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Une pomme digne du jardin d'Eden découverte au Kazakhstan

Publié Le 18 Janvier 2012 à 17h31
 
Dans le massif kazakh du Tian Shan, près de la frontière chinoise, pousse une variété de pommier née il y a plus de 65 millions d'années qui n'aurait besoin d'aucun pesticide ou traitement chimique pour résister aux maladies... Une trouvaille miraculeuse ?

Malgré les quantités vertigineuses de malbouffe que nous consommons quotidiennement (et rejetons sous forme de gaspillage), malgré la déforestation et la destruction des milieux naturels, tout n'est pas perdu pour Dame Nature. Si les médias s'empressent de parler de pomme d'Adam et Eve miraculeuse, ou de message divin nous venant de Gaïa, il semble que cette variété de pomme est tout simplement la preuve que le retour à la nature est aujourd'hui inévitable. Alors que nous épuisons les ressources naturelles et nous éloignons des espèces originelles à coup de croisements génétiques et de brevets, il est en effet temps de renouer avec les solutions présentes dans la nature, grâce au riche patrimoine génétique présent dans la biodiversité.

Des pommes ultra-résistantes

Car ce sont en effet de précieux " fossiles vivants " de pommes qui ont été retrouvés en 1929 par un biologiste soviétique dans les montagnes de la région d'Almaty (signifie "riche en pommes" en Kazakh). Leur signe distinctif ? Elles peuvent rivaliser sans complexe avec n'importe quelle variété cultivée bien qu'elle soit très anciennes. De leur nom scientifique Malus sieversii, ces grosses pommes de toutes les couleurs et au goût délicieux seraient en effet extrêmement résistantes aux agents pathogènes et aux intempéries. Elles ne nécessiteraient donc aucun traitements pesticides ou compléments nutritifs chimiques. CQFD... A force de chercher la performance et la perfection esthétique par les biotechnologies, on oublie qu'elle existe aussi à l'état naturel.

Autre détail croustillant sur ces pommes : c'est grâce aux ours qu'elles ont pu se péréniser et prospérer de la sorte. En effet, ce sont les ours qui consomment ces fruits et qui en disséminent les pépins dans les montagnes.

Une variété précieuse mais menacée

Les "archéologues" scientifiques de l'association Alma montrent que cet ancêtre de la pomme aurait ainsi enfanté quelque 6 000 variétés de pommes que nous consommons aujourd'hui. Agée de 65 millions d'années, la variété a donc survécu aux dinosaures et à l'homme pendant plusieurs millions d'année, mais elle est aujourd'hui menacée par la déforestation, les pillages et l'urbanisation. 70 % des forêts d'origine ont déjà disparu.

Les chercheurs de l'Alma tirent aujourd'hui la sonnette d'alerte. Si cet ancêtre a un avenir prometteur en raison de sa résistances aux principales maladies qui ravagent les vergers modernes, il pourrait aussi "sauver la santé de nos enfants".

Alicia Muñoz