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Réchauffement climatique : vers la fin du Monde ?

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Par Bioaddict

Qu'est-ce que le réchauffement climatique ? Pourquoi le climat se modifie-t-il ? Quels sont les effets du changement climatique ? Que font les gouvernements ? Explications.

Le réchauffement climatique, qu’est-ce que c’est ?

Le changement climatique est là. Nous en ressentons tous de plus en plus les effets. Les tempêtes et les inondations sont plus fréquentes, les hivers plus chauds, il y a moins de neige et plus de pluie. Tout arrive plus tôt: le printemps, l’ éclosion des fleurs, le retour des oiseaux migrateurs.

Tous ces signes traduisent l’accélération du changement climatique, que l’ on appelle aussi réchauffement global ou planétaire.

Pourquoi le climat se modifie-t-il ?

C’ est le mode de vie actuel, notamment dans les pays riches et développés qui explique le changement climatique. Les centrales qui transforment l’ énergie en électricité et en chauffage, les déplacements en voiture et en avion, la fabrication des biens de consommation, l’ agriculture, toutes ces activités ont leur part de responsabilité dans le changement climatique.

L’effet de serre

L’ atmosphère entoure la Terre d’une couche protectrice transparente qui laisse passer la lumière du soleil et retient la chaleur. Sans elle, la chaleur du soleil « rebondirait » immédiatement à la surface de la Terre et retournerait dans l’ espace. La température serait plus basse de 30 °C et tout serait gelé. L’ atmosphère agit un peu comme les parois en verre d’une serre, c’ est pourquoi on parle d' »effet de serre ». Les « gaz à effet de serre » présents dans l’ atmosphère sont responsables de l’ effet de serre.

La plupart des gaz à effet de serre sont naturels, mais depuis la révolution industrielle, au XVIIIe siècle, l’activité humaine est passée par là, et leur concentration n’ a jamais été aussi élevée depuis 420 000 années. L’ aggravation de l’ effet de serre a pour effet d’ augmenter les températures terrestres: c’ est le changement climatique.

Les gaz à effet de serre produits par l’homme

Le dioxyde de carbone est le principal gaz à effet de serre généré par l’homme. Il représente près de 75 % de la totalité des « émissions de gaz à effet de serre » sur Terre. Cette expression englobe l’ ensemble des gaz à effet de serre rejetés dans l’atmosphère avec les fumées et les vapeurs émises par les tuyaux d’échappement, les cheminées, les incendies et d’autres sources. Le dioxyde de carbone provient essentiellement de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel. Les combustibles fossiles constituent aujourd’hui encore la source d’ énergie la plus utilisée. Ils servent à produire de l’ électricité et de la chaleur et à alimenter les voitures, les navires et les avions.

Nous connaissons à peu près tous le dioxyde de carbone (CO2): ce sont les bulles contenues dans les boissons gazeuses et la bière. Le CO2 joue également un rôle important dans la respiration: l’ être humain inhale de l’oxygène et rejette du dioxyde de carbone, tandis que les arbres et les plantes absorbent du CO2 et produisent de l’ oxygène. On comprend pourquoi les forêts sont si importantes: elles absorbent une partie du CO2 excédentaire que nous produisons. Hélas, la déforestation (abattage, défrichage et brûlage des forêts) est pratiquée sur tous les continents. Les autres gaz à effet de serre liés aux activités humaines sont le méthane et l’hémioxyde d’ azote.

Présents dans les fumées rejetées par les décharges, ces gaz sont également produits par l’ élevage bovin, la culture du riz et certaines méthodes de fertilisation utilisées en agriculture. Les gaz fluorés sont également dus à l’homme. Utilisés dans les systèmes de réfrigération et de climatisation, ils sont libérés dans l’ air à la suite de fuites ou lorsque les appareils usagés ne sont pas correctement mis en décharge.

Le changement climatique est bien réel

Le changement climatique est là. Au cours du siècle dernier, la température moyenne du globe a augmenté de 0,6 °C et de près de 1 °C en Europe. Au niveau du globe, les cinq années les plus chaudes jamais enregistrées depuis 1860 (c’ est-à-dire depuis qu’il existe des instruments de mesure de la température suffisamment précis) ont été les suivantes:

1) 1998
2) 2002
3) 2003
4) 2004
5) 2001

Ce réchauffement est dû à la quantité croissante de gaz à effet de serre générés par les activités humaines. Les spécialistes du climat prévoient que cette tendance va s’ accélérer, la température moyenne du globe étant destinée à augmenter entre 1,4 et 5,8 °C d’ici à 2100, et entre 2 et 6,3 °C en Europe.

