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Vers une Économie responsable : la belle leçon du Brésil

 
Le President brésilien Lula et Oded Grajew

Quant à la corruption, l'Institut Ethos a engagé un bras de fer avec les politiques, et il a obtenu des avancées spectaculaires qui nous laissent rêveurs tant elles nous paraissent impossibles, y compris dans notre pays.

Avec toujours l'appui des syndicats et de la population, il a demandé aux entreprises d'introduire des méthodes de transparence dans leurs relations avec le Gouvernement brésilien dans le cadre des marchés publics et des campagnes électorales, mais aussi avec les clients et les fournisseurs, en exigeant qu'il n'y ait pas d'argent versé illégalement et pas de prises de décisions isolées, mais collectives. Il a également demandé que le soutien politique ne puisse concerner que les hommes et les femmes irréprochables et non condamnés en justice. En appui, une campagne " Pour une classe politique plus éthique " a été lancée et elle a obtenu plus d'un million de signatures. " Et grâce à l'appui des médias, l'impact a été si grand, souligne Oded Grajew, qu'une loi a fini par être votée par le Gouvernement. Et beaucoup d'hommes politiques brésiliens qui avaient pourtant été élus ne peuvent plus sièger ".

Il est enfin un autre exemple confirmant le pouvoir du peuple brésilien. Il y a un an, le Gouvernement ne voulait pas se rendre à Copenhague car il n'avait rien préparé. Mais sous la pression d'Ethos et d'autres ONG, il a dû rédiger en un temps record un règlement demandant aux entreprises brésiliennes de réduire leurs émissions de CO2. Et il s'est finalement déplacé à Copenhague.

Aujourd'hui le Brésil, qui n'est pas encore, loin de là, un modèle de vertu écologique, prépare un plan très ambitieux allant dans le sens d'une économie responsable et juste. Avec des indicateurs précis et concrets portant sur la croissance et d'autres formes de richesses comme la biodiversité, l'éthique, le bien être social....
L'Institut Ethos espère aussi pouvoir créer dès cette année un Centre ou tous les partenaires pourront se rencontrer pour discuter, et proposer des compromis pour un développement soutenable qui permettraient à l'ONU de fournir aux entreprises des consignes et des " Guides lines " pour les mettre en application. L'objectif final étant que les produits des entreprises non respectueuses du " Global impact " ne soient plus achetés.

Bien entendu, Oded Garjew n'a pas obtenu ces résultats sans difficultés. D'énormes pressions s'exercent sur lui et son Institut. Et il a été menacé. Mais le mouvement est lancé . Aujourd'hui Ethos rassemble 1300 entreprises au Brésil représentant 35% du PIB du pays.