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Plus un seul poisson dans les océans en 2050 ?

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Par Bioaddict

"Si le secteur de la pêche n'amorce pas une importante restructuration, les poissons pourraient disparaître des océans d'ici 40 ans", alertent des experts de l'ONU.

Des océans qui risquent d’être totalement dépeuplés en 40 ans

Les océans pourraient être vidés de tous leurs poissons d’ici 2050, ont mis en garde hier des experts de l’ONU.

Le monde « épuise le capital » dont il a besoin, a déclaré le directeur du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), Achim Steiner.  » Les stocks de poissons sont actuellement pillés ou exploités à un rythme insoutenable à travers le monde. Il s’agit d’un échec majeur de la gestion de nos ressources, cet échec prendra des proportions monumentales si il n’est pas pris en compte rapidement. »

La catastrophe peut être néanmoins évitée, selon le rapport  » Green Economy  » sur l’économie verte présenté ce lundi 17 mai à New-York et que le Programme des Nations unies pour l’environnement et divers experts doivent rendre public dans le courant de l’année.

Comment ? En taillant dans les subventions aux flottes de pêche, qui doivent être plus petites, et en créant des zones protégées : les poissons femelles pourraient ainsi atteindre la taille adulte, augmentant leur fertilité. A terme, cela pourrait aboutir à une industrie de la pêche prospère.

Pour Pavan Sukhdev, directeur de l’initiative pour une économie verte du Pnue, « les solutions sont sous la main, mais la volonté politique et une économie ordonée sont nécessaires ».

« Nos institutions, nos gouvernements sont parfaitement capables de changer de voie, juge Achim Steiner, le secrétaire adjoint de l’ONU et le directeur exécutif du PNUE. La vie et les moyens de subsistance de plus d’un demi-milliard de personnes sont liées à la santé de cette industrie et dépendront de la difficile mais inévitable transformation du secteur, ainsi que des choix que les gouvernements font aujourd’hui et au cours des années à venir ».

Une catastrophe qui dépasse le problème écologique

La chute des réserves de poissons de la planète n’est pas seulement un problème écologique. C’est aussi une question de subsistance pour un milliard de personnes, originaires la plupart de pays en développement, et dont le poisson constitue la seule source de protéines.

Le rapport  » Green Economy  » estime que 35 millions de personnes vivent de la pêche dans le monde et que 170 millions d’emplois en dépendent de manière directe ou indirecte. En tout, ce sont 520 millions de personnes qui sont financièrement liées au secteur de la pêche.

30 % des réserves halieutiques ont déjà disparu et l’ensemble des activités de pêche risque de ne plus être rentable d’ici 2050 d’après l’ONU.

Il faut donc mettre en place le plus rapidement possible des mesures sévères et drastiques pour éviter les subventions des gouvernements à des flottes toujours plus grosses pour des prises toujours plus maigres, ne laissant pas le temps aux ressources de se reconstituer.

Les capacités des flottes de pêche sont « 50 à 60 % » supérieures à ce qu’elles devraient être, selon Pavan Sukhdev, directeur de l’Initiative pour une économie verte du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

La nécessité de réformer et de recentrer la gestion des pêcheries

Un investissement moyen de 8 milliards de dollars par an dans la reconstruction et l’écologisation de la pêche mondiale pourrait faire engendrer des captures de poissons équivalente à 112 millions de tonnes par an, tout en rapportant un montant total de 1,7 milliards de dollars pour l’industrie, les consommateurs et l’économie mondiale, et ce au cours des 40 prochaines années, conclue le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).

 » L’investissement, dont une partie peut être couverte par la réduction progressive ou la suppression graduelle des quelques 27 milliards de dollars de subventions alloués chaque année à la pêche traditionnelle, est nécessaire pour réduire de manière drastique la capacité actuelle excessive du secteur de la pêche mondiale et la surexploitation des ressources qu’elle entraine, tout en aiguillant les travailleurs vers des moyens de subsistance alternatifs « , note le PNUE.

Le financement permettrait aussi de réformer et de recentrer la gestion des pêcheries, par exemple à travers des politiques telles que les quotas négociables et la création d’aires marines protégées. Les stocks pourraient ainsi récupérer et se redévelopper au lieu d’être épuisés.

Ces mesures  » permettraient non seulement de générer d’importantes retombées économiques mais également environnementales. Elles devraient également aider à lutter contre la pauvreté en sécurisant une des sources principales de protéines pour près d’un milliard de personnes « , assure le PNUE.

Emilie Villeneuve

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Info+

Le rapport final " Green Economy ", qui couvrira un total de 11 secteurs allant de l'agriculture et de la gestion des déchets dans les villes au tourisme, sera publié fin 2010. L'aperçu lancé le 17 mai 2010 au cours de la réunion du Comité préparatoire au Sommet Rio +20 qui aura lieu au Brésil, en 2012, couvre les secteurs de la pêche maritime, de la distribution de l'eau et des transports.


" L'aperçu du rapport " Green Economy " offre un moyen d'optimiser les résultats économiques, sociaux et environnementaux potentiels issus de la reconstruction, de la réforme et de la protection de la pêche pour les générations actuelles et futures. Les différents scénarios reconnaissent le fait que des millions de pêcheurs auront besoin de soutien au niveau de leur formation professionnelle et que les flottes de bateaux de pêche doivent être drastiquement réduite. Ceci doit être mis en balance avec une augmentation probables des stocks et donc des captures, une remontée globale des revenus pour les communautés côtières et les entreprises, et enfin une amélioration de la santé du milieu marin, ce qui profitera à des centaines de millions de personnes dont les revenus et les moyens de subsistance sont directement liés à la pêche ", a déclaré hier Achim Steiner, le secrétaire adjoint de l'ONU.

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