Ces hausses de température peuvent paraître minimes, mais il ne faut pas oublier que, pendant la dernière période de glaciation, qui s’ est achevée il y a 11 500 ans, la température moyenne n’ était que de 5 °C inférieure à celle d’aujourd’hui et, pourtant, une grande partie de l’Europe était recouverte de glace. Quelques degrés font une grande différence à l’échelon du climat.

Le changement climatique actuel se fait déjà ressentir en Europe et dans le monde. À long terme, il pourrait même être à l’ origine de catastrophes telles que la montée du niveau des mers, des inondations, de violentes tempêtes, des famines et des pénuries d’ eau dans certaines parties du monde. Tous les pays seront concernés par le changement climatique, mais ce seront les pays en développement qui seront les plus vulnérables, car ils dépendent souvent d’ activités sensibles aux conditions météorologiques, comme l’ agriculture, et ils ne disposent pas de l’argent nécessaire pour s’adapter aux effets du changement climatique.

A lire aussi : Changements climatiques : comment la France se prépare à l’inéluctable

Réchauffement climatique : vers un fond vert à Cancún fin 2010

Les effets catastrophiques du changement climatique

Les calottes glaciaires sont en train de fondre. Au pôle Nord, la zone de mer recouverte par la glace arctique a diminué de 10 % au cours des dernières décennies, et l’épaisseur de la glace d’environ 40 %. À l’autre bout du globe, la calotte glaciaire recouvrant l’Antarctique est devenue instable.

Les glaciers disparaissent. Dans les Alpes suisses, 75 % des glaciers auront disparu en 2050. Les dirigeants de la station de ski d’Andermatt envisagent ainsi de recouvrir pendant l’été le glacier de Gurschen, une zone skiable très fréquentée, d’une gigantesque enveloppe isolante afin de l’empêcher de fondre et de glisser.

Le niveau des mers monte au fur et à mesure de la fonte des calottes glaciaires. Il a ainsi augmenté de 10 à 25 cm (selon les mesures) au cours du dernier siècle et devrait atteindre 88 cm en 2100. Des îles de basse altitude et des territoires côtiers comme les Maldives, le delta du Nil en Égypte et le Bangladesh seraient alors submergés et, en Europe, 70 millions de personnes habitant le long du littoral seraient menacées. L’eau de mer pénétrerait à l’intérieur des terres et contaminerait les sols agricoles et les réserves d’eau douce.

• Si les glaciers du Groenland disparaissaient, ce qui pourrait arriver au cours des prochains siècles, le niveau des mers pourrait augmenter de 7 m!

• Le changement climatique est à l’origine de phénomènes climatiques extrêmes, comme les tempêtes, les inondations, les sécheresses et les vagues de chaleur. Il y a eu, au cours des dix dernières années, trois fois plus de catastrophes naturelles d’origine climatique, principalement des inondations et des tornades, que dans les années 60. Ces catastrophes ne sont pas seulement dévastatrices, mais augmentent également le prix des assurances.

• L’eau est rare dans de nombreuses régions du monde. Près d’un cinquième de la population mondiale, soit 1,2 milliard de personnes, n’a pas accès à de l’eau potable. Si les températures augmentent de 2,5 °C au-dessus du niveau préindustriel, 2,4 milliards à 3,1 milliards de personnes dans le monde souffriront de pénurie d’eau.

Une augmentation de la température de 2,5 °C entraînerait un risque de famine pour 50 millions de personnes, qui s’ajouteraient ainsi aux 850 millions qui souffrent déjà de famine chronique. En Europe, la période de végétation s’est allongée de dix jours entre 1962 et 1995. Si cette évolution a été bénéfique pour les agriculteurs d’Europe du Nord, les rendements, même dans ces régions, vont commencer à reculer dès que les températures auront dépassé les niveaux préindustriels de 2 °C.

Les maladies tropicales telles que la malaria pourraient s’étendre du fait de l’extension des zones favorables à la prolifération du moustique porteur de la maladie. Une augmentation de la température de 2 °C pourrait mettre en danger 210 millions de personnes supplémentaires.

À partir de 2070, l’Europe pourrait vivre tous les deux ans une vague de chaleur semblable à celle de 2003. L’été caniculaire de 2003 s’est soldé par la mort prématurée de 20 000 citoyens européens, de gigantesques incendies de forêt dans le sud de l’Europe et des pertes agricoles de plus de 10 milliards d’euros.

