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Énergie éolienne : Jean-Louis Borloo se tourne vers la mer

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Par Bioaddict

En plein débat parlementaire sur la loi Grenelle 2 de l'Environnement, et alors que le développement sur terre des éoliennes soulève de plus en plus d'oppositions de la part des riverains et des associations de défense de l'environnement, Mr Borloo vient d'annoncer sa volonté de développer l'énergie éolienne en mer.

Vers le développement des énergies renouvelables et de l’éolien

Le développement des énergies renouvelables est une priorité pour le Ministre de l’écologie car la France s’est engagée à produire 23% d’électricité d’origine renouvelable d’ici 2020. Or le chemin va être long avant d’en arriver là.

En effet, en 2009, 80% de l’électricité consommée par la France était d’origine nucléaire, et 10% d’origine hydraulique. Les 10% restants ont été fournis par les centrales fonctionnant au fuel, au charbon, ou au gaz. L’apport en énergie du solaire, du photovoltaïque et de l’éolien, ne sont donc encore qu’au stade embryonnaire.

Dans le cadre du Grenelle de l’environnement lancé en juillet 2007, l’objectif fixé pour la production d’énergie éolienne a été d’installer environ 10 000 éoliennes. Mais il n’en existe actuellement que 2 500 environ. Ce qui veut dire qu’il va falloir en implanter au moins 700 nouvelles par an d’ici 2020.

C’est sur terre que le parc éolien s’est pour l’instant développé. Les cinq régions les plus équipées sont la Picardie, la Lorraine, la Bretagne, le Centre, et la Champagne- Ardenne. Elles concentrent 55% du parc installé.

Mais aujourd’hui beaucoup d’opposants se lèvent, non pas contre l’énergie éolienne, considérée par tous comme une évolution indispensable, et une chance pour la sauvegarde de la planète, mais contre l’implantation anarchique des éoliennes qui, selon eux, défigurent les paysages et créent du  » stress « , du fait de leur taille imposante à proximité des villages, du bruit de fond généré par le mouvement des pales, et de la lumière émise sous forme de flash réguliers, comme dans les aéroports, pour signaler leur présence.

Eviter les nuisances des éoliennes terrestres

Ces nuisances ont été analysées par des Parlementaires qui préconisent finalement dans un rapport, présenté fin mars par Mr Ollier:

1) que les schémas régionaux d’implantation des éoliennes soient opposables, et ne puissent donc pas être imposés aux populations,

2) qu’une garantie de démantèlement soit établie afin de pouvoir supprimer les parcs d’éoliennes qui n’auraient pas respecté la règlementation,

3) que les éoliennnes de plus de 50 mètres de hauteur soient soumises au régime des installations classées au même titre que des sites industriels présentant des risques,

4) que les éoliennes ne soient pas dispersées, mais concentrées dans des parcs d’une puissance minimale de 15mégawatts,

5) et qu’enfin une distance minimale de 500 mètres soit respectée entre les éoliennes et les habitations.

Ces préconisations ne sont que des mesures de bon sens et on se demande pourquoi elles n’ont pas été mises en applications dès le début du développement de l’implantation des éoliennes.

Le développement de l’énergie éolienne ne peut pas se faire contre les populations locales concernées, même si c’est au nom de l’intérêt général. Mais, il est clair que si elles sont retenues elles vont compliquer et retarder l’implantation des éoliennes terrestres.

Loin des yeux, loin des contestations…

Le développement de l’éolien en mer est donc une voie de développement que Jean-Louis Borloo a décidé d’accélérer. Et il a d’autres bonnes raisons de la faire. La France dispose en effet du 2ème gisement naturel d’Europe derrière la Grande Bretagne alors qu’elle n’occupe que la 4ème place en termes d’évolution annuelle et de parc installé derrière l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie. Et il n’y a aucun parc installé sur le littoral français.

Par ailleurs les éoliennes installées au large, loin des yeux et des habitations, soulèveront, a priori, moins de contestations…

Pour Jean-Louis Borloo, l’enjeu de l’éolien maritime pour la France est double:  » il s’agit de respecter les engagements du Grenelle de l’environnement et du paquet  » énergie-climat  » adopté sous la présidence française de l’Union européenne, mais aussi de conquérir une position de champion dans la future industrie des énergies marines et permettre ainsi la création d’un nombre important d’emplois pérennes. Le  » programme de développement de l’éolien en mer du Grenelle de l’environnement  » illustre ainsi la  » croissance verte  » dans laquelle notre pays s’est engagé « .

Ce programme va se décliner autour des trois axes :

1° Une planification concertée de l’implantation des éoliennes

Le ministre chargé de l’énergie avait demandé en 2009 aux préfets des régions Bretagne, Pays de la Loire, Haute-Normandie, Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d’Azur de mettre en place, pour chaque façade maritime, une instance de concertation et de planification, rassemblant l’ensemble des parties prenantes. Le recensement des contraintes techniques, réglementaires et environnementales est désormais achevé, et les préfets finaliseront la concertation d’ici l’été 2010.

Nous connaitrons dans les toutes prochaines semaines la sélection d’une dizaine de  » zones propices  » dans lesquelles l’éolien en mer pourra être développé.

2° Un cadre réglementaire simplifié

Le projet de loi en cours d’examen à l’Assemblée nationale prévoit aussi la simplification des procédures administratives et un raccordement optimisé au réseau électrique pour les éoliennes en mer situées dans les zones propices.

3° Faire émerger une nouvelle industrie  » verte  » créatrice d’emplois

En septembre 2010 une première série d’appels d’offres visant l’implantation de 3 000 MW dans les zones propices sera lancée. Les projets seront sélectionnés à l’été 2011 sur la base du prix d’achat de l’électricité proposé et du délai de mise en service des installations.

Les candidats devront exposer leur projet industriel : contribution au développement de l’industrie dans l’éolien en mer, mobilisation du tissu industriel et des infrastructures locales et création d’emplois.

Ce dispositif sera prolongé jusqu’à l’atteinte de l’objectif de 6000 MW, offrant ainsi une visibilité de long terme permettant l’ancrage solide d’emplois industriels. Le ciblage des appels d’offres dans des zones définies à l’issue d’une concertation préalable permettra, selon Jean louis Borloo,  » de conduire un développement ordonné de l’éolien en mer et de garantir aux projets la meilleure acceptabilité socio-économique « .

 » Concertation « , prise en compte de l’  » acceptabilité socio-économique « , voilà un langage qui fait plaisir à entendre.

José Vieira

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