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Sarkozy sacrifie l’écologie

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Par Bioaddict

L'environnement" ça commence à bien faire ! " a déclaré Nicolas Sarkozy lors d'une table ronde avec les agriculteurs organisée samedi matin au salon de l'agriculture.

Sarkozy sacrifie l’écologie

Nicolas Sarkozy a fini par dire tout haut ce que les gros entrepreneurs agricoles pensent tout bas depuis longtemps. Et cette façon de le dire trahit sa pensée. C’est en effet généralement après avoir  » toléré  » un comportement que l’on désapprouve, que, devant la persistance de ce comportement, on finit par être agassé et par dire :  » bon ça suffit maintenant ! ».
Nicolas Sarkozy aurait-il considéré les écologistes comme des enfants à qui il pourrait siffler, quand bon lui semblerait, la fin de la récréation ?

Découvrez le discours du Président lors de la table ronde du salon de l’agriculture

Notre Président, s’était pourtant présenté comme le premier écologiste de France en lançant le Grenelle de l’environnement. Et il s’est battu lors du Sommet de Copenhague affirmant que la signature d’un accord international sur les mesures à prendre pour lutter contre le réchauffement climatique,  » aux conséquences effrayantes « , était obligatoire. Beaucoup ont cru à la sincérité de son engagement écologique.

Comment expliquer ce retournement de veste verte ?

Quand le masque vert tombe…

Calcul électoral
Il est certain que les élections régionales considérées comme perdues par la Droite l’expliquent en partie. Il est en effet actuellement politiquement plus rentable d’aller dans le sens du poil des agriculteurs que dans celui des Verts qui, nous disent les sondages, continuent à voter plutôt à gauche. Comme si l’écologie avait une couleur politique…

Calcul économique
Il est clair aussi que notre Président ne peut pas se désintéresser des conséquences économiques d’une réglementation contraignante pour les agriculteurs qui doivent faire face à la concurrence non soumise aux mêmes contraintes de production.

Le doute
Il y a enfin une autre explication, très grave, qui est tout simplement le doute.

Le doute sur la réalité du réchauffement climatique et de ses conséquences.
L’erreur du GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) qui s’est trompé de près de trois siècles sur le temps qu’il restait aux glaciers de l’Himalaya pour fondre complètement, et la campagne médiatique de Claude Allègre, qui conteste le réchauffement climatique, ont réussi à le diffuser.

Le doute sur les risques des OGM. La Commission Européenne vient d’autoriser la culture d’une pomme de terre OGM destinée à l’alimentation animale, et l’importation du maïs OGM MON 863, suite à un avis favorable de l’EFSA (l’Autorité Européenne de Sécurité des aliments) et ce alors que l’ensemble des pays européens contestent l’expertise de l’EFSA comme l’a précisé notre Ministre de l’Ecologie Chantal Jouanno.

Le doute sur la toxicité réelle des produits chimiques de synthèse qui continuent à être largement utilisés dans l’agriculture intensive…

Le doute sur la qualité des produits bio….

Aujourd’hui la parole des experts et des Institutions est remise en cause. Beaucoup ne les croient plus. Et c’est vrai que l’actualité fait apparaître régulièrement des conflits d’intérêt, des manipulations de données scientifiques, des références à des études scientifiques non valables, ou inventées… Il y a même des experts qui font de la politique. Et des politiciens qui s’érigent en experts…

Le doute, les débats contradictoires, sont une nécessité pour progresser. Il faut sans cesse remettre en question les certitudes. Dans ce sens il n’est pas mauvais que Claude Allègre s’élève contre ce qu’il appelle la pensée climatique unique. Mais encore faudrait-il qu’il ne prête pas vertement le flanc à la critique.

Cette perte de confiance dans la parole scientifique et politique est très dangereuse pour la démocratie, car finalement on ne croit plus personne, ni plus rien, les repères sont perdus, et chacun peut allègrement aller dans le sens qui lui convient.

Nicolas Sarkozy a profité de la brèche pour jeter le doute sur l’importance de l’écologie. Mais ce n’est surtout pas en opposant les écologistes aux agriculteurs que nous allons régler les problèmes de la planète. C’est en trouvant un équilibre entre les intérêts bien compris des uns et les mesures indispensables pour assurer la protection de notre santé et de notre environnement.

Cela va, peut-être, lui être profitable aux prochaines régionales, mais la planète Terre ne lui dit pas merci.

Hervé de Malières

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