Accueil / Articles / Environnement / Vivez une semaine bio sans pesticides du 20 au 30 mars !
pesticides

Vivez une semaine bio sans pesticides du 20 au 30 mars !

Avatar photo

Mis à jour le

Publié le

Par Bioaddict

Pour la 5ème année consécutive, l'ACAP (Association citoyenne pour une alternative aux pesticides) organise une Semaine pour les alternatives aux pesticides, du 20 au 30 mars prochain. 10 jours pendant lesquels des actions sont menées à travers le monde pour démontrer que " l'on peut et que l'on doit se passer de l'usage des pesticides ".

Une semaine pour les alternatives aux pesticides

Insecticides pour éliminer des insectes, fongicides pour éradiquer les champignons, herbicides pour détruire les  » mauvaises herbes « … La France est la 1ère consommatrice de pesticides en Europe avec 76 000 tonnes par an, dont 90 % concernent l’agriculture. Elle utilise 1/3 de la consommation Européenne de produits phytosanitaires à elle toute seule.

Lors de la pulvérisation, 25 à 75 % des quantités de pesticides appliquées partent dans l’atmosphère selon l’ACAP, Association citoyenne pour une alternative aux pesticides.

 » Ces 76 000 tonnes contiennent de nombreuses molécules dangereuses pour la santé qui peuvent provoquer des cancers, des problèmes de reproduction, neurologiques, des perturbations du système hormonal, et bien d’autres conséquences désastreuses. L’épandage des ces substances a en outre des conséquences néfastes pour l’environnement. Ainsi les pesticides polluent nos rivières, stérilisent nos sols et contaminent nos assiettes (50 % des aliments analysés contiennent des résidus parfois toxiques de pesticides) « , indique l’ACAP.

Lire « Agriculture : une réduction de 30 % des pesticides serait possible« 

La genèse de l’ACAP

L’ACAP est un collectif de 170 organisations lancé en 2004 à l’initiative du MDRGF (Mouvement pour les droits et le respect des générations futures), association créée il y a 14 ans par François Veillerette, auteur de  » Pesticides révélations sur un scandale français  » et Georges Toutain, ingénieur agronome. Le MDRGF informe sur les questions liées aux pollutions chimiques, en particulier les pesticides et dénonce les conséquences négatives de l’agriculture industrielle et fait la promotion de véritables solutions alternatives telles que l’agriculture biologique ou la production intégrée.

L’Association citoyenne pour une alternative aux pesticides a pour objet d’informer le grand public des dangers sanitaires liés à l’utilisation des pesticides et de promouvoir des alternatives agronomiques permettant d’obtenir des aliments sains sans utiliser de produits chimiques toxiques.

Lire « Pesticides : 4 % des aliments en Europe en contiennent de trop« 

Son but est d’inciter les pouvoirs publics à réduire l’utilisation intensive des pesticides en France et à proposer une politique en faveur des alternatives aux pesticides.

Lire « Pesticides : un réglement européen enfin adopté« 

10 jours pour promovoir les alternatives aux pesticides

C’est en 2006 que l’ACAP a créé la semaine pour les alternatives qui se tient du 20 au 30 mars, durant laquelle des projections de films, des ateliers de sensibilisation, des visites de jardins et fermes bio, des repas bio sont organisés par des associations, des jardineries et magasins, collectivités territoriale et institutions scolaires. Des toxicologues, biophysiciens, chimistes, ingénieur agronome répondront aux questions.

De Narbonne, à l’Allemagne à la Nouvelle Calédonie en passant par le Togo, la Tunisie et la Macédoine, plus de 350 événements sont recensés sur le nouveau site internet www.semaine-sans-pesticides.com.

Avec cette 5ème édition, une nouvelle rubrique voit le jour : Norbert le ver de terre, qui dévoile aux enfants les secrets de la vie des plantes, les impacts des pesticides et les solutions respectueuses et viables qui existent.

2010 étant l’année Internationale de la Biodiversité, la Semaine pour les Alternatives aux pesticides met l’accent sur le vivant. Ainsi, cette année, la LPO (Ligue pour les Oiseaux) et l’UNAF (L’Union pour l’apiculture Française) se joignent à la Semaine pour promouvoir les alternatives aux pesticides.

L’agriculture bio comme alternative aux pesticides de synthèse

L’INRA (Institut national de la recherche agronomique) et le Cemagref ( Institut de recherche pour l’ingéniérie de l’agriculture et de l’environnement) recommandent l’agriculture biologique et la production intégrée en agriculture comme alternatives aux pesticides de synthèse dans leur expertise scientifique collective de décembre 2005.

Lire le rapport d’expertise « Pesticides, agriculture et environnement« 

Mode agricole issus de méthode agronomique biologique, la production intégrée utilise les pesticides chimiques que lorsque leur rentabilité est démontrée et qu’ils n’auront aucun effets nuisible sur la santé de la collectivité et l’environnement.

