La liste des 400 rouges à lèvres... potentiellement toxiques pour la santé

Publié Le 29 Février 2012 à 16h40
 
Le rouge à lèvres que vous appliquez quotidiennement contient peut-être du plomb, un neurotoxique cancérigène. C'est ce que montre une nouvelle étude de l'agence de sécurité sanitaire américaine portant sur 400 bâtonnets de rouge à lèvres de marques différentes. Parmi ceux-ci, de grandes marques se trouvent aux premiers rangs des produits contenant des niveaux élevés.

Le plomb est un métal lourd que l'on retrouve certes dans la nature, mais que nous ne sommes pas sensés ingérer. En effet, il s'agit d'un neurotoxique qui peut entraîner des problèmes de santé, notamment des troubles mentaux, de fausses couches, d'une baisse de la fertilité des hommes et des femmes, de changements hormonaux, de menstruations irrégulières, ainsi que d'une puberté décalée. Le plomb traverse notamment facilement la barrière placentaire, ce qui le rend également dangereux pour les femmes enceintes. Des études ont montré que certains types de plomb peuvent même être une cause de cancer. D'après l'OMS, " même à des niveaux relativement faibles, l'exposition peut avoir des effets graves".

Le plomb se loge dans le corps avec le temps (il tend à se fixer sur les os) et les rouges à lèvres contenant du plomb, appliqués plusieurs fois par jour, chaque jour, combinés au plomb présent dans l'eau et ailleurs, peuvent entraîner de forte expositions. Certaines associations prônent ainsi la vigilance, ne serait-ce qu'en raison d'interactions nocives avec d'autres substances (dits aussi "effets cocktails").

L'Oréal et Maybelline en première ligne

C'est ce que confirme une étude menée par la Food and Drug Administration (FDA) américaine concernant les rouge à lèvres : tous les rouges à lèvres présents sur le marché américains en 2010 contiennent du plomb.

Le taux moyen détecté parmi les 400 bâtonnets testés est de 1,11 parties par million, ce qui est très proche de la moyenne de 1,07 ppm obtenue lors d' une précédente étude, réalisée entre octobre et décembre 2007. Selon les marques testées, des variations allant de 0,026 ppm à 7,19 ppm ont été observées. En consultant le détail de l'étude, on remarque que les grandes marques telles que Maybelline, et L'Oréal sont parmi les premières concernées avec des taux respectifs de 7,19 ppm et 7 ppm de plomb.

Vous pouvez consultez le tableau des résultats, marque par marque, sur le site de la FDA. Et lire le rapport de la FDA.

Si la FDA déclare que les concentrations relevées dans les 400 rouge-à-lèvres testés restent relativement basses et ne présentent pas de danger pour la santé, elle précise malgré tout sur son site Internet qu'elle "étudie la nécessité de modifier le seuil limite de plomb dans les rouge à lèvres, afin de mieux protéger la santé et le bien-être des consommateurs ".

Suite à la publication de cette liste, le groupe de défense des consommateurs américains The Campaign for Safe Cosmetics (CSC) a demandé à la FDA de définir et de fixer ce nouveau seuil au plus vite.

Dans un communiqué envoyé à Reuters, L'Oréal aurait expliqué : "L'étude indépendante de la FDA [...] confirme que les rouges à lèvres ne représentent aucune menace pour la santé des millions de femmes qui les utilisent quotidiennement."

Pourtant, la dernière étude de l'EFSA, réalisée en 2010 sur le plomb dans les aliments a conclu qu'il est impossible d'établir, pour le plomb, un seuil en-dessous duquel aucun effet néfaste sur la santé ne peut être observé.

"Si l'on admet qu'il n'existe pas de niveau sûr d'exposition au plomb, il faut protéger les femmes et les enfants " a ainsi déclaré Stacy Malkan, cofondatrice de CSC. Selon le site Internet de la FDA, une étude approfondie sera publiée dans le numéro de mai/juin 2012 du Journal of Cosmetic Science.

La Fédération française des industries de la parfumerie (FIP) déclare quant-à-elle " qu' en Europe, la Directive cosmétique interdit formellement l'utilisation du plomb comme ingrédient cosmétique. Elle précise que, si subsistent des traces quand elles sont techniquement inévitables, elles doivent être sans risque pour le consommateur ".

Olivia Montero