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Publié Le 19 Mars 2016 à 10h32
 

Alerte pollution sur la région parisienne le samedi 19 mars

Airparif prévoit pour le samedi 19 mars un nouvel épisode de pollution atmosphérique aux particules (PM10) entraînant la mise en place de la procédure d'information du public.

L'arrivée du printemps coïncide cette année encore avec une forte dégradation de la qualité de l'air. En cause : la circulation automobile, le chauffage, l'industrie... et l'agriculture.

À la sortie de l'hiver et durant le printemps, les éleveurs épandent massivement les lisiers issus des élevages de porcs et de vaches laitières. Ils se sont accumulés pendant l'hiver, et les premiers beaux jours sont l'occasion de vider les cuves et de fertiliser prairies et cultures. C'est également la période où les agriculteurs du Bassin parisien, de l'Artois-Picardie ou d'Aquitaine commencent à épandre de l'azote de synthèse (ammonitrate - un fertilisant chimique formé d'ammoniac et de nitrate - et urée) pour fertiliser leurs céréales.

Lorsque les masses d'air circulent lentement et qu'il fait soleil, l'ammoniac se concentre progressivement dans l'atmosphère et inéluctablement, va survoler nos grandes agglomérations, déjà saturées en particules fines et en NOx (oxydes d'azote), dont le diesel est le champion toutes catégories. Il se créé alors un pic de pollution.

" Lors de ces pics de pollution, on observe une part importante de particules "secondaires" qui sont le résultat d'une réaction chimique entre les oxydes d'azote émis par le trafic routier et l'ammoniac issu de l'épandage de fertilisants sur les terres agricoles ", explique Karine Léger, ingénieure d'Airparif, qui surveille la qualité de l'air en Ile-de-France. La combinaison chimique de ces deux produits donne du nitrate d'ammonium, une particule très fine qui pénètre dans les poumons.

"Il est possible de réduire cette pollution de l'air en changeant d'agriculture. La suppression des engrais azotés de synthèse est parfaitement possible, comme les agriculteurs biologiques en font la preuve par milliers" commente Jacques Caplat, auteur du livre "Changeons d'agriculture, Réussir la transition" (Ed. Actes Sud)

Quels sont les risques pour la santé ?

Le mariage des deux pollutions peut entraîner des toux et maux de gorge soudains, parfois suivis d'une bonne bronchite.

En cas de pic de pollution, les symptômes que vous pouvez ressentir sont : fatigue inhabituelle, mal de gorge, maux de tête, toux, essoufflement, palpitations.

Les particules peuvent provoquer de l'asthme, des allergies, des maladies respiratoires ou cardiovasculaires, et les plus fines d'entre elles (PM 2.5, moins de 2,5 micromètres), qui pénètrent les ramifications les plus profondes des voies respiratoires et le sang, ont été classées "cancérogènes certains" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Que faire pour se protéger ?

- Evitez les activités physiques et sportives à l'extérieur (jogging, vélos, marche active...) afin d'éviter d'ouvrir vos bronches et de trop vous exposer à la pollution.

- Eviter de sortir en début de matinée et en fin de journée aux abords des grands axes routiers

- Evitez de prendre votre voiture : l'habitacle d'un véhicule est l'endroit où l'on respire le plus de particules, deux fois plus qu'un piéton en moyenne. Si on est contraint de le faire, il vaut mieux éviter d'ouvrir sa fenêtre.

- Lavez vos yeux et votre nez avec du sérum physiologique.

- Evitez les travaux domestiques car la peinture et les solvants vont aggraver les réactions du corps face à la pollution.

- Evitez les sorties à l'extérieur avec vos enfants. Evitez de promener les bébés dans les poussettes et d'emmener vos enfants au parc. Les particules fines s'accumulent en effet au sol.

- Aérez votre habitat plutôt le matin tôt et le soir tard.

- Evitez de fumer pour ne pas cumuler les polluants et aggraver les réactions.

A savoir : La Mairie de Paris a annoncé que le stationnement résidentiel est gratuit toute la journée ce 18 mars afin d'inciter les habitants à ne pas utiliser leur véhicule. Elle appelle également tous les Parisiens à suivre les messages de préventions et à adapter leurs comportements, en empruntant prioritairement les réseaux de transport en commun, le covoiturage ou l'utilisation de véhicules peu polluants : électrique, GNL, etc.



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