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Pourquoi faut-il réduire notre consommation de viande?


Sommaire
1 - Pourquoi faut-il réduire notre consommation de viande rouge ?
2 - Manger moins de viande pour sauver la planète
Publié Le 31 Mars 2011 à 14h53
 
Selon la FAO, la consommation de viande rouge devrait doubler dans les 20 prochaines années. Connaissez-vous l'impact de la consommation de viande sur l'Homme, les animaux et l'environnement ? Voici trois bonnes raisons de troquer son steak saignant par d'autres sources de protéines.
Pourquoi faut-il réduire notre consommation de viande ?

La crise environnementale que nous traversons aujourd'hui est sans précédent. Et savez-vous qu'un des éléments majeurs de notre responsabilité est la surconsommation de viande ?

Pourquoi faut-il réduire notre consommation de viande rouge ? Voici une analyse des impacts de ce choix sur l'environnement et sur notre santé.

1. Parce que l'élevage bovin intensif détruit la planète

Qui n'a pas assisté au désolant spectacle des feedlots texans où des milliers de vaches piquées aux antibiotiques pataugent dans leurs déjections ? Nul doute à ce spectacle sur les ravages que peuvent causer un tel système d'exploitation.

En dehors des émissions directes de gaz à effet de serre bien connues liées aux accumulations de fumier, manger de grandes quantités de viande (rouge ou blanche) revient à cautionner le système agricole productiviste. En effet, la plus grosse partie des récoltes agricoles est destinée à nourrir les bestiaux (près de la moitié). Selon l'organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), 10 kg d'orge ou de blé sont ainsi nécessaires pour produire un kilo de viande. Et cinq fois plus d'eau est nécessaire pour produire des protéines de boeuf que des protéines de soja.

Quand aux élevages bovins dans les pays en développement, toujours selon la FAO, ils seraient la principale cause de déforestation et de désertification des sols, avec la production d'huile de palme et consoeurs. L'élevage est de toutes les activités humaines celle qui utilise le plus de terres. Les pâturages occuperaient ainsi 26 % de la surface émergée de la terre tandis que la production fourragère (maïs et soja principalement) requiert environ un tiers des terres arables.

Selon une étude de Greenpeace menée à l'aide d'un spectro-radiomètre (satellite), l'élevage est responsable d'environ 80 % de la destruction de la forêt amazonienne ; rien qu'au Brésil, dix millions d'hectares auraient été déboisés pour l'élevage bovin entre 1996 et 2006. " Les subventions accordées par le gouvernement brésilien au secteur de l'élevage contredisent complètement ses promesses de lutte contre la déforestation, qui font partie du plan d'action brésilien de lutte contre les changements climatiques " explique Jérôme Frignet, chargé de campagne Forêts pour Greenpeace France. Le système de parcs d'engraissement intensif américain s'est aujourd'hui répandu à tout un groupe de pays dont font partie l'Australie, la Chine, l'Inde, l'Argentine et les Philippines. Et alors que la consommation de viande est en hausse dans le monde, cette liste risque de s'allonger fortement.

C'est pour ces multiples raisons que le prix Nobel de la Paix Rajendra Pachauri, qui dirige le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, rappelle régulièrement que le geste le plus efficace et le plus simple pour lutter contre les changements climatiques est de diminuer sa consommation de viande.

2. Parce que la viande rouge en forte quantité est néfaste pour la santé

La viande rouge est la viande la plus riche en matières grasses. Excès de protéines, excès de lipides, et particulièrement d'acides gras saturés, sources du fameux "mauvais cholestérol" : tout cela contribue aux risques d'ennuis cardio-vasculaires, d'obésité, de rhumatismes etc. D'autre part, plusieurs études dont celle récemment publiée de chercheurs de L'INRA de Toulouse, ont montré qu'un lien de causalité existe entre la consommation d'une grande quantité de viande rouge et l'augmentation du nombre de cancers du gros intestin. " L'équipe a montré pour la première fois, in vivo chez le rat, qu'une charcuterie modèle riche en hème (la molécule qui donne sa couleur rouge à la viande, et qui lui donne son aspect rosé lorsque cette dernière est cuite), salée, additionnée de nitrites, cuite et oxydée était promotrice de la carcinogenèse colorectale. " peut-on ainsi lire dans un communiqué de l'INRA.

Les " usines à viande " d'Amérique du Nord utilisent les antibiotiques comme compléments alimentaires. Vaches mais aussi cochons et poulets sont concernés. Or, ces administrations à outrance favorisent l'émergence de bactéries résistantes à ces médicaments. Les animaux deviennent ainsi porteurs de staphylocoques dorés qui peuvent dans certains cas être mortels pour l'homme qui consomme leur viande. Au Canada, certains scientifiques pensent ainsi que la multiplication des cas de Syndromede Meleney provoquée par la bactérie " mangeuse de chair " est directement liée à l'élevage industriel.

Il y a 6 ans, un rapport de l'OMS pointait le lien entre la consommation non humaine d'antibiotiques et la résistance des bactéries. Ce rapport n'hésitait pas à parler d'une " crise qui menace le monde entier et risque de nous priver de la possibilité de traiter de nombreuses maladies infectieuses ". Affaire à surveiller de près donc...

3. Parce que la viande dans notre assiette est difficile à identifier

Malgré la grande variété de races françaises, les races privilégiées dans le cheptel national sont les races de laitières, dont la qualité de la chair et le goût sont réputés inférieurs. Selon l'INRA, près de la moitié (42%) de la viande produite en France est issue de vaches "réformées", c'est à dire les laitières en fin de carrière, envoyées à l'abattoir.

Une fois de plus, les labels de l'agriculture biologique semblent donc préférables, ne serait-ce que pour s'assurer de conditions d'élevage satisfaisantes.

Alicia Munoz