperme dans l'espoir de conserver le patrimoine génétique de ces espèces animales. Ainsi, quelque 70 milliards de spermatozoïdes et 22 milliards d'embryons de coraux ont été collectés par des chercheurs vant d'être plongés dans l'azote liquide, à -196 degrés Celsius, pour être conservés au zoo de Dubbo, dans l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud.

Les scientifiques espèrent ainsi que cette banque de sperme d'espèces coralliennes permettra de les sauvegarder dans le cas où elles ne survivraient pas aux menaces évoquées ci-dessus.

"Nous savons que la Grande barrière de corail est très, très menacée, en raison de plusieurs phénomènes d'échelle mondiale", explique la responsable du projet, Rebecca Spindler. "Les cinq prochaines années seront cruciales pour préserver la barrière et capturer le maximum de sa diversité génétique", met-elle en garde.

Le sperme et les embryons conservés au zoo de Dubbo pourraient permettre la reconstitution in vitro d'espèces de coraux, qui seraient ensuite réimplantées en milieu naturel pour se reproduire et reconstituer la barrière. Un rêve qui pourrait devenir "réaliste" d'ici quelques années, estime la scientifique.

Olivia Montero