Lire : Réchauffement climatique : pluie de records de chaleur en 2009

De nombreuses espèces d’animaux et de plantes ne pourront pas supporter le changement de température ou migrer dans des régions bénéficiant d’un climat adapté. Une étude alarmante montre que le changement climatique pourrait entraîner l’extinction d’un tiers des espèces d’ici à 2050. Les mammifères et les oiseaux des régions froides, comme l’ours polaire, le phoque, le morse et le pingouin, sont particulièrement vulnérables. Les scientifiques ont remarqué que, dans la forêt amazonienne, des arbres à pousse rapide, qui absorbent davantage de CO2, se développent au détriment des autres espèces.

Le changement climatique pourrait provoquer à long terme des conflits régionaux, des famines et des déplacements de réfugiés au fur et à mesure de la raréfaction des ressources alimentaires, de l’eau et de l’énergie.

Lire : Réfugiés climatiques : les mouvements de population s’accélèrent

Lire : 20 millions de réfugiés climatiques en 2008, un milliard en 2050 ?

La disparition du Gulf Stream, qui transporte les eaux chaudes dans l’Atlantique, figure parmi les scénarios les plus pessimistes. C’est sur cette idée que repose la trame du film Le jour d’après (The Day after tomorrow). Il est peu probable que ce phénomène se produise au cours de ce siècle, mais les scientifiques estiment néanmoins qu’il annulerait la tendance au réchauffement dans le nord de l’Europe et y entraînerait un refroidissement net du climat.

Les actions des gouvernements pour enrayer le changement climatique

Alors, que faut-il faire pour enrayer le changement climatique ? La réponse est simple: il suffit de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l’ atmosphère. Certains ont une longue durée de vie, ce qui veut dire qu’ils peuvent rester dans l’ air pendant des dizaines d’ années, voire plus.

Les températures continueront d’ augmenter pendant un certain temps, même si nous prenons des mesures fermes dès maintenant, mais si nous ne faisons rien, elles augmenteront encore plus, et le changement climatique risque de devenir incontrôlable.

Lire : Severn Cullis Suzuki : quand une jeune fille de 12 ans fait la leçon aux gouvernements

Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, il faut investir et changer nos modes de production et de consommation d’ énergie. Des études récentes montrent que le coût de l’inaction serait beaucoup plus élevé en raison des dommages et des souffrances engendrés par le changement climatique.

Qu’ont fait et que font les gouvernements ?

La réalité du changement climatique a commencé à se faire jour dans les années 80. Les gouvernements ont compris l’importance de la menace représentée par le changement climatique et la nécessité d’une intervention. Ils ont également compris qu’ils devaient collaborer pour obtenir des résultats. Le changement climatique est un problème mondial. Tous les pays participent à des degrés divers aux émissions de gaz à effet de serre et sont donc tous concernés. Aucun ne peut résoudre le problème à lui seul.

La convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques : En 1992, les gouvernements ont adopté la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Cet accord international a été officiellement accepté par 189 pays, c’ est-à-dire la quasi-totalité de la planète. Dans le cadre de cette convention, les 189 gouvernements surveillent et signalent les gaz à effet de serre qu’ils produisent, ils préparent des stratégies de changement et aident les pays pauvres à aborder le changement climatique.

Le protocole de Kyoto : En 1997, au Japon, les gouvernements ont franchi une deuxième étape en adoptant un accord important, le protocole de Kyoto. Par ce traité, les pays industrialisés s’ engagent à réduire ou à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre et à atteindre certains objectifs d’ émission d’ici à 2012. Chaque pays est doté d’un objectif. Le protocole de Kyoto est axé sur les pays industrialisés, parce que ce sont eux qui sont responsables de la plupart des émissions de gaz à effet de serre passées et présentes et qu’ils détiennent le savoir-faire et l’ argent pour les réduire. Le protocole de Kyoto est entré en vigueur le 16 février 2005.

Le sommet de Copenhague : Du 7 au 18 décembre 2009 s’est tenu le Sommet de l’ONU sur le climat à Copenhague. Cette réunion de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC), qui réunissait alors 193 Etats, devait donner suite au Protocole de Kyoto. Il s’est malheureusement conclu par un échec, les Etats n’ayant pas réussi à s’entendre réellement. L’Accord de Copenhague s’est ainsi résumé par une entente opérationnelle qui tient en deux pages et demi et fixe comme objectifs de limiter le réchauffement planétaire à deux degrés par rapport aux niveaux pré-industriels et d’offrir la perspective de 100 milliards de dollars d’aide annuelle aux pays pauvres à partir de 2020.

