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Réchauffement climatique : pluie de records de chaleur en 2009

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Par Bioaddict

Malgré les apparences l'année 2009 aura été l'une des plus chaudes depuis qu'ont débuté les relevés météo en 1850.

Tous les pays sont touchés

Selon l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et l’Institution des Nations Unies (ONU) spécialisée sur le comportement de l’atmosphère terrestre, la décennie 2000-2009 a été plus chaude que la précédente (1990-1999), laquelle était déjà plus chaude que la décennie 1980-1989.

Des températures supérieures à la normale ont été relevées un peu partout dans le monde. Seule l’Amérique du Nord a connu des températures inférieures à la moyenne. 2009 a aussi été l’année la plus chaude de l’histoire dans de vastes régions d’Asie méridionale et d’Afrique centrale.
Des extrêmes climatiques, notamment des crues dévastatrices, de graves sécheresses, des blizzards et des vagues de froid ou de chaleur, ont été relevés dans de nombreuses régions du monde.

Les épisodes de chaleur extrême ont été plus fréquents et plus intenses dans le sud de l’Amérique du Sud, en Australie et en Asie méridionale.
La banquise de l’Arctique, durant la saison de la fonte des glaces, se place au troisième rang des moins étendues après 2008, classée au deuxième rang et 2007, l’année record.

La Chine a connu sa troisième année la plus chaude depuis 1951. De fortes chaleurs se sont abattues en juin sur le nord, où les maxima journaliers ont dépassé 40°C. Des records de chaleur absolus ont même été pulvérisés durant l’été à certains endroits.

L’Espagne a connu son troisième été le plus chaud, après ceux de 2003 et de 2005, et l’Italie a été frappée en juillet par une forte vague de chaleur caractérisée par des températures supérieures à 40°C, atteignant par endroits 45°C.

Une vague de chaleur s’est également abattue au début du mois de juillet sur le Royaume-Uni, la France, la Belgique et l’Allemagne, et certaines stations d’observation norvégiennes ont enregistré de nouveaux records de chaleur.

Une vague de chaleur extrême a sévi en Inde durant le mois de mai, provoquant la mort de 150 personnes.

À la fin du mois de juillet, de nombreuses villes canadiennes ont connu les températures les plus élevées de leur histoire. Des records de chaleur ont été battus notamment à Vancouver et à Victoria, où le thermomètre a atteint respectivement 34,4 et 35°C, tandis qu’en Alaska, le mois de juillet se plaçait au deuxième rang des plus chauds qu’ait connus cet État.

2009 se place au troisième rang des années les plus chaudes qu’ait connues l’Australie. L’État de Victoria a enregistré un record de chaleur absolu (48,8°C).

De graves sécheresses partout dans le monde

La Chine a connu la pire sécheresse des 50 dernières années.

En Inde, la faiblesse de la mousson s’est traduite par une grave sécheresse qui a sévi dans 40% des districts

En Afrique de l’Est, la sécheresse a entraîné des pénuries alimentaires massives.

Au Kenya, elle a eu de graves conséquences pour le bétail, et la production de maïs a diminué de 40%.

Le Mexique a connu en septembre une sécheresse « grave à exceptionnelle », tandis qu’aux États-Unis d’Amérique, ce sont surtout les régions de l’ouest qui ont souffert de la « sécheresse modérée à exceptionnelle » qui sévissait à la fin du mois d’octobre.

Dans le centre de l’Argentine, la sécheresse a eu des conséquences très graves pour l’agriculture, l’élevage et les ressources en eau. Combinée à des températures très élevées, elle a atteint son pic à la fin du mois d’octobre.

En Australie, dans les grandes régions agricoles du bassin du Murray-Darling et du sud-ouest de l’Australie-Occidentale, la pluviosité a été généralement inférieure à la normale. Cela fait maintenant neuf ans que la sécheresse sévit dans le bassin du Murray-Darling.

Recul spectaculaire de la Banquise de l’Arctique

L’étendue de la banquise de l’Arctique accuse depuis au moins 30 ans un recul spectaculaire, qui atteint son paroxysme en été, pendant la saison de la fonte des glaces.

En 2009, la superficie minimale était de 5,1 millions de km2 contre 4,3 millions de km2 en 2007, année record, et 4,67millions de km2 en 2008, ce qui classe la banquise de l’Arctique cette année au troisième rang des moins étendues depuis le début des observations par satellite, en 1979.

Pas de quoi s’affoler ?

Comment expliquer le réchauffement actuellement enregistré ? Ce réchauffement est-il anormal ? L’anomalie positive de +0,11°C est-elle suffisamment élevée pour être significative ? Le recul dans le temps est-il suffisant pour affirmer que le réchauffement est réellement enclenché ? Peut-on comparer les relevés effectués il y a des décennies avec des instruments moins perfectionnés et avec les relevés d’aujourd’hui ? Des pics élevés de températures et des phénomènes climatiques extrêmes ont déjà été enregistrés dans le passé.

Même si nous vivons un moment ou il est de bon ton de douter de la Science, ou des scientifiques, et parfois avec de bons arguments, la fiabilité de ces informations ne peut être mise en doute. Elles reposent en effet sur les observations climatologiques réelles, objectives, indiscutables, effectuées par des réseaux de stations météorologiques et climatologiques terrestres, de navires et de bouées ainsi que par des satellites. Et la synthèse de ces informations a été réalisée par l’Organisation Météorologique Mondiale, l’organisme des Nations Unies qui fait autorité pour les questions relatives au temps, au climat et à l’eau.

Oui, les manipulations sont toujours possibles. Mais pouvons-nous raisonnablement penser, vu l’énormité potentielle des risques liés au réchauffement climatique, pour l’avenir de la planète et de l’humanité, que des Gouvernements, des Institutions officielles, et la communauté scientifique regroupant la grande majorité des chercheurs du plus haut niveau, s’amusent à vouloir affoler les populations pour rien ? Ou pour privilégier des intérêts économiques ?

Il est préférable de se tromper

En attendant, la politique de l’autruche n’est pas tout simplement pas envisageable. Car les conséquences seront irréversibles. L’augmentation de l’émission de gaz à effet de serre liée au comportement humain, de CO2 en particulier, n’est pas une vue de l’esprit, contrairement à ce que voudrait faire croire Mr Allègre. Et cette augmentation de CO2 participe au réchauffement climatique. La fonte des glaciers est aussi une très dure réalité.

Et si le réchauffement climatique n’a finalement pas lieu, tant mieux ! Cela évitera à nos descendants de disparaitre comme d’autres espèces ont déjà disparu. Mais au moins nous aurons fait ce que nous devions faire : anticiper le désastre potentiel, et tout faire pour l’éviter en modifiant autant que possible nos comportements. Non pas pour revenir à l’âge de pierre. Mais en vivant sainement. En respectant la Nature. En comprenant que le bonheur n’est pas forcément lié à la consommation sans limites et au gaspillage.

Hervé de Malières

Info+

La température moyenne combinée de l'air à la surface des terres et de la mer en surface, en 2009 (janvier-octobre), présente, selon l'OMM, une anomalie positive estimée à 0,44 ± 0,11°C (0,79 ± 0,20°F) par rapport à la normale calculée pour la période 1961-1990 (14°C/57,2°F).

Cette évolution de la température moyenne à la surface du globe a été calculée d'après trois jeux mondiaux de données: celui du Centre national de données climatologiques (NCDC) de la NOAA, celui du Goddard Institute for Space Studies (GISS) de la NASA et le jeu de données combiné (HadCRUT3) du Centre Hadley du Met Office et de la Section de recherche sur le climat de l'Université d'East Anglia (Royaume-Uni).

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