L’agriculture biologique est quant à elle un système de production agricole basé sur le respect du vivant et des cycles naturels. Les agriculteurs biologiques s’interdisent (et excluent réglementairement) l’usage d’engrais et de pesticides de synthèse, ainsi que les OGM.

L’agriculture bio mise sur la rotation des cultures, l’engrais vert, le compostage, la lutte biologique, l’utilisation de produits naturels comme le purin d’ortie, et le sarclage mécanique pour maintenir la productivité des sols et le contrôle des maladies et des parasites.

Et, bonne nouvelle pour ce mode d’agriculture, les Français sont de plus en plus nombreux à refuser les pesticides dans l’alimentation. Selon le baromètre 2009 de l’agence Bio, ¾ des Français considèrent que la Bio est une solution d’avenir face aux problèmes environnementaux. Et 84 % des Français estiment que l’agriculture biologique doit se développer en France.

Lire « Agriculture biologique en Europe : les superficies cultivées en forte hausse« 

Comment faire pour jardiner sans pesticides ?

A l’occasion de la Semaine pour les alternatives aux pesticides, l’ACPA (Association citoyenne pour une alternative aux pesticides) et le MDRGF (Mouvement pour les droits et le respect des générations futures) donnent des conseils.

Selon une étude Allemande, les insecticides peuvent représenter plus de 80% des poussières collectées dans la maison.

Pour un sol sain

Un bon sol contient de nombreux êtres vivants comme les vers de terre qui aèrent le sol et les micro-organismes et larves qui recyclent les éléments nutritifs dans la terre. Il a besoin de matière organique. Le compost est la meilleure solution possible.

Chaque type de légume ayant en matière de sol ses propres exigences, une rotation des cultures tous les ans évite au sol d’être carencé en certains éléments nutritifs.

Cela limite aussi l’envahissement des ravageurs, les risques de maladies et améliore les rendements.

Le pouvoir naturel des plantes pour éloigner certains insectes

En les associant entre elles vous pourrez lutter efficacement contre une invasion d’insectes nuisibles.

-L’ail éloigne de nombreux insectes (à mettre partout en culture intercalaire).
-L’aneth évite la piéride du chou
-Le basilic chasse les mouches, les moustiques et doryphores
-La lavande évite les pucerons verts et les acariens
-La menthe fera la guerre aux pucerons noirs , acariens, mouche du chou, piéride du chou, fourmis et moustiques.

Lire  » Quels traitements naturels pour un potager bio ? « 

Parmi les infusions de plantes :
-Le purin de feuilles mortes et d’écorces de chêne dilué à 1/10 éloigne ou tue tous les insectes.
-En infusion non diluée, les feuilles de rhubarbe seront utilisées contre les vers, les chenilles et les larves qui attaquent les racines des plantes : hanneton, mouche de la carotte, noctuelle, taupin…
-Sans dilution, pulvérisez une infusion d’absinthe sur les acariens, les altises, les mouches (cécidomyie, mouche du chou, du cerisier, de la carotte), les chenilles.

Un désherbage écologique

Plusieurs solutions s’offrent à vous :

– Les plantes couvre-sol
– Le paillage
– Le faux semis : faire lever les plantes indésirables et les arracher avant le vrai semis
– Le binage: biner par temps sec et chaud pour favoriser le dessèchement des herbes
– Le désherbage thermique : sur les allées, arroser avec de l’eau chaude additionnée de gros sel
– Le purin d’angélique : faire macérer 1 kg d’angélique dans 10 litres d’eau
– L’eau de cuisson des pommes de terre possède des vertus herbicides encore plus efficaces lorsque l’eau est bouillante.

Et voilà, vous avez toutes les cartes en main pour cultiver un jardin bio sans pesticides !

Emilie Villeneuve

Info+

2010 sera européenne puisque des événements forts sont attendus à Bruxelles. En partenariat avec PAN Europe et ECOSOC (ECOnomic and SOcial Council) la semaine pour les Alternatives aux Pesticides lance, pendant le comité social et économique Européen un concours du meilleur agriculteur responsable en compagnie de Corinne Lepage.

L'idée est de récompenser les bonnes pratiques agricoles pour distinguer et promouvoir les modèles d'agricultures durables et respectueuses du vivant. Une exposition sur les systèmes de production intégrée et un débat seront également organisés lors du comité économique et social européen, un moyen fort de sensibiliser les décideurs aux bonnes pratiques agricoles et à la réduction de l'utilisation de pesticides.

D'après le rapport d'expertise "Pesticides, agriculture et environnement" de l'INRA et du Cemagref, plusieurs raisons concourent à la nécessité et aux difficultés de réduire l'utilisation des pesticides :

-la prise de conscience par la société des impacts négatifs des produits phytosanitaires sur l'environnement, voire sur la santé humaine ;
-le renforcement des réglementations européennes et nationales pour encadrer l'homologation et l'utilisation des pesticides et pour limiter les contaminations de l'environnement par ces produits ;
-la réduction du nombre de matières actives autorisées et efficaces ;
-la faible efficacité des actions menées depuis 20 ans pour limiter leur emploi.

Partagez cet article