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Vincent Bolloré le nouveau chevalier blanc de l'agriculture industrielle ?

Publié Le 2 Avril 2010 à 18h27
 
Vincent Bolloré, l'une des plus grandes fortunes de France, souhaite investir dans l'agriculture, qu'il considère comme un secteur stratégique d'avenir. Et en bon investisseur il prépare déjà le terrain. Mais pas bio.

C'est dans les moments de crise qu'il faut savoir investir.

Vincent Bolloré, toujours à l'affût des bonnes affaires, le sait bien.

L'agriculture étant en crise, " la plus grave de ces trente dernières années " selon Bruno Le Maire, Ministre de l'agriculture, et l'alimentation étant un marché très porteur, l'homme d'affaires a donc commencé à labourer le terrain.

Il s'est rendu au Congrès annuel de la Fédération Nationale Agricole des syndicats d'exploitation agricole (FNSEA) qui vient de se tenir à Auxerre et y a présenté sa stratégie en tenant à peu près ce langage : " Je crois à l'agriculture française. C'est un secteur d'avenir. Et je suis prêt à investir dans des exploitations agricoles " a -t-il ajouté.

Vu la situation de beaucoup d'exploitations il risque, en effet, de faire de bonnes affaires.

Les gardiens de l'écologie

En bon communiquant il sait aussi qu'il faut, pour réussir, savoir se positionner. Alors, pour bien montrer qu'il est des leur, il a pris la défense des agriculteurs, et sans distinguo. "L'image des agriculteurs n'est pas bonne en termes d'écologie alors que ce sont les premiers gardiens de l'écologie", a-t-il affirmé aux participants du Congrès. Pour ceux qui font de l'agriculture biologique ou raisonnée, c'est vrai. Mais pour les autres ?

La faute à Yann Arthus-Bertrand

Par ailleurs, pourquoi l'image de l'agriculture n'est-elle pas bonne? Peut être tout simplement parce que l'agriculture industrielle intensive est très polluante pour l'environnement. Vous n'y êtes pas. " C'est parce que le documentaire "Home" de Yan Arthus Bertrand , avait été trop sévère pour l'agriculture" estime Mr Bolloré. Il aurait pu également citer le film de Nicolas Hulot, "le Syndrome du Titanic", et le dernier film de Coline Serreau, "Solutions locales pour un désordre global"...

Lobbying

Alors, comment va faire Mr Bolloré pour réhabiliter l'agriculture industrielle et rétablir la " vérité "?

Il propose de financer " un film qui montrerait que la réalité est contraire à ce que l'on croit ". Un beau programme... Et comme il est patron de l'agence de communication Havas, nul doute qu'il pourra mettre les moyens intellectuels et financiers pour que le film soit réussi...

Quel dommage que Mr Bolloré n'aie pas choisi d'investir dans l'agriculture bio.

Hervé de Malières