Lire : Pourquoi le sommet de Copenhague doit changer le sort du Monde

Lire : Copenhague : échec et consternation

La prochaine grande conférence de l’ONU sur le climat se tiendra à Cancún au Mexique en fin d’année 2010, du 29 novembre au 10 décembre.

Lire : Réchauffement climatique : vers un fond vert à Cancún fin 2010

La mobilisation des peuples pour le climat

Pendant toutes ces années, malgré les alertes, les gouvernements ont finalement pris peu de mesures concrètes pour enrayer le changement climatique. Ce sont finalement les peuples eux-même qui ont pris les choses en main, unis dans la lutte pour la justice climatique.

« La seule touche d’optimisme après l’échec de Copenhague, c’est la mobilisation de millions de personnes, au nord comme au sud, tous conscients de l’urgence et réclamant plus d’équité face aux dangers ! », précisait ainsi l’association Greenpeace en décembre 2009.

Car si les Chefs d’Etats baissent aujourd’hui la tête face à leur échec à s’entendre et à s’unir pour la sauvegarde la planète, c’est cependant la tête haute que tous les peuples peuvent se féliciter de leur combat pour la Terre et de l’immense mouvement de fraternité qu’il engendre.

C’est cette mobilisation mondiale des populations, l’image de peuples tous unis pour une même cause, l’écologie, malgré les divergences de leurs responsables politiques, qui me fait garder espoir en l’avenir… et c’est maintenant qu’il faut agir, avant qu’il ne soit définitivement trop tard !

Il est temps que l’Humanité construise les bases d’une nouvelle époque de mieux-être, de mieux vivre. Pour cela, l’Homme doit changer de comportement. Comment ? Tout simplement en renouant avec la Nature et en (re)devenant humaniste… Il est temps de prendre le temps de contempler la Nature et de l’aimer pour retrouver l’énergie d’en prendre soin.

C’est cet amour profond de le « symphonie de la Terre » qui, au-delà des constats alarmants sur les désastres écologiques actuels et à venir, doit nous pousser en tant que citoyen à oeuvrer, tous, aujourd’hui, à la mise en place de solutions.

C’est la somme de tous nos efforts qui permettra de sauver la Terre. Les efforts complémentaires des individus, des collectivités, des associations… Oui, chacun de nous a le pouvoir d’enrayer le changement climatique, de changer le monde…en mieux !

Lire : Un nouvel humanisme : être éco-citoyen et prendre part à la « Symphonie de la Terre »

Christina Vieira

Lire : Mes bonnes résolutions écolos pour 2010

Info+

Le climat est resté relativement stable au cours des 8 000 dernières années, avec de légères variations de moins de 1 °C par siècle. Cette stabilité a permis le développement de la société et des écosystèmes que nous connaissons, mais aujourd'hui c'est la surchauffe. Les seules causes naturelles ne peuvent pas être à l' origine d'un réchauffement aussi rapide et sans précédent depuis au moins 1 000 ans, voire, selon certaines études, 2 000 ans.

Les Nations unies ont créé en 1988 le groupe d' experts intergouvernemental sur l' évolution du climat (GIEC), qui rassemble plusieurs milliers de scientifiques du monde entier. Ce groupe a pour mission d' examiner les travaux de recherche et d' évaluer les connaissances actuelles sur le changement climatique et ses effets, et de préparer des rapports.

"La planète Terre est à ce jour la seule oasis de vie que nous connaissons au sen d'un immense désert sidéral. En prendre soin, respecter son intégrité physique et biologique, tirer parti de ses ressources avec modération, y instaurer la paix et la solidarité entre les humains, dans le respect de toute forme de vie, est le projet le plus réaliste, le plus magnifique qui soit."

"Je suis aujourd'hui convaincu que la survie de l'espèce humaine ne pourra se passer de l'intégration de deux notions fondamentales : le respect de la terre, comme planète à laquelle nous devons vie et dont nous ne pouvon nous dissocier (et à son prolongement direct qu'est la terre nourricière), et l'avénement d'un humanisme planétaire, seule perspective capable de donner un sens à l'histoire de l'humanité en tant que phénomène."

Pierre Rabhi, agriculteur pionnier de l'agriculture biologique, écrivain, penseur français et fervent humaniste - livre "Manifeste pour la Terre et l'Humanisme"

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