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La croissance verte est en marche

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Par Bioaddict

Le CGDD, Commissariat général au développement durable, a publié le rapport d'une étude qui évalue l'état des lieux, les perspectives de développement, les ambitions et les priorités d'action pour 18 filières industrielles stratégiques de la croissance dite " verte ". Le but étant de constituer le " socle d'une politique industrielle verte ambitieuse visant à placer la France parmi les économies vertes les plus compétitives au cours des dix prochaines années ".

18 filières industrielles stratégiques de l’économie verte passées à la loupe

Dans son étude de juin 2009 consacrée au Bilan économique du Grenelle de l’Environnement, le Boston Consulting Group a procédé à une évaluation des impacts économiques du Grenelle de l’Environnement. Selon le cabinet de conseil, les 15 grands programmes du Grenelle participent à la relance de l’économie et permettraient la création de plus de 600 000 emplois en moyenne entre 2009 et 2020.

Toutefois le BCG conclut son analyse en soulignant que ces résultats ne pourront être atteints que si la France relève les grands défis technologiques liés au développement des nouvelles technologies de l’environnement et met en place une politique industrielle centrée sur des filières stratégiques contribuant à une croissance verte « , note le Commissariat général au développement durable dans son rapport.

C’est dans ce contexte que celui-ci s’est penché sur 18 filières industrielles stratégiques de la croissance verte afin d’identifier les filières qui doivent prioritairement être développées et de proposer une stratégie industrielle  » pertinente  » qui permette de  » maximiser  » l’impact de chaque filière dans la croissance verte française.

Le rapport du CGDD identifie pour chacunes d’entre elle des objectifs de développement à moyen et long termes et des priorités d’action.

 » Sans développement de ces filières, nous risquons non seulement de sortir moins vite de la crise, mais surtout de perdre définitivement notre place sur la scène économique mondiale « , souligne le CGDD.

Ces filières peuvent être classées en trois groupes :

Les filières dont le développement est nécessaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le domaine de l’énergie: énergies renouvelables: biomasse énergie, biocarburants, énergies marines, éolien, photovoltaïque, géothermie ; captage, stockage et valorisation du CO2.

Les filières qui participent à la lutte contre le changement climatique car elles réduisent notamment les besoins d’énergie ou améliorent sa gestion : bâtiment à faible impact environnemental ; véhicule décarboné ; logistique et gestion de flux ; réseaux énergétiques intelligents (smart grids) ; stockage de l’énergie/ batterie

Des filières, sans lien direct avec l’énergie ou très transversales, qui sont des composantes efficaces de l’action pour réduire les consommations de ressources naturelles et de matières premières : recyclage et valorisation des déchets, chimie verte, métrologie-instrumentation, optimisation des procédés industriels, eau et assainissement.

Pour Jean-Louis Borloo, « la mobilisation de tous les acteurs français et l’accélération des politiques de développement des filières vertes sont des conditions essentielles pour que la France tire profit de la mutation profonde des systèmes économiques ».

 » Préciser les atouts dont dispose la France dans la compétition verte mondiale « 

Le rapport du Commissariat général au développement durable a été diffusé, sous la forme d’un  » document de concertation « , afin de permettre aux différents acteurs concernés d’en discuter le contenu et les pistes de priorités dégagées.

Ces travaux ont ainsi été enrichis, précisés et consolidés par plus de 400 contributions d’entreprises, d’organisations professionnelles, d’organismes de recherche, d’associations et de particuliers dans le cadre de la consultation publique organisée de novembre 2009 à la fin du mois de janvier 2010.

 » Les 18 filières identifiées (y compris la filière de gestion et traitement de l’eau), portent toutes des enjeux importants en termes de potentiels de développement de marché comme d’évolutions technologiques « , souligne le Commissariat général au développement durable.

En résumé, les analyses et concertations menées conduisent à :

– distinguer 7 filières prioritaires en termes de politique industrielle, compte tenu du rôle que la France pourrait y jouer et de l’intérêt qu’elle en retirerait en terme de développement économique : véhicules décarbonés, énergies marines, biocarburants de 2ème et 3ème générations, éolien off-shore, bâtiment à faible impact environnemental, captage, stockage et valorisation de CO2, recyclage et valorisation des déchets.

– retenir 4 filières dans lesquelles la France a des atouts majeurs  » mais dont le potentiel de croissance du marché est probablement un peu moindre  » : métrologie (applications satellitaires et terrestres), eau et assainissement géothermie profonde (filière en décollage), biomasse énergie.

– proposer de mener une politique industrielle  » offensive  » dans 5 secteurs en forte croissance : batteries embarquées, chimie verte, biomasse matériaux, photovoltaïque, smart grids.

 » Cette phase de consultation et de concertation a ainsi permis de préciser les atouts dont dispose la France dans la compétition verte mondiale, les objectifs de développement envisageables et les priorités d’action « , précise le CGDD qui souhaite dans une seconde phase, élargir et compléter l’analyse sur d’autres filières telles que l’hydrogène, le solaire à concentration, les travaux publics de nouvelle génération.

Le Ministère du développement durable proposera un cadre de concertation pour poursuivre et préciser la démarche engagée. Une équipe de chargés de mission a donc été mise en place pour que soient précisées d’ici le mois de juin, les priorités opérationelles identifiées, qui fonderont des plans d’action spécifiques à la rentrée.

Lire le rapport complet « Les filières industrielles stratégiques de l’économie verte » du Commissariat général au développment durable.

Emilie Villeneuve

Info+

"D'ores et déjà, les travaux menés ont contribué à préciser les orientations et priorités retenues au titre du Grand Emprunt. La sélection récente des projets des pôles de compétitivité confirme la place croissante de ces filières et technologies dans les stratégies de développement des acteurs de la recherche et des entreprises", souligne le Minsitère du développement durable.

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