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Protection de l’environnement : un Atlas de la biodiversité s’installe dans les communes

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Par Bioaddict

La France, avec ses territoires de métropole et d'outre-mer, renferme une grande biodiversité. Seulement, on est loin de la connaître entièrement. C'est pourquoi le ministère du Développement durable propose à des communes volontaires de mettre en place "l'atlas de la biodiversité dans les communes" (ABC) pour mieux connaître, protéger et valoriser leur biodiversité.

Chantal Jouanno lance l’Atlas national de la biodiversité pour les communes

2010, l’Année internationale de la biodiversité, est l’occasion d’aller au-delà de la prise de conscience et d’agir concrètement en faveur de la biodiversité.

Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, a, le 3 mai dernier à Combs-la-Ville (77), lancé l’Atlas national de la biodiversité pour les communes avec Marc-Phillipe Daubresse, ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives et Martin Hirsch, président de la future agence du Service Civique.

Un atlas de la biodiversité dans une commune, pour quoi faire ?

La connaissance de la biodiversité locale étant essentielle pour aménager un territoire et organiser des politiques publiques durables, le ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer, propose ainsi aux communes volontaires de réaliser l’atlas de la biodiversité dans les communes (ABC) afin de les aider à connaître, protéger et valoriser leur biodiversité.

À partir d’un inventaire précis et cartographié des habitats, de la faune et de la flore, l’atlas, élaboré avec l’appui d’une équipe d’experts pluridisciplinaires, a pour objectif :

– de sensibiliser et mobiliser durablement les élus locaux, les acteurs socio-économiques, les scolaires, les associatifs et les citoyens à la préservation de la biodiversité.
– de mieux connaître la biodiversité sur le territoire d’une commune et identifier ses enjeux spécifiques.
– de faciliter la mise en place de politiques communales qui prennent en compte la biodiversité.
– de fournir des informations relatives à la biodiversité qui éclaireront les choix de politique publique nationale.

Le Service Civique à l’aide de la biodiversité

 » Dans ce cadre, le ministère de la Jeunesse et des Solidarités actives souhaite que le service civique et les jeunes (de 16 à 25 ans) qui s’y engageront puissent constituer à la fois un outil et un atout pour appuyer cette initiative, et sensibiliser la population et les acteurs locaux à la biodiversité. Chaque commune pourra ainsi accueillir un ou deux jeunes en service civique afin de les aider dans la constitution des atlas (sur une période de 6 à 12 mois) « , précise le ministère de l’Ecologie.

Sept communes testent actuellement ce dispositif : Combs-la-ville (Seine-et-Marne), Pommeuse (Seine-et-Marne), Féricy (Seine-et-Marne), Haubourdin (Nord), Bavent (Calvados), Douvres-la-Délivrande (Calvados) et La-Plaine-des-Palmistes (La Réunion).

L’Etat se fixe comme objectif la participation d’au moins 1000 communes en 3 ans et 260 dès cette année.

La biodiversité des 7 communes  » tests  » qui s’engagent dans l’Atlas

Bavent, commune située en Basse-Normandie

Sur la commune de Bavent, l’inventaire national du patrimoine naturel recense 21 espèces animales, dans les 5 grands groupes : oiseaux, mammifères, reptiles, amphibien et oiseaux. Quatre oiseaux sont pris en compte dans la directive Natura 2000, qui a fait l’objet de la mise en place d’un réseau de sites pour la conservation d’espèces menacées à l’échelle de toute l’Union européenne : la cigogne blanche, le canard colvert, la bécassine des marais et la bécasse des bois. Ces oiseaux migrateurs dépendent pour leur survie et leur reproduction non seulement de la présence d’habitats naturels favorables dans le nord de la France, mais aussi sur l’ensemble de leur route de migration.

Or la bécassine des marais est une espèce en danger critique d’extinction, selon les catégories et critères de l’UICN (liste rouge des oiseaux nicheurs de la France métropolitaine, 2008).

Combs-la-ville, commune située en Seine et Marne

Combs-la-ville abrite des espèces protégées, comme l’écureuil roux, le brochet et l’orvet. Mais la biodiversité, c’est aussi toutes les espèces végétales et animales présentes sur le territoire de la commune, la diversité génétique de ces espèces et la diversité des milieux naturels qu’elles occupent. Ainsi, plus de 100 espèces sont recensées sur le territoire communal.

Douvres la Délivrande, commune de Basse Normandie

Elle abrite des espèces protégées comme le hérisson d’Europe, la fouine, l’hermine, la belette d’Europe et le renard roux. Seules 11 espèces animales sont recensées sur le site de l’Inventaire national du Patrimoine naturel (8 mammifères et 3 insectes),  » ce qui témoigne ‘un grand besoin de compléter ces connaissances très lacunaires « , note le ministère de l’Ecologie .

Féricy, commune située en Seine et Marne

Epervier d’Europe, pipistrelle commune, sanglier, chevreuil…Voici les espèces que recueille cette commune. La pipistrelle est inscrite à l’annexe 4 de la directive européenne Natura 2000 concernant les oiseaux (cette annexe énumère les espèces animales et végétales qui nécessitent une protection particulièrement stricte). Parmi les poissons d’eau douce, le brochet, le chevaine, la tanche ou bien encore la vandoise, évoluent dans les cours d’eau de la commune.
Le rossolis à feuilles rondes (ou drosera à feuilles rondes) est une petite plante carnivore caractéristique de certaines tourbières et protégée en France. Par ailleurs, trois espèces d’orchidées protégées quant à leur commerce sont présentes sur la commune de Féricy (la listère ovale, la néottie nid d’oiseau et l’orchis pourpre).

Haubourdin, commune du Nord-Pas-de-Calais

L’inventaire national du patrimoine naturel recense sur la commune d’Haubourdin 8 espèces différentes de gastéropodes. Les informations sont donc très partielles. Non pas que la biodiversité y soit pauvre, mais plutôt que les informations ne sont pas collectées ou pas disponibles dans des bases de données facilement accessibles par le grand public.

La Plaine des Palmistes, commune située à la Réunion

La Réunion possède un nombre d’espèces endémiques très important et une diversité de milieux naturels exceptionnelle. La forêt de Bélouve par exemple comprend une tamarinaie cultivée depuis 1950 et de nombreuses plantes endémiques. Sur les troncs des tamarins vivent de nombreuses plantes épiphytes (végétaux poussant sur d’autres végétaux sans en être des parasites), dont une grande quantité d’orchidées.

Pommeuse, commune située en Seine et Marne

Pas moins de 77 espèces d’oiseaux ont été répertoriées sur le territoire communal ainsi que sept espèces de mammifères, et plus de 360 espèces végétales. Pommeuse abrite également des espèces protégées comme la lamproie de Planer, qui est sur la liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (2009), et l’épipactis pourpre, qui est une petite orchidée inscrite à l’annexe B de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).
Le long de certains cours d’eau, des espèces exotiques envahissantes peuvent être présentes, c’est le cas du solidage glabre et de la balsamine géante.

France Nature Environnement (FNE), la ligue ROC pour la préservation de la faune sauvage et la défense des non-chasseurs, et la LPO, la ligue pour la protection des oiseaux, se félicitent de cet Atlas pour la biodiversité en souhaitant qu’à l’horizon 2017 les 36 000 communes en soient pourvues.

Emilie Villeneuve

Info+

La biodiversité est le tissu vivant de notre planète, résultat de la longue histoire de la Terre et de l'évolution du monde vivant qui s'étale sur plusieurs milliards d'années. Plus précisément, la biodiversité recouvre l'ensemble des milieux naturels et des formes de vie (plantes, animaux y compris l'homme, champignons, bactéries, virus...) ainsi que toutes les relations et interactions qui existent, d'une part, entre les organismes vivants eux-mêmes, d'autre part, entre ces organismes et leurs milieux de vie.

Pour Bruno Genty, Président de FNE, " Ces atlas, et c'est tout leur intérêt, sont plus que des inventaires de la faune et de la flore, ils vont permettre de cartographier les enjeux du territoire communal en matière de biodiversité et de services rendus par cette biodiversité à la collectivité ".

Allain Bougrain-Dubourg Président de la LPO souligne "Ces atlas vont permettre de faire le lien entre biodiversité et activités humaines, ils vont aussi contribuer à la mobilisation des habitants puisqu'ils y seront associés ", souligne Allain Bougrain-Dubourg, le président de la LPO, Ligue protectrice pour les oiseaux.

Christophe Aubel, directeur de la Ligue ROC, renchérit : "Nous sommes convaincus de l'appropriation de cet outil par les élus car les Atlas vont valoriser les richesses naturelles communales et ils seront un excellent outil d'aide à la décision ".

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