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Une station de ski indoor peut-elle être écolo ?

Publié Le 12 Janvier 2012 à 19h35
 
Barcelone vient de s'ajouter à la longue liste des villes du monde accueillant des complexes de ski en hangar... Les promoteurs justifient cette folie des grandeurs par l'utilisation d'énergies renouvelables pour produire toute cette neige artificielle. Mais le ski indoor peut-il être qualifié de durable ?
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Intérieur du complexe "Snowzone" à Madrid
Intérieur du complexe "Snowzone" à Madrid

Glisser too schuss sur une belle piste bleue à Barcelone, à quelques kilomètres de la mer Méditerranée et par 36 ° C ? Cela sera bientôt possible, à cause de l'ambition sans limites de la société danoise SnoWorld, qui a voulu faire croire à la municipalité barcelonaise que l'on peut skier en plein désert sans avoir d'impact sur l'environnement... D'après les entrepreneurs du secteur, les stations de ski artificiel (déjà plus d'une trentaine dans le monde), ultra-énergivores, répondent à une demande croissante des skieurs et snowboarders qui veulent s'entrainer aussi bien en été qu'en l'hiver, sans avoir à parcourir des kilomètres. Or, ce dernier argument est plutôt difficile à avaler dans le cas de Barcelone, en raison de sa proximité géographique avec les Pyrénées (les stations les plus proches sont à moins de 2 heures de bus !). 

Mais pour les industriels et professionnels des sports d'hiver, le " ski indoors " comme on l'appelle outre-manche, serait une manière de s'adapter au réchauffement climatique. Il est vrai que les récents hivers doux ont porté préjudice aux stations de basse altitude et que certaines ont déjà dû mettre la clé sous la porte. Mais n'y-a-t-il pas d'autres priorités ? Et d'autres moyens moins exubérants de continuer à chausser les skis ?

Des énergies renouvelables pour un complexe neutre en carbone

Contrairement aux promoteurs de la station indoor Dubaïland, réputée pour la démesure de ses dépenses énergétiques, la société SnoWorld a eu la décence de s'associer avec des architectes spécialisés dans l'efficacité énergétique. Ayant déjà ouvert deux stations de ski indoor aux Pays-Bas, SnoWorld a voulu séduire la ville de Barcelone en proposant de "nouvelles technologies vertes" qui comprennent l'utilisation d'énergies renouvelables de type photovoltaïque et thermique.

En effet, le port de Barcelone reçoit quotidiennement de grandes quantités de gaz naturel liquéfié, qui doit être conservé à très basse température durant son transit. Une fois arrivé à bon port, la ressource doit être réchauffée à l'aide d'eau de mer pour la ramener à son état gazeux. Cette eau de mer usée est généralement rejetée dans le port. SnoWorld propose  de la récupérer afin de l'utiliser comme source d'énergie afin de refroidir son hangar à ski. La société a également évoqué la possibilité de recycler la chaleur générée par les machines réfrigérantes afin de produire de l'eau chaude.

Le projet se veut ainsi neutre en émission de CO2 puisque l'énergie thermique couvrirait 75 % des besoins énergétiques du complexe et que les 25 % restant seraient produits par des panneaux solaires disposés sur la toiture.

Barcelone : future hôte des JO d'hiver ?

Des promesses bien ambitieuses qui ont donc su séduire la municipalité barcelonaise, dans le cadre de la rénovation du quartier industriel de la Marina del Prat Vermell en un quartier éco-responsable.

La construction du SnoWorld de Barcelone ("Barceloneland") devrait débuter en 2015, et serait le premier complexe de ski indoor neutre en carbone. D'après le New York Times, il pourrait bénéficier du soutien financier de la municipalité afin d'accueillir en sus une patinoire de patinage artistique et de hockey, faisant de la métropole catalane, une candidate crédible pour accueillir les JO d'hiver 2022...

Et la logique dans tout ça ? Jusqu'où peut-on aller sous prétexte de vouloir développer les énergies renouvelables ? A-t-on besoin de tels investissements (ndlr : près de 40 millions d'euros seraient nécessaires pour construire un tel complexe de ski balnéaire) ? En cette période de crise, la ville de Barcelone n'a-t-elle pas des projets plus utiles à proposer aux contribuables ?

Pour l'instant, la planète a besoin de vraies solutions. Après, peut-être, nous pourrons rêver.

Célia